Portage salarial, qu’est-ce qui va changer ?

Article diffusé le 17 juin 2013

Un arrêté du 24 mai 2013 rend applicable l’accord national professionnel du 24 juin 2010 relatif à l’activité de portage salarial permettant ainsi de sécuriser les portés et les sociétés de portage salarial. Cependant ce texte impose quelques limites au recours au portage par les consultants. Guillaume Cairou, le président fondateur de Didaxis, revient pour pour l’occasion sur le poids du portage en France, ses avantages, et les limites de cet accord.

Pourriez-vous nous expliquer l’importance de l’extension de l’accord de branche sur le portage salarial ?
Il s’agit d’un accord de branches de 2010 qui va sécuriser l’ensemble des portés et des sociétés de portage salarial. Aujourd’hui, le portage salarial concerne près de 50.000 emplois. Il y a encore tout à faire sur un marché de l’emploi sinistré avec cette formule, qui est dix fois plus développée chez nos voisins européens qu’en France.

Quelles sont les limites, selon vous, de ce texte ?
L’un des problèmes que pose cet accord c’est qu’il n’est pas étendu aux missions courtes en CDD. Il ne s’adresse qu’aux CDI. Il est également réservé aux cadres justifiant d’une rémunération minimale mensuelle fixée à 2.900 euros bruts hors primes et congés payés, plus une indemnité d’affaires de 5%, ce qui représente un chiffre d’affaires supérieur à 5.000 euros. De plus, la solution en portage est limitée dans le temps à trois ans.
A ce jour, il est donc problématique pour les consultants qui bénéficiaient de CDD, qui comptent pour 50% des portés. De plus, il ne concerne pas nombre de professions qui ont recours au portage comme les techniciens de maîtrise, que ce soit dans l’informatique, la formation professionnelle, la traduction ou la correction.

Pourquoi vous inquiéter du fait que l’accord soit ainsi limité ?
L’Inspection générale des affaires sociales (l’IGAS) soulignait dans un rapport de septembre 2011 sur l’avenir et les voies de régulation du portage salarial que les consultants en transition professionnels représentaient une partie importante des portés et qu’il s’agissait d’une solution pérenne pour créer et développer une société. Il va donc falloir, au delà du dialogue social, les défendre. Au bout de 18 mois, un tiers des portés créent en effet leur activité grâce à l’accompagnement des sociétés de portage. Il s’agit d’un véritable cercle vertueux et d’une solution anti-chômage. Leur statut doit évoluer en s’inspirant des pratiques européennes. 600.000 français en recherche d’emploi pourraient être concernés pour se créer leur emploi pérenne.

Quel est le poids de Didaxis, votre société de portage, en Midi-Pyrénées ?
Didaxis est une société qui a aujourd’hui 10 ans, et Toulouse fait partie de ses implantations historiques. Nous sommes les leaders du portage salarial en France. 600 personnes sur les 2.500 salariés du groupe exercent à Toulouse, dans des fonctions qui vont du webmaster au manager de transition. La région a pour particularité de compter 26% de consultants qui travaillent à l’international et 5% sur des dispositifs de R&D. La plupart des métiers exercés se concentrent dans les professions intellectuelles : ressources humaines, ingénierie, ou informatique.
Propos recueillis par Agnès Frémiot

Sur la photo : Guillaume CAIROU, le P-dg du groupe Didaxis, vient d’être élu à la tête de la Fédération Européenne du Portage Salarial, seule organisation européenne de défense des intérêts des sociétés de portage salarial. DR.

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Source : https://www.toulemploi.fr/Portage-salarial-qu-est-ce-qui-va-3386