L’emploi saisonnier concerne plus de 42.000 salariés chaque année en Midi-Pyrénées. C’est ce que révèle une récente étude de l’Insee, qui note que ces emplois se concentrent comme attendu autour de la période estivale (90% d’avril à octobre), avec des pics en juillet-août autour notamment des métiers de l’hébergement-restauration, du commerce et des activités de loisirs.
Cependant, d’autres domaines d’activité à la saisonnalité légèrement différente sont particulièrement pourvoyeurs de ce type d’emploi. Ainsi, le secteur agricole, avec entre autres le ramassage des fruits et légumes ou encore les vendanges, représente plus de 4.000 emplois ; plus spécifique, celui de la conserverie de foie gras au moment des fêtes de fin d’année peut générer jusqu’à 900 emplois chaque jour. Quant aux activités de montagne, elles représentent jusqu’à 10.000 emplois saisonniers par an, dont plus de 3.000 en période hivernale. Le reste de l’année, c’est la zone de Lourdes qui s’avère être la principale pourvoyeuse (40% du total).
D’un point de vue géographique, la Haute-Garonne concentre logiquement le plus d’emplois saisonniers (11.000 ;25%). La différence est cependant moins marquée avec le reste de la région, le département représentant 50% de l’emploi salarié total de Midi-Pyrénées. Les Hautes-Pyrénées (17,3%), l’Aveyron (14,3%) et le Tarn-et-Garonne (14%) sont ainsi les autres départements très demandeurs.
« Valoriser cette période d’activité »
Si le CDD reste le type de contrat le plus utilisé pour l’emploi saisonnier, certains secteurs comme la construction et l’industrie (hors alimentaire) recourent, eux, très majoritairement à l’intérim. Le statut de saisonnier, qui concerne majoritairement les jeunes (58% ont moins de 25 ans) reste cependant relativement précaire. D’une durée moyenne de sept semaines, les contrats rapportent moins de 1.000 euros par mois dans 55% des cas. Preuve d’une grande disparité – notamment en raison du niveau de qualification – car, tous secteurs confondus, la moyenne s’établit à 1.760 euros nets par mois. Un salaire supérieur au Smic, mais inférieur de 28% à celui de l’ensemble des salariés.
D’où la volonté des différents organismes spécialisés d’accompagner et de « sécuriser les parcours » de ces travailleurs . « L’emploi saisonnier permet de cumuler de l’expérience », rappelle ainsi Frédéric Toubeau, directeur régional de Pôle emploi. « Et l’on voit des passerelles avec des CDD », note Catherine d’Hervé, directrice de la Direccte Midi-Pyrénées, pour qui « il faut valoriser cette période d’activité et travailler sur la question du temps complémentaire ».
Si les données recensées datent de 2007, « elles sont plus proches de la situation actuelle que celles de 2009 », explique le directeur régional de l’Insee, Jean-Philippe Grouthier. « Il nous a paru intéressant de prendre le dernier point avant la crise pour éclairer les politiques à venir ». Car cette étude, menée en partenariat avec Pôle emploi et la Direccte, a notamment pour vocation de servir de base aux deux organismes. En ligne de mire : des manifestations spécifiques ou encore des discussions avec les collectivités pour mettre en place diverses actions d’accompagnement. « Dans certaines régions, les logements du Crous, vacants l’été, sont mis à disposition des saisonniers », explique par exemple Catherine d’Hervé. « Et à Adge, a été ouverte une Maison des saisonniers, un lieu de médiation pour les travailleurs qui connaissent des difficultés avec leur employeur ».
Thomas Gourdin
