Changement de vie : Adeline Monin, des chaînes d’avions à l’ESS

Cinq ans dans l’aéronautique et puis s’en va ! Comme beaucoup d’autres salariés, cette ingénieure de production a changé d’univers pour redonner du sens à sa carrière.

À 18 ans, Bac en poche, Adeline Monin a suivi le parcours classique de nombreux bons élèves scientifiques. Elle est entrée en école d’ingénieur. « J’avais le goût des sciences, alors sans me poser trop de questions, j’ai fait l’Insa. Mon grand-frère, qui travaillait déjà dans l’aéronautique, me parlait beaucoup de son travail et j’envisageais le secteur comme le plus gros pourvoyeur d’emplois. » En effet, tout juste diplômée, Adeline intègre le groupe Stelia Aerospace via un graduate program et enchaîne les missions en Picardie, à Saint-Nazaire puis à Rochefort. « J’étais chef de projet d’amélioration et, au départ, la perspective d’un grand groupe me faisait rêver. Assez vite cependant, j’ai compris que je n’allais pas m’y retrouver. Au service de l’amélioration continue, mon rôle consistait à traquer le temps inutile, la tâche à réduire… On parlait de supprimer des emplois. »

Fablab et découverte de l’économie circulaire

Au hasard des rencontres, Adeline s’investit dans un fablab et découvre la menuiserie dans un esprit collaboratif avec « La Matière », une association pionnière de l’upcycling basée à La Rochelle. « J’ai pris conscience que l’économie circulaire était un secteur d’avenir qui demandait des compétences pointues et non délocalisables. » Ni une ni deux, Adeline démissionne et décide de se former à l’Économie sociale et solidaire (ESS). Elle s’inscrit en Mastère spécialisé Eco ingénierie à l’INP Toulouse. « Passer un diplôme, c’était l’assurance d’avoir une légitimité dans le secteur. »

En stage pendant six mois chez Merci René, elle prend conscience du gap entre la culture aéronautique et celle de l’ESS. « Le plus difficile, ça a été de sortir du cadre ingénieur. On n’a plus les mêmes interlocuteurs, ni les mêmes codes, ni le même langage. L’ESS est un secteur moins organisé et il m’a fallu accepter ce flou. » Dans le même temps, Adeline doit affronter les doutes de son entourage. « Mes parents étaient tétanisés de me voir abandonner ma carrière pour un secteur qui leur semblait totalement précaire. » Grâce à une rupture conventionnelle, elle bénéficie des allocations chômage et d’une aide de la Région Occitanie pour boucler son Master. « Je ne regrette rien, diplômée en septembre 2019 j’ai été embauchée deux mois après chez Co-Recyclage, une start-up d’économie solidaire en tant que chargée du développement et j’ai redonné du sens à mon travail. »
Béatrice Girard

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Sur la photo : Adeline Monin. Photo Hélène Ressayres - ToulEmploi.

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Source : https://www.toulemploi.fr/Changement-de-vie-Adeline-Monin-des-chaines-d-avions-a-l-ESS,29198