5/6. Management de transition : Deux parcours, une même intensité

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Ils interviennent là où tout vacille, pour redresser, transformer ou accompagner des organisations en tension. Ingénieurs, dirigeants de sites industriels, femmes et hommes de terrain, les managers de transition partagent un même goût pour l’intensité, l’engagement et l’humain. À travers les témoignages de Franck Udron et d’Audrey Bonnet, deux trajectoires singulières éclairent un métier encore méconnu, au cœur des mutations industrielles et managériales.

« Je viens sauver des emplois, pas des investisseurs »

Avec ses multiples casquettes de meneur d’hommes, technicien et gestionnaire, il se définit comme « un atout industriel ». À 59 ans, Franck Udron a déjà enchaîné quatorze missions, partout en France et parfois plus loin, jusqu’en Pologne et en Roumanie. « À chaque fois, c’est une tranche de vie. Ce que j’aime dans ce métier ? Les gens, tout simplement », confie-t-il. Installé à Drémil-Lafage, près de Toulouse, cet ingénieur mécanique de formation a dirigé trois usines avant de se tourner vers le management de transition. D’abord par nécessité, à la suite d’un licenciement économique. Sa première mission dure plus d’un an, les suivantes oscillent entre trois et dix-huit mois. Avec, toujours, la même intensité : « Dans ce job, on met son cœur et ses tripes sur la table. Moi, je ne suis pas consultant, je ne vends pas du rêve ou des PowerPoint : j’y vais. Avec mon énergie, ma bonne volonté et mon savoir-faire ». Sollicité pour résoudre des blocages dans des contextes « qui ne sont jamais neutres », il trouve les clés de la réussite dans les relations humaines plutôt que les plans stratégiques. « Mon rôle, c’est de faire grandir les équipes. Je viens pour sauver des emplois, pas des investisseurs. À toutes les strates de l’entreprise, des lignes de production jusqu’à la direction, il n’y a pas de petites ni de grandes gens : on respecte tout le monde et surtout, on ne triche pas. »
Marie-Dominique Lacour

« Rien ne me prédestinait à être manager de transition »

Lorsqu’Audrey Bonnet devient, à 37 ans, la première femme à diriger un site de production cimentier en France, sa carrière semble toute tracée. « Pendant cinq ans, j’ai dirigé le premier site de la start-up industrielle Cem’In’Eu, à Tonneins, en Nouvelle Aquitaine, avant de revenir à Narbonne pour raisons personnelles. » Son ancien employeur lui propose alors d’accompagner des directeurs d’usines dans leur prise de poste, de restructurer certains sites… « C’est comme ça que j’ai découvert le management de transition, et j’ai beaucoup aimé ! Chaque mission est très intense. Il faut s’adapter rapidement, cerner tous les enjeux financiers, techniques et humains, impulser un nouvel élan… Cela requiert beaucoup d’humilité et d’engagement, mais nécessite aussi de garder une forme de détachement, chaque mission ayant une fin. » Des expériences très enrichissantes, et aussi parfois frustrantes. Depuis trois ans, Audrey enchaîne les contrats qu’elle décroche elle-même ou via la société Ingaged, à Toulouse. « J’ai déjà beaucoup appris et évolué, notamment en matière de leadership. J’ai également davantage confiance en moi. » Assez pour continuer à se frotter à d’autres univers industriels, comme récemment à celui de l’agroalimentaire ? « On verra, mais ce dont je suis certaine, c’est que j’aimerais avoir de nouveau l’opportunité d’inscrire mon action dans la durée. »
Ingrid Lemelle

Sur la photo : "Il faut s’adapter rapidement, cerner tous les enjeux financiers, techniques et humains, impulser un nouvel élan…" témoigne Audrey Bonnet. DR.

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Source : https://www.toulemploi.fr/5-6-Management-de-transition-Deux-parcours-une-meme-intensite,50183