Le lycée Pierre-Paul Riquet de Saint-Orens est désormais un « lycée de l’espace ». Telle est la concrétisation d’une démarche unique en son genre, entreprise il y a trois ans, et visant à sensibiliser les jeunes aux métiers du secteur spatial. A l’origine imaginée pour remotiver les élèves en difficulté, elle est désormais ouverte à l’ensemble des lycéens. Près d’un tiers des 1.500 jeunes qu’accueille l’établissement ont saisi cette opportunité.
Et pour confirmer l’engagement des différents partenaires du projet, une convention a été signée le 9 juin dernier... à la Cité de l’espace. Tout un symbole. Institutionnels, groupements professionnels et secteur privé* sont mobilisés.
14.000 emplois à Toulouse dans le secteur spatial
Concrètement, il s’agit pour les jeunes du lycée de bénéficier de ressources pédagogiques fournies par les acteurs du domaine spatial. « Une coloration des programmes qui a pour but de faire découvrir les métiers du secteur, et de le démystifier, explique Pierre Donnadieu, proviseur depuis 2006. Toutefois, les cursus ne sont pas modifiés, même si les élèves de seconde qui le souhaitent peuvent bénéficier d’un module d’initiation. »
Outre également les possibilités de stages ou de projets d’études au sein des entreprises impliquées, un catalogue des formations a été mis en place avec l’ISSAT. En attendant celui des métiers, réalisé en partenariat avec l’Onisep, et qu’un dernier tour de table devrait permettre de lancer. Enfin, exemple le plus parquant, des lycéens ont participé à la réalisation d’une maquette intelligente à taille réelle du Rover, un robot d’exploration envoyé sur Mars. Autant de méthodes de sensibilisation au domaine spatial, qui représente 14.000 emplois à Toulouse, soit la moitié du total national et le quart à l’échelle européenne.
« En revanche, compte tenu des niveaux de formations exigés, nous ne pouvons pas proposer de filière propre. L’idée est d’avoir suffisamment passionné les élèves pour qu’ils se tournent vers les entreprises de ce secteur après une école d’ingénieurs par exemple », explique le proviseur de cet établissement réputé pour placer un nombre important de ses bacheliers dans les cursus scientifiques.
Si le projet de mettre en place des formations continues selon les besoins des entreprises semble en bonne voie, figure également dans les cartons l’idée de faire du lycée Pierre-Paul Riquet une plateforme de diffusion des ressources spatiales dont il dispose. Et pourquoi pas la pierre angulaire d’un réseau national voire européen de « lycées de l’espace ».
Thomas Gourdin
* Académie de Toulouse, Grand Toulouse, CNES, Institut au service du spatial, de ses applications et technologies (ISSAT), pôle de compétitivité AerospaceValley, Thalès Alenia Space, Magellium, EADS Astrium
