Pourquoi s’intéresser à l’ergologie ?

De ergon (travail) et logos (discours), l’ergologie se définit comme une démarche pour produire des savoirs sur les activités des hommes. Une manière de poser un regard différent sur le travail. Et d’ouvrir des voies plus humaines à l’organisation des activités.

Jacques Rollin, Michel Mas, vous êtes respectivement ancien et actuel présidents de l’association Observatoire et Rencontres du Travail, fondée pour assurer la promotion de l’ergologie dans les entreprises et la société. Pourriez-vous nous donner une définition de l’ergologie ?
Jacques Rollin : L’ergologie consiste à porter un regard anthropologique sur les activités industrieuses des humains ; ce regard se nourrit et complète d’autres disciplines comme la psychologie, la sociologie, l’ergonomie…. C’est une manière d’approcher l’homme au travail à travers les normes qui préexistent au sein des organisations et celles qu’il crée pour réaliser son activité. L’objectif est d’ouvrir sur de nouveaux savoirs, de créer des espaces où on évoque d’autres possibles.

Michel Mas : Je dirais que l’ergologie est une posture qui met en visibilité et produit des savoirs sur les activités des hommes. L’ergologie est une invitation à observer et analyser ses pratiques et à partager les manières de faire. En regardant l’activité, en se sentant acteur de son travail, en adoptant des compromis pour faire autrement, sans s’user, on donne une nouvelle dynamique, de l’énergie et de la dignité à toutes les parties prenantes d’une organisation.

L’ergologie s’enseigne-t-elle ?
JR : Il existe plusieurs formations universitaires, initiale et continue, qui s’adressent à ceux qui souhaitent comprendre le travail pour le transformer. Ces formations donnent des outils aux professionnels et aux analystes des situations de travail, qui interviennent dans les entreprises.

Quelle est la vocation de l’Observatoire et Rencontres du Travail ?
JR : L’ORT a été créé en 2001 par une vingtaine de professionnels, autour du département d’ergologie de l’Université d’Aix- Marseille. Ses initiateurs étaient convaincus que les travaux conduits devaient être portés au sein de la vie civile, d’une manière globale. Aujourd’hui, nous travaillons en réseau au niveau national, avec des représentations dans plusieurs villes. A l’international, nous avons des relations avec le Brésil, le Mozambique, l’Algérie, les Comores ou encore en Italie. L’ORT est membre de la Société Internationale d’Ergologie.

MM : L’objectif de l’ORT est de promouvoir cette posture ergologique qui repositionne l’homme au cœur des activités, il est d’en faire ressentir toutes les possibilités et de pérenniser des pratiques que chacun se sera approprié. Nous nous sommes par exemple appuyés sur cette méthode pour donner naissance à la société coopérative « La Fabrique du Sud », à Carcassonne, où 19 salariés ont repris l’activité de fabrication de crèmes glacées sur l’ancien site de la marque Pilpa. Une belle aventure !

A Toulouse, vous organisez des rencontres, les cafés des "Rencontres du Travail". A qui ces rencontres s’adressent-elles ?
MM : Ces « cafés », informels, se tiennent tous les deux mois au café Saint-Sernin, depuis février 2013. Ouverts à tous, les cafés ne sont pas des cours mais des moments d’échanges, sur des éléments sur lesquels on n’a pas l’habitude de discuter. L’idée est de faire progresser, collectivement, les possibilités de vivre autrement le vivre ensemble.
Propos recueillis par Valérie Ravinet

Pour en savoir plus, consultez le site de l’ORT

Sur la photo : Jacques Rollin et Michel Mas, ancien et actuel présidents de l’association Observatoire et Rencontres du Travail. Photo Hélène Ressayres - ToulEmploi.

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Source : https://www.toulemploi.fr/Pourquoi-s-interesser-a-l-ergologie,13527