« Être femme et salariée agricole relève-t-il du défi ? »

Combien sont-elles ? Où sont-elles ? Midi-Pyrénées compte 20.000 femmes salariées agricoles. Une enquête unique menée par l’Association des Salariés de l’Agriculture pour la vulgarisation du Progrès Agricole (ASAVPA) les met en lumière. A l’occasion de la Journée mondiale de la femme rurale, le 15 octobre, le lycée de la Roque à Rodez organise une rencontre régionale sur le thème « Levez les préjugés ! Etre femme et salariée agricole : un défi ». Entretien avec Anne-Cécile Vericel, animatrice des ASAVPA de Midi-Pyrénées.

Qu’est-ce qui a été à l’origine de cette étude et quel était son objectif ?
C’est lors d’une précédente étude sur l’image du métier de salarié agricole qu’est ressortie cette question de la place des femmes dans ce secteur. L’enquête a duré deux ans. Nous avons interrogé 2.000 femmes salariées ou à la recherche d’un emploi, les agriculteurs, les employeurs… dans le but de poser un diagnostic.

Parmi tous ces témoignages lequel vous a le plus marqué ?
Les expériences positives m’ont marqué. La difficulté principale pour les femmes est de trouver un premier emploi. Ce fut le cas pour une salariée porchère qui a dû batailler pour trouver son premier stage. Elle a profité d’un manque de main-d’œuvre, d’une embauche par défaut. Aujourd’hui son employeur est très content. Femme et porchère, c’était peu féminin dans l’esprit des gens. D’ailleurs elle prend plaisir de la surprise des gens lorsqu’elle annonce son métier !

Quels choix ont présidé à cette orientation ?
C’est souvent par hasard. Ce peut-être lors d’une cueillette saisonnière qu’elles se sont décidées à en faire un emploi salarié. L’orientation est de manière générale assez mal maîtrisée. De plus l’agriculture souffre de clichés, d’une image décalée par rapport à la réalité : moins noble qu’un emploi de bureau, un métier sale et peu qualifié… ce qui n’est plus du tout le cas aujourd’hui.

Combien de femmes sont salariées agricoles ?
Sur 60.000 salariés, 20.000 sont des femmes. En Haute-Garonne, les 2010 salariées représentent 40 % des effectifs. Le Tarn-et-Garonne lui compte 5488 femmes, ce qui représente 35 % des effectifs. Nous les retrouvons bien sûr dans les filières qui embauchent le plus comme l’arboriculture, la viticulture. Dans la fromagerie, la vente directe, l’abattage de volaille, elles sont très présentes. On les retrouve moins dans l’élevage bovin.

Outre ces préjugés, à quels défis sont confrontées les salariées agricoles ?
Il y a ceux qui appartiennent à toute filière essentiellement masculine. Il faut se faire accepter, et gagner la confiance de son employeur. La mécanisation a considérablement réduit la pénibilité et les difficultés physiques de ces métiers. Mais la conduite du tracteur, outil symbolique, est souvent réservée aux hommes. Les salariées n’osent pas demander à leur employeur, et elles ont aussi des réticences à se lancer.

A l’instar de nombreux secteurs, subissent-elles un écart de salaire par rapport aux hommes ?
De manière générale les salaires sont bas, on ne voit donc pas de disparités salariales entre les sexes.
Propos recueillis par Virginie Mailles Viard

ASAVPA Midi-Pyrénées, avenue de l’Agrobiopôle à Castanet Tolosan
Tel : 05 61 75 41 49
http://www.midipy-asavpa.fr

Sur la photo : Anne-Cécile Vericel, animatrice des ASAVPA de Midi-Pyrénées. DR.

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Source : https://www.toulemploi.fr/Etre-femme-et-salariee-agricole-721