Former un ingénieur, ça coûte cher… Vraiment ? À la demande du Cesi, le cabinet Utopies vient de publier une analyse conduite avec son outil Local Footprint, qui permet de mesurer l’empreinte d’une organisation en quantifiant les interactions économiques entre les secteurs. Le postulat de départ se trouve balayé par les retombées : à l’échelle nationale, l’école aux vingt-six campus génère 927 millions d’euros de PIB et soutient plus de 36.000 emplois.
Dans la région, le campus toulousain contribue seul à hauteur de 46,4 millions d’euros de PIB annuel et soutient 1821 emplois en Haute-Garonne. Son homologue montpelliérain pèse 29,3 millions d’euros et 1135 emplois dans l’Hérault. À cela s’ajoute un puissant effet de levier, car chaque emploi directement créé par un campus Cesi en génère trois autres dans l’économie locale via les salaires et les dépenses des étudiants, ainsi que l’activité professionnelle des 120.000 alumni de l’école.
Des campus tournés vers l’avenir
À Toulouse, 61 % de la richesse produite est ainsi captée à l’échelle régionale, soit plus de 28 millions d’euros qui irriguent les commerces et services du quotidien. « Vous mettez un euro dans la machine, vous en récupérez trois ! », résume Philippe Coustel, directeur du campus toulousain. « Bien sûr qu’on a un coût, mais l’investissement est très profitable pour l’écosystème local car la majorité des étudiants s’intègre et travaille autour de la métropole. » À Montpellier, ce taux de réinvestissement local atteint même 63,9 %. « On est certes privés, mais à but non lucratif », tient également à préciser Véronique Guillon, directrice du campus de Montpellier, « Tous les fonds sont réinjectés dans nos programmes de recherche. On s’autoalimente au niveau financier. »
Les deux campus restent tournés vers l’avenir. À Toulouse, où le déménagement vers le quartier Montaudran est prévu fin 2027, la recherche avance sur deux fronts : un programme financé par la Région sur les mobilités douces, que va également rejoindre Montpellier, et un autre dédié aux « jumeaux numériques » qui permet de piloter à distance un équipement coûteux situé sur un autre site. À Montpellier, un nouveau titre professionnel de niveau VI, Responsable amélioration continue en industrie, ouvrira en septembre 2026 en partenariat avec un CFA local. « Il existe une vraie attente du secteur industriel, notamment à Nîmes et Alès où il est très développé, pour tenter de pallier le désintérêt des étudiants pour les filières ingénieurs », détaille Véronique Guillon. Un défi partagé par le campus toulousain : « D’ici 2030, la France a besoin de 60.000 techniciens et 40.000 ingénieurs de plus que ce qu’elle forme actuellement », rappelle Philippe Coustel.
Marie-Dominique Lacour
Sur la photo : Les étudiants et les alumni, par leurs activités et dépenses, sont de véritables leviers de développement économique : chaque emploi créé sur un campus Cesi en génère trois autres dans l’économie locale. Crédit photo : Cesi.
