4/6. Management de transition : Les experts de l’urgence

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Ni consultants, ni intérimaires classiques, les managers de transition sont amenés à piloter quelques mois une entreprise ou un service en pleine transformation, en crise ou en mutation stratégique. Leur rôle ? Agir vite, transmettre, puis partir. Un métier encore méconnu qui séduit pourtant de plus en plus de profils.

Le rôle des managers de transition ne se limite pas à occuper un siège vacant. « Ce sont des femmes et des hommes d’action, qui mettent leurs compétences au service des organisations pour résoudre des situations sensibles ou complexes », souligne France Transition. Des professionnels aguerris qui acceptent donc de « dépasser leur fonction traditionnelle » pour devenir des accélérateurs de situations.

Ils viennent des directions générales, financières, industrielles, RH ou commerciales. Des hommes majoritairement (à 73 %), de 50 à 59 ans (54 %), anciens dirigeants ou managers de haut niveau avec quinze à vingt ans d’expérience. Mais ce visage « classique » évolue : la profession attire en effet davantage de femmes et de jeunes seniors, avec des compétences liées au digital, à la RSE ou à l’international.

Leurs motivations sont alors variées : « Vous avez des personnes qui, comme moi, sont en quête de nouvelles expériences ; d’autres qui cherchent à travailler entre deux CDI ; d’autres encore qui, en raison de leur âge, peinent à retrouver du travail, et enfin des managers de circonstance », observe Bruno Grivet, expert du management stratégique et opérationnel en milieu industriel en Occitanie.

Des profils "surqualifiés"

Leurs compétences clés ? Un leadership éprouvé, une capacité à s’intégrer rapidement, un goût du challenge et un sens marqué de l’opérationnalité. Mais aussi des qualités moins visibles, telles que l’intelligence émotionnelle, l’humilité, la transmission. « Nous sommes souvent surqualifiés au regard des missions que l’on nous confie. Mais les compétences et l’expérience sont nécessaires pour pouvoir intervenir sans perdre de temps, bien cerner les attentes et les besoins, initier l’intelligence collective, fixer un cap, et surtout, embarquer toutes les parties prenantes de l’entreprise. D’ailleurs 80 % de notre valeur ajoutée repose à mon sens sur la relation humaine », estime Bruno Grivet, par ailleurs membre du groupe collaboratif Managers de transition grand sud-ouest (MTGSO).

Le métier exige aussi une posture personnelle particulière. La mobilité géographique, l’acceptation d’une certaine précarité (entre deux missions) et la flexibilité sur la rémunération font partie du quotidien. L’intensité de travail aussi, qui rebute certains mais en séduit d’autres, attirés par la diversité des missions et la liberté de ton. Une fonction « addictive » enfin. L’adrénaline de la découverte, la variété des environnements et le plaisir de contribuer nourrissent ces experts de l’urgence, qui se définissent davantage « en mission » que dans une carrière.
Ingrid Lemelle

Sur la photo : Quoique majoritairement masculin, le métier de manager de transition se féminise progressivement. Crédit Hélène Ressayres - ToulEmploi.

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Source : https://www.toulemploi.fr/4-6-Management-de-transition-Les-experts-de-l-urgence,50130