« Il existe un vrai paradoxe dans les entreprises : globalement, elles ont trop d’espace mais la perception des collaborateurs est tout autre. La plupart ont le sentiment qu’il manque de la place, parce que l’affluence est concentrée sur certains jours de la semaine. » Ce constat, Stéphane Seigneurin, fondateur de Sharvy, l’entend régulièrement. En 2018, il lance Sharvy, une application de gestion des places de parking et des espaces de travail en entreprise. La réservation de bureaux (ou « desk-booking ») au service de la qualité de vie au travail ? « Oui. Moins de stress, c’est plus de bien-être », résume-t-il.
Fondée juste avant la pandémie, la start-up ne pouvait pas prévoir qu’elle lui apporterait un vaste marché : à l’ère post-Covid, on assiste à une généralisation du flex office, autrement dit le placement libre des collaborateurs. « Avec l’essor du télétravail, beaucoup d’entreprises se sont recentrées sur un site. Or, quand une entreprise ouvre un nouveau campus ou réorganise ses locaux, les salariés peuvent vite se sentir perdus et inquiets. Ils ne savent pas trop où ils vont pouvoir s’installer, se garer... », observe le dirigeant.
« Nos outils sont pensés pour simplifier, pas pour surveiller »
En plus de son système de réservation destiné aux collaborateurs, Sharvy fournit à leurs employeurs, principalement des grands groupes, des outils de reporting et d’analyse. « Ces rapports n’ont absolument pas pour objectif de générer des sanctions, notamment envers ceux qui réservent et finalement ne viennent pas », précise Stéphane Seigneurin.
L’entreprise montpelliéraine compte désormais plus de 250 clients et une quinzaine de salariés travaillent depuis Castelnau-le-Lez, avec deux à trois recrutements prévus cette année. Malgré la concurrence du secteurk, elle espère continuer faire progresser son chiffre d’affaires (1,1 million d’euros en 2025) d’environ 25 % par an, portée par « la monétisation des services ».
Ainsi, en Suisse et au Luxembourg, les employeurs peuvent facturer les places de parking à leurs collaborateurs pour les inciter à prendre les transports en commun. En France, bien qu’une telle mesure reste impensable aujourd’hui, d’autres perspectives s’ouvrent. La gestion des bornes de recharge électrique constitue notamment un vrai levier de croissance pour la start-up : « Avant, les places étaient attribuées, maintenant elles deviennent des espaces de chargement. On développe des fonctionnalités pour piloter les bornes autour de ces nouveaux usages », explique l’entrepreneur.
Marie-Dominique Lacour
Crédit photo : Sharvy
