Depuis Toulouse, comment Taman combat-elle la pénurie de talents ?

Née en 2019, avec un positionnement de niche centré sur les métiers en tension du secteur aéronautique, Taman a élargi depuis son activité à la logistique. Avec succès, l’agence de recrutement et de gestion de talents ayant placé 185 intérimaires l’année dernière.

Jean-Claude Mazzocco, vous êtes le président de Taman, lancée juste avant la pandémie, autrement dit au moment même où l’industrie aéronautique gelait ses embauches, voire licenciait. Comment se porte votre activité ?
Nous avons réalisé 3 millions de chiffre d’affaires en 2020, avec 77 intérimaires en activité, et 8,3 millions d’euros l’année dernière, pour 185 intérimaires placés. Nos effectifs permanents sont passés de six personnes à seize aujourd’hui. Et notre marché, axé sur l’aéronautique, s’est élargi à la logistique, pour environ la moitié de notre activité. Nous intervenons sur les différents sites de nos clients (Daher, Safran, Axa, Tecalemit, Rafaut Group...), en France. Si le marché était moins porteur que nous aurions pu l’espérer au départ, nous avons donc réussi à faire la démonstration de notre raison d’être, qui est d’apporter des solutions aux entreprises qui recrutent sur des métiers en tension. Car oui, la pénurie existe sur certains profils, mais des solutions existent !

Comment parvenez-vous justement à trouver rapidement des chaudronniers ou encore des soudeurs, là où d’autres n’y parviennent pas ?
Recruter, c’est un métier, un process qui repose avant tout sur une bonne appréhension des besoins de l’employeur. Il s’agit ensuite de les traduire en compétences et en comportements. Nous faisons donc de la chasse, mais notre différence tient précisément au fait que nous évaluons les compétences et les comportements des candidats via des tests articulés autour de soft skills : autonomie, réactivité, flexibilité, intelligence décisionnelle, etc. La sélection s’opère ainsi sur les compétences et le choix des candidats présentés aux clients sur le comportement. Un cycle plus long, mais plus adapté aux attentes.
Avec l’accélération annoncée des cadences de production de l’aéronautique, les besoins vont en revanche augmenter et les jeunes qui sortent de formation ne suffiront malheureusement pas. C’est pour cette raison que nous avons imaginé une nouvelle offre...

Quelle est-elle ?
La mise à disposition de jeunes retraités pour encadrer nos intérimaires débutants et les faire monter en compétences. Un cercle vertueux : pour les retraités, qui ont parfois envie de continuer à travailler à leur rythme (dix jours par mois par exemple) et sans pression ; pour les jeunes, qui ont envie d’apprendre de personnes expérimentées ; et bien sûr pour l’entreprise pour laquelle cela implique certes une charge supplémentaire, mais rentable. Nous avons déjà détecté une douzaine de jeunes retraités partants, et cinq d’entre eux ont signé un contrat de deux ans.

Comment envisagez-vous l’évolution de votre activité ?
Nous renouons avec un grand bonheur avec nos « bases », que sont les métiers en tension du secteur aéronautique, et notre objectif est d’atteindre cette année 11,5 millions d’euros de chiffre d’affaires pour environ 250 intérimaires en équivalent temps plein. Nous allons densifier notre siège à Toulouse et nos deux bureaux à Paris et Marignane, et envisageons à plus long terme la création d’une agence à Saint Nazaire et d’accompagner les besoins de nos clients en Europe.
Propos recueillis par Ingrid Lemelle

Sur la photo : Jean-Claude Mazzocco, président de Taman, et une partie des permanents de l’agence de recrutement et de gestion de talents toulousaine. DR.

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Source : https://www.toulemploi.fr/Depuis-Toulouse-comment-Taman-combat-elle-la-penurie-de-talents,33530