« La cuisine est un univers extrêmement bien organisé et très hiérarchisé. D’ailleurs, la réussite d’une établissement dépend en partie de cette organisation. L’entreprise est théoriquement gérée de la même manière, toutefois si toutes les sociétés fonctionnaient comme une vraie cuisine avec notamment les règles imposées dans ce domaine, leur organisation serait parfaite. Nous nous proposons donc de réaliser une série d’ateliers mettant en évidence dans un cadre nouveau, plus ludique et surtout extérieur à l’entreprise, les problématiques liées au management », souligne Caroline Joucla, responsable toulousaine de l’Atelier des Chefs.
En effectuant un travail préparatoire avec le directeur des ressources humaines, l’Atelier des chefs se propose donc d’identifier ces écueils et de sortir l’entreprise du cycle des formations habituelles. « Elles se déroulement normalement autour d’une table avec un paper-board, et sont en général lourdes à mettre en place pour une petite structure, notamment en terme d’agenda. Dans un cadre différent, presque intime, puisque d’ordinaire les salariés cuisinent pour leur famille ou leurs amis, les personnalités se révèlent plus facilement et les salariés réapprennent à dialoguer », affirme Caroline Joucla.
« La cuisine et l’entreprise : deux univers finalement assez similaires »
La formation d’une journée se déroule en plusieurs étapes. Dans un premier temps, le chef présente aux stagiaires les enjeux d’un service et l’organisation nécessaire en cuisine, tandis que le DRH met en avant les similitudes entre cet univers et celui de l’entreprise. « Ensuite, ils passent à la pratique. Les participants sont scindés en différentes équipes identifiées au préalable avec le DRH. Chaque brigade se dote d’un chef, qui a pour mission d’organiser la réalisation d’un repas en 1h30 et d’encadrer l’équipe. Le manager peut ainsi se retrouver à la place du commis », détaille Caroline Joucla. La réalisation du menu est encadrée par deux chefs, le premier les guide et le second les observe. Les participants dégustent ensuite ce qu’ils ont confectionné ensemble, « ce qui est essentiel puisque il s’agit du résultat de leur travail commun », pendant que le chef et le DRH débriefent la première partie de la journée en les préparant pour la suite.
L’après-midi, les groupes confectionnent leur goûter et se redistribuent les rôles en cuisine. « A travers ce second exercice, celui qui a été chef plus tôt va pouvoir comprendre par quoi il a péché auparavant, tandis que le commis qui a été sous les ordres va saisir les difficultés qui se sont imposées à son ancien supérieur hiérarchique. Ce jeu de rôles a un résultat immédiat, puisqu’il est donc évalué à chaud aussitôt après l’exercice. » Caroline Joucla souligne que les premiers tests ont été concluants. « Certaines personnes ont ainsi pris conscience, hors du contexte strictement professionnel, de leurs lacunes ou des difficultés de leur hiérarchie. La catharsis a opéré. »
Agnès Frémiot
Cette formation est proposée à l’Atelier des chefs, 5 rue Idrac à Toulouse
05 61 47 71 23 / www.atelierdeschefs.fr
