Coup de projecteur sur les ingénieurs cnaméens

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L’Hôtel de la Région a accueilli le 31 mai 2010 les nouveaux ingénieurs du Centre National des Arts et Métiers. Les soixante-deux promus ont pu rencontrer à l’occasion l’aréopage économique régional. Et faire le point sur les besoins des entreprises.

"Même sous la constitution la plus libre, un peuple ignorant est esclave." C’est sous l’égide du philosophe et mathématicien Nicolas de Condorcet que Christian Forestier, recteur général du Centre National des Arts et Métiers (CNAM), a placé cette cérémonie de remise des diplômes de la promotion 2009 des ingénieurs du centre. Parce qu’il s’agissait bien ce soir-là de promouvoir des années de formation continue (7 ans en moyenne), de cours du soir à ingurgiter après une journée de travail, et de week-end sacrifiés à étudier.

Si les 62 promus toulousains ont vu leur acharnement apprécié par les dirigeants d’entreprises présents, ils ont aussi pu mesurer l’écart entre leurs attentes et la réalité du terrain. L’économie nationale a assisté à une désindustrialisation galopante : - 36% entre 1980 et 2007. Dans ce contexte, les ingénieurs restent-ils une espèce protégée ? Oui, répond François Thibert, Pdg de Air Support, à condition qu’ils reprennent le droit chemin : "Beaucoup trop d’ingénieurs veulent devenir des managers, et se confrontent à des fonctions qui ne sont pas les leurs. Or nous sommes dans une problématique de pyramide des âges, et la mission de l’ingénieur d’aujourd’hui est de transmettre un savoir technique."

Des perpectives dans les PME

Des rappels à l’ordre qui ne freinent pas l’engouement des PME pour les titulaires de ce diplôme obtenu de haute lutte. Et qui a le mérite, par rapport à la voie "traditionnelle", de mettre sur le marché du travail des ingénieurs qui connaissent la vie de l’entreprise. Mais les PME sont les mal-aimées, peut-être parce que comme le suggère Anouk Déqué, présidente de la CGPME Haute-Garonne, "c’est une problématique culturelle. Nous n’avons pas l’habitude d’intégrer des ingénieurs, alors qu’on en a besoin. La rémunération est aussi un frein. Mais on embauche, rencontrons-nous ! »

Dans l’agroalimentaire aussi on attend les ingénieurs de pied ferme, martèle Guillaume Duboin, directeur général adjoint de la coopérative agricole Arterris. "Notre métier est en pleine transformation, dans les domaines de la chimie verte et du non-alimentaire. Il y a une place importante pour les ingénieurs. La production agricole est le premier poste de PIB régional. Et nous ne sommes pas délocalisables !" Un pied de nez à l’aéronautique, représentée ce soir là par Thalès Alenia Space en la personne d’Henri-Paul Brochet. Si le monde agricole rappelle aux nouveaux ingénieurs que les tracteurs disposent désormais de systèmes embarqués, l’aéronautique elle ne fait pas de ronds de jambes. "Il est plus difficile de se faire une place dans une grande entreprise. Vous vous heurterez à une hiérarchie déjà installée. La seule solution est la mobilité, de changer souvent d’entreprise." Ou de créer la sienne, pour recomposer le tissu industriel ?
Virginie Mailles Viard

Sur la photo : L’agroalimentaire offre de réels débouchés aux ingénieurs, notamment en Midi-Pyrénées où le secteur est le premier employeur industriel. Photo Agronutrition DR.

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Source : https://www.toulemploi.fr/Coup-de-projecteur-sur-les-1283