L’apprentissage, voie royale pour intégrer une entreprise du paysage

Les secteurs économiques qui affichent le dynamisme dont fait preuve celui du paysage sont plutôt rares. Malgré la crise, celui-ci continue à représenter une perspective solide pour l’emploi. Une étude publiée en avril 2010, réalisée avec le CarifOref, sous le pilotage de l’UNEP et de la Région, fait le point sur l’insertion professionnelle dans ce secteur. C’est l’apprentissage qui représente la voie privilégiée pour déboucher sur un emploi stable, dans un secteur qui reste encore très masculin.

En 2008, le nombre d’entreprises de Midi Pyrénées positionnées sur le secteur du paysage s’élève, selon l’Union Nationale des Entrepreneurs du Paysage (UNEP), à 1.040, dont 581 établissements employeurs, avec 3.107 salariés, soit une évolution moyenne de 7% par an depuis 2005. Si l’activité s’est ralentie en 2008, près de 80% des chefs d’entreprise envisagent toutefois de maintenir le nombre de leurs salariés.

Côté élèves, parmi les sortants des formations de 2006 et de 2008, 75% issus de la cohorte 2006 occupent un emploi ; ils ne sont que 32% issus des formations 2008. Parmi ces derniers, 53% ont décidé de poursuivre leurs études. Ils n’étaient que 16% à faire ce choix en 2006.

Toutes promotions confondues, 42% des personnes occupant un emploi déclarent avoir été embauchées sur leurs lieux de stage ou d’apprentissage. « Les élèves issus de l’apprentissage accèdent davantage à l’emploi, observe Odile Serranou, chargée de mission au CarifOref Midi-Pyrénées. En 2006, ils sont 89% des apprentis, contre 70% des élèves par voie scolaire, à occuper un emploi. Ces résultats s’expliquent par le fait que les apprentis suivent une voie d’insertion professionnelle adaptée à ces entreprises. Quel que soit le niveau de formation, durant deux ans, les apprentis ont travaillé dans les entreprises qui ensuite les embauchent. » Les formés par voie d’apprentissage sont d’ailleurs plus satisfaits de leurs cursus que les élèves de la voie scolaire (87% contre 78% des sortants de 2008), qui souhaitent plus de stages et de pratique.

L’accès à l’emploi par des postes d’ouvriers paysagistes d’exécution

Les enquêtés en emploi déclarent majoritairement occuper des postes d’ouvriers paysagistes d’exécution, correspondant à des formations de niveau CAPA. « On observe une tendance à la baisse de fréquentation des formations de niveau III, correspondant au niveau BTS, explique Odile Serranou. Cette baisse s’expliquerait en partie par le fait que les entreprises privées, qui sont les employeurs à plus de 70%, sont davantage en recherche d’ouvriers paysagistes d’exécution ou spécialisés, et moins dans les niveaux supérieurs, comme les techniciens ou les postes d’encadrement. » De son côté, Aurore Vila, Déléguée régionale Unep Midi-Pyrénées, précise : « Les entreprises du paysages de Midi Pyrénées sont très majoritairement de petite taille ; elles offrent aux élèves issus de BTS de mettre en œuvre leurs connaissances techniques, moins leurs compétences en management. D’autant qu’il est nécessaire d’avoir quelques années d’expérience pour accéder à des postes d’encadrement. »

Un secteur encore majoritairement masculin

La part des femmes dans le secteur s’élève, tout niveau de formation confondu, à 13% des effectifs ; elles sont majoritairement concentrées dans les formations de type BTS, à l’issue desquelles elles espèrent accéder à des postes moins physiques. Or, la plupart des emplois, sans expérience, sont proposés à des niveaux de qualifications inférieurs. « Seule une femme sur quatre a trouvé un emploi dans le domaine des travaux paysagers, 60% se sont réorientées »,commente Odile Serranou. L’une des pistes d’action consiste donc à encourager la féminisation de la profession. « Le secteur se féminise lentement, ajoute Aurore Vila, mais il est pourtant déjà nettement plus féminin que celui de la production horticole, par exemple. »
Valérie Ravinet

L’étude réalisée par le CarifOref, sous le pilotage de l’Unep et de la Région, porte sur le devenir de 870 élèves de Midi-Pyrénées sortant de cinq formations : CAPA travaux paysagers (niveau V), BEPA Aménagement de l’espace spécialité travaux paysagers (niveau V), BP Travaux paysagers (niveau IV), Bac Pro Travaux paysagers (Niveau IV) et BTSA Aménagements paysagers (niveau III).

Sur la photo : Production de géraniums en protection biologique intégrée sous serre. Lycée Adriana de Tarbes. DR.

[(Où se former ?

En Midi-Pyrénées, il existe seize établissements de formation, dont six lycées agricoles, professionnels ou d’enseignement général et technique (LAHP, LEGTA, LPEGTH et LPA), deux Établissements régionaux d’enseignement adapté (EREA), six Centres de formation d’apprentis agricoles et (CFAA) deux Centres de formation professionnelle et de promotion agricoles.

Aveyron :
LAHP de Rignac
EREA de Villefranche-de-Rouergue
CFAA de l’Aveyron, site de Millau

Haute-Garonne :
LEGTA d’Ondes
LPEGTH La Cadène, Labège
CFAAH de Toulouse-Auzeville
EREA de Muret

Gers :
CFAA du Gers, Auch

Hautes-Pyrénées :
LPA de Tarbes
CFAA Piémont-Pyrénées, site de Tarbes

Tarn :
LEGTA d’Albi
CFAAH du Tarn, site d’Albi

Tarn-et-Garonne :
LPA de Moissac
CFAA du Tarn-et-Garonne, Montauban)]

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Source : https://www.toulemploi.fr/L-apprentissage-voie-royale-pour-1235