Emploi cadre : quels sont les atouts et les faiblesses de Midi-Pyrénées ?

L’Apec vient de publier une étude intitulée « Attractivité, compétences et emploi cadre en Midi-Pyrénées ». L’occasion de pointer à nouveau une très forte concentration du marché. Pour quelques profils et territoires...

Jean-Sébastien Fiorenzo, vous êtes le responsable des relations entreprises de l’Apec pour la région sud-ouest. Quels sont les facteurs de dynamisme de la région Midi-Pyrénées au regard de votre dernière enquête ?
Ils tiennent déjà à son solde migratoire positif, qui en fait la troisième région la plus dynamique pour la croissance démographique. Selon les jeunes diplômés et les jeunes cadres interrogés par l’Apec, Midi-Pyrénées est d’ailleurs la troisième région française qui allie le mieux qualité de vie et dynamisme économique (à égalité avec l’Aquitaine). Midi-Pyrénées multiplie également les places d’honneur en recherche et développement, en étant notamment celle qui consacre le plus de dépenses en R&D en proportion de son PIB (4,4% contre 2,3% en moyenne nationale). Le développement de la recherche privée y est de fait très dynamique, en particulier dans le domaine aéronautique et spatial. Un secteur qui est, on le sait, le principal moteur de l’économie régionale, et un gros pourvoyeur d’emplois qualifiés.

Est-ce le seul ?
Non bien sûr, l’agroalimentaire, la santé, l’automobile ou encore la très forte dynamique du secteur tertiaire renforcent aussi le marché des cadres en Midi-Pyrénées - la région compte près de 130.000 salariés cadres, soit 4% des cadres français. Nous avons également la chance d’avoir trois pôles de compétitivité et de collaborer à cinq autres pôles. Tout cela explique en grande partie le fort niveau d’encadrement enregistré en Midi-Pyrénées (19%, le deuxième de France).

Votre enquête confirme, dans le même temps, une très forte concentration de l’emploi cadre sur le plan des fonctions, mais aussi géographique...
Oui, Toulouse concentre en effet toujours 70% des cadres de la région, contre 5% pour Tarbes ou encore 4% pour Albi et Montauban, mais aussi 80% des offres d’emploi cadre. L’aire urbaine se situe ainsi au troisième rang en matière de nombre de cadres des fonctions métropolitaines, c’est-à-dire de cadres et chefs d’entreprises qui occupent des fonctions à forte valeur ajoutée (conception, recherche, prestations intellectuelles, culture, gestion, etc.). Quant aux débouchés, bien qu’ils se maintiennent à un niveau élevé au regard des tendances nationales, ils se concentrent il est vrai toujours essentiellement dans les fonctions ingénierie et R&D (29% des intentions de recrutement selon notre dernier panel), informatiques (24%) et commerciales (12%).

Est-ce propre à Midi-Pyrénées ?
On observe que les besoins sont plus équilibrés dans les autres régions, comme l’Aquitaine par exemple. Les fonctions support restent ainsi très impactées en Midi-Pyrénées et les entreprises implantées en dehors de l’aire urbaine de Toulouse peinent toujours à attirer des cadres. Notre rôle consiste d’ailleurs à sensibiliser les cadres aux opportunités offertes en dehors de Toulouse, notamment en termes de création ou de reprise d’entreprises. Nous sommes ainsi associés à différences actions menées par certains territoires, telles que Easy Gers, pour faire connaître et accompagner les besoins des autres départements. Nous avons également profité de la publication de cette enquête pour en partager la lecture avec une quarantaine d’institutionnels et de cabinets de recrutement que nous avons récemment réunis pour réfléchir ensemble à la façon dont nous pourrions rendre plus attractifs certains territoires.
Propos recueillis par Ingrid Lemelle

Sur la photo : Jean-Sébastien Fiorenzo, responsable des relations entreprises de l’Apec dans le sud-ouest. Crédits : DR.

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Source : https://www.toulemploi.fr/Emploi-cadre-quels-sont-les-atouts-et-les-faiblesses-de-Midi,11682