ToulEmploi

Publié le lundi 20 novembre 2017 à 14h44min par Ingrid Lemelle

Quelles sont les dernières expérimentations de l’Afpa Occitanie ?

Une « vieille » maison, l’Afpa ? Un organisme réservé à un type de profils bien précis ? Et si vous profitiez de ses prochaines JPO pour pousser la porte ? Vous seriez alors peut-être étonnés par ce que vous pourriez y découvrir…

Alain Mahé, vous êtes le directeur de l’Afpa Occitanie, laquelle est parfois perçue comme un organisme difficile d’accès, qu’en est-il vraiment ?
Nous sommes en effet connus, et parfois redoutés pour notre sélection. Mais l’Afpa est beaucoup plus ouverte qu’on se l’imagine. Désormais, les candidats sont par exemple sélectionnés sur lettre de motivation et entretien. Le travail de notre équipe de conseillers va par ailleurs plus loin que le simple fait d’informer sur notre offre. Son rôle consiste à apporter une réponse aux besoins de chacun, ce qui signifie que l’accompagnement va parfois au-delà de la formation, pour s’étendre au champ social, ou que nous pouvons être amenés à orienter le public vers d’autres organismes.
Le nouveau format de nos journées portes ouvertes*, construit comme de véritables villages, illustre bien cette évolution. Les visiteurs peuvent alors nous rencontrer, mais aussi échanger avec des entreprises, des partenaires institutionnels…
Nous sommes également proactifs en proposant à certains profils des dispositifs nouveaux, tels que la démarche intégrée de Validation des acquis de l’expérience que nous avons mise en place il y a quelques mois à destination des demandeurs d’emploi. Elle a concerné plus de 500 personnes en Occitanie, qui n’avaient besoin, pour moitié, que d’un complément de formation pour accéder à une certification. Une expérimentation, à l’instar de ce que nous souhaitons lancer pour permettre à des femmes de valider un premier niveau de qualification.

L’Afpa est donc désormais moins sélective ?
L’ambition, c’est d’apporter une réponse adaptée aux attentes des stagiaires, comme des entreprises. Or le stagiaire ne peut parfois pas attendre un an avant d’intégrer le cursus qui va lui permettre d’accéder à un emploi. C’est la raison pour laquelle quasiment toutes nos formations proposent dorénavant plusieurs entrées chaque année.
Une fois en formation, notre rôle consiste ensuite à sécuriser son parcours, à s’assurer que tout est réuni pour qu’elle lui serve véritablement de tremplin. Chaque stagiaire a donc un référent de parcours et des intervenants qui l’accompagnent dans ses éventuelles difficultés. Nous avons ainsi l’un des taux d’abandon les plus bas de France, et un taux de qualification de l’ordre de 90%.

Vous faîtes évoluer aussi la façon dont vous enseignez, quelles sont les principales innovations ?
Aujourd’hui la multimodalité, c’est-à-dire les enseignements qui mixent présentiel, cours à distance, collectifs, individuels… est quasiment généralisée. Elle a vraiment permis au stagiaire de devenir co-acteur de sa formation !
La seconde étape a été le développement du mixe learning, qui concerne aujourd’hui 22 formations, principalement du tertiaire, qui sont suivies pour partie à distance, à partir d’une plateforme LMS (learning manager system). Mais toujours avec des phases présentielles de regroupements car l’encadrement est essentiel à la réussite des stagiaires qui doivent eux-mêmes faire preuve d’une grande motivation.
La phase suivante sera le peer-to-peer learning, qui repose sur une communauté de stagiaires qui sont, tour à tour, apprenants et formateurs. Nous n’en sommes qu’aux prémices, mais en Occitanie, nous travaillons déjà sur des pistes inspirées du modèle du jeu vidéo, l’apprentissage se faisant alors à la fois de façon intuitive et collaborative.
Propos recueillis par Ingrid Lemelle

Les prochaines journées portes ouvertes de l’Afpa se dérouleront ce jeudi 23 novembre. Pour en savoir plus, cliquez ici.

Photo Hélène Ressayres - ToulEmploi.