Salaires : le Sud-Ouest au ralenti... sauf dans l’industrie

Article diffusé le 28 septembre 2026

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Avec seulement 0,5 % de hausse, le Sud-Ouest connaît en 2026 un quasi-gel des rémunérations. Mais cette moyenne cache des progressions dépassant 10 % sur certains métiers industriels. Le dernier baromètre de Randstad Professional révèle ainsi un marché salarial de plus en plus sélectif.

La hausse est presque à l’arrêt. Après une progression de 2,9 % en 2025, les salaires n’augmentent plus que de 0,5 % dans le Sud-Ouest en 2026, selon le 24e Baromètre des salaires de Randstad Professional. Une évolution qui place le territoire à l’avant-dernier rang du classement régional, loin des 2 % enregistrés pour les cadres à l’échelle nationale.

« On assiste à un atterrissage, mais pas à un crash ! », tempère Vincent Roiron, le directeur régional de Randstad Professional. Avec toutefois d’importantes disparités au sein même de l’Occitanie : « Les augmentations restent principalement portées par l’industrie. Elles sont donc plus sensibles en ex-Midi-Pyrénées, grâce à l’aéronautique, qu’en ex-Languedoc-Roussillon, qui a davantage misé sur les énergies renouvelables. »

Ce ralentissement traduit surtout un changement de climat. Face aux incertitudes économiques et géopolitiques, et à quelques mois des élections présidentielles, les entreprises se montrent plus prudentes et les augmentations générales ne sont plus la norme. « Pour celles qui continuent à recruter, les besoins portent sur des fonctions pivot et leurs préférences vont vers des candidats immédiatement opérationnels. »

Jusqu’à 10,5 % dans l’industrie

Car derrière ce modeste +0,5 % se cachent des progressions autrement plus spectaculaires. Le Sud-Ouest place trois métiers parmi les dix plus fortes revalorisations régionales observées en France. Tous appartiennent à l’industrie. Le responsable hygiène, sécurité et environnement voit ainsi son salaire progresser de 10,5 %, pour atteindre un médian de 44.170 euros bruts*. La rémunération du directeur ou responsable qualité gagne 9,8 % (42.000 euros), tandis que l’ingénieur d’études bénéficie d’une augmentation de 9,7 % (40.250 euros). Suivent le chargé de mission RH (+7,2 %, 33.600 euros) et le responsable maintenance/travaux neufs (+6,9 %, 41.750 euros).

Des chiffres qui illustrent un changement de logique : les employeurs concentrent désormais davantage leurs marges de manœuvre sur les compétences directement utiles à leur activité. Une stratégie particulièrement visible dans un territoire porté par l’aéronautique, le spatial, l’énergie, la défense ou encore la santé.

Les plus fortes augmentations ne sont toutefois pas synonymes des plus hauts salaires. Dans le Sud-Ouest, le directeur ou responsable commercial reste le mieux rémunéré avec un médian de 64.000 euros, devant le directeur de centre d’appels (62.500 euros), l’architecte cybersécurité (62.170 euros), le directeur de bureau d’expertise comptable (60.020 euros) et le directeur de projets (56.970 euros).

Le ralentissement modifie aussi le rapport de force à l’embauche. « Le candidat n’est plus roi, c’est certain, tant sur le plan de la négociation salariale que, parfois, sur les conditions de travail. » Pour autant, les employeurs ne voient pas affluer les candidatures. « Il y a moins d’embauches et, dans le même temps, moins de candidats, ces derniers se révélant eux aussi plus anxieux. En ce moment, quitter un CDI pour rejoindre un nouvel employeur, c’est faire un peu un saut dans le vide. »
Ingrid Lemelle

*Le baromètre rapporte les salaires annuels bruts médians, qui partagent les salariés en deux groupes égaux (la moitié gagne moins, l’autre davantage) et les évolutions enregistrées entre juillet 2025-juin 2026 et juillet 2024-juin 2025.

Graphique : Randstad Professional.

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Source : https://www.toulemploi.fr/Salaires-le-Sud-Ouest-au-ralenti-sauf-dans-l-industrie,53463