ToulEmploi

Publié le lundi 20 novembre 2017 à 16h38min par Ingrid Lemelle

Occitanie : Êtes-vous bien payés ?

Le groupe Expectra vient de dévoiler la 15e édition de son baromètre des salaires 2017. ToulEmploi vous propose un zoom sur la région Occitanie afin de découvrir les plus fortes progressions, les fonctions les plus demandées et les mieux payées.

D’après le dernier Baromètre Expectra, le salaire médian* des cadres s’établit à 43.544 euros bruts, en 2017 en France, soit une hausse de 1,7%. Comme en 2016. Basée sur les salaires réels extraits des 70.000 fiches de paie des personnes déléguées par le groupe (en intérim, en CDD et CDI), l’étude a un peu surpris. « C’est en effet la première fois, depuis 2013, que cette revalorisation n’est pas supérieure à celle de l’année précédente, et cela peut paraître assez décevant dans un contexte de reprise économique », commente Étienne Paris, responsable Sud-Ouest Expectra. « Pourtant deux éléments expliquent la prudence des entreprises : la volonté de privilégier le redressement de leur compétitivité, et l’incertitude quant à la poursuite du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). » 1,7% donc, même en Occitanie ? « Historiquement, la moyenne régionale se situe toujours un peu en-dessous des résultats nationaux », répond Étienne Paris. « C’est principalement lié à l’attractivité de l’aéronautique qui attire naturellement des candidats. Le salaire n’est alors pas leur critère premier. »

Bonus aux chasseurs de coûts

Cette hausse des salaires reste cependant très variable selon les métiers. Et les territoires. Tandis que les fonctions commerciales et marketing obtiennent, en France, trois des cinq meilleures revalorisations tous métiers confondus, dans le Sud-Ouest, ce sont les profils techniques qui enregistrent ainsi les plus fortes augmentations (voir graphique). « Les chargés d’affaires bénéficient néanmoins d’un marché très porteur dans la région, avec des offres en hausse de 34% par rapport à 2016. Cela traduit la volonté des entreprises de conquérir de nouveaux marchés, seulement en période de reprise, c’est traditionnellement la part variable qui progresse le plus. »
Dans les secteurs de l’ingénierie et de l’industrie, on « distribue » en revanche les bonus. « L’aéronautique étant actuellement dans une phase de production, c’est sur l’optimisation des processus de production et la maîtrise des coûts que se concentrent les besoins, et donc sur les fonctions qualité et logistique », observe le responsable régional. L’ingénieur qualité obtient, de ce fait, la seconde plus forte augmentation de salaire de la région (+ 5,2%). « Il faut noter que ce profil est aussi très prisé par le secteur de la santé. Les compétences requises ne sont alors pas les mêmes, mais les recruteurs privilégient dans les deux cas les professionnels aux compétences très pointues », remarque Étienne Paris. Le technicien qualité, s’il ne fait pas (encore) partie du top 5 des augmentations, voit ses opportunités progresser de 28% !

Les meilleures progressions en 2017

Rares donc chers

Autre professionnel absent des principaux indicateurs régionaux, mais cependant toujours très demandé, le technicien de maintenance. « Toulouse a la chance de compter du personnel qualifié, ce qui incite d’ailleurs des entreprises comme Hyperloop à s’installer dans l’agglomération. Mais la pénurie de candidats devient criante, d’autant que la profession souffre toujours du désintéressement des jeunes… » Cela devrait logiquement booster les rémunérations, à l’instar des tendances observées au national. Les techniciens en maintenance en électrotechnique et électroménanique se placent en effet aux 7e et 10e rangs du top 10 des progressions en France.
L’acheteur, également essentiel dans la logique d’économies des entreprises, voit sa rémunération revalorisée cette année : de 5,1%. « Attention, cela concerne des postes qui s’inscrivent dans un environnement international et sur des marchés très ciblés, ce qui requiert des compétences techniques particulières. Mais lorsque les candidats répondent aux attentes des recruteurs, oui, l’inflation sur les rémunérations est bien réelle. » La rareté explique aussi la présence du comptable fournisseur en milieu de tableau. Un positionnement qui peut étonner, sauf que « nous enregistrons une très forte demande de profils justifiant de compétences annexes en langues, ce que peu de comptables possèdent… », justifie le responsable Sud-Ouest Expectra.

La logistique à l’honneur

Mais la palme revient cette année au technicien logistique, dont le salaire à l’embauche a progressé de 5,5% en un an ! Lui aussi stratégique pour les industriels en quête d’une meilleure gestion de leurs stocks, il doit veiller dans le même temps à préserver (voire à continuer à augmenter) la qualité de services. Un travail d’équilibriste que les employeurs n’hésitent pas à récompenser, surtout en Occitanie. « Le technicien logistique trouve des débouchés dans l’industrie, mais aussi dans les nombreuses plateformes logistique de la région, très dynamiques en raison de la vitalité économique et du développement du commerce en ligne. » Cette concurrence entraîne ainsi une surenchère comparable à celle observée sur les recrutements des ingénieurs qualité. Les deux profils sont d’ailleurs les seuls à percevoir des salaires supérieurs aux moyennes « province » : 31.950 euros bruts, contre 30.280 en moyenne en province pour le technicien logistique, 39.410 euros bruts, contre 38.980 en moyenne pour l’ingénieur qualité.
Le chef de projet complète ce top 5. Il évolue cette fois aussi bien dans l’ingénierie et l’industrie, que dans le secteur informatique et télécoms. Un domaine quasi absent des principaux résultats régionaux… Étonnant non, au regard du poids du secteur en matière de recrutements des cadres ? « C’est vrai, mais les Entreprises de services numériques (ESN) ont peu recours à nos services, or notre enquête s’appuie sur les bulletins de salaires des personnes déléguées par Expectra », rappelle Étienne Paris, qui observe cependant que la pénurie a là encore un impact : « Certains ingénieurs développeurs sont chassés dès la sortie d’école avec un salaire de l’ordre de 35 à 40.000 euros par an… »
Le responsable régional du groupe complète cette analyse en rapportant une forte reprise des recrutements dans les secteurs de la santé et du BTP à Montpellier, où Expectra compte également une agence.
Dossier réalisé par Ingrid Lemelle

*Le salaire médian divise une population en deux parts égales, c’est-à-dire que la moitié des salariés considérés gagne moins, l’autre moitié gagne plus.

Graphiques Jean-Christophe Wolmer Guibaud - Photo Frog - Fotolia.

Le Top des salaires dans le Sud-Ouest

Dans ses éclairages régionaux, le Baromètre Expectra établit chaque année un classement des salaires les plus élevés… au regard là encore des fonctions placées chez ses clients ! « Or certaines sont très souvent recrutées directement ou ne représentent pas un volume suffisant de placements pour ressortir dans notre enquête », précise Étienne Paris, responsable Sud-Ouest Expectra. « C’est le cas par exemple des directeurs de production ou des directeurs financiers, dont la rémunération annuelle oscillent autour de 70.000 euros. »