ToulEmploi

Publié le mercredi 27 juin 2018 à 16h07min par Ingrid Lemelle

3/4 : Changer de vie, du ciel aux vieilles pierres

Une sorte de r-évolution professionnelle contrôlée. Rien ne prédestinait en effet Véronique Prest à devenir conseiller immobilier…

« Je n’avais pas tout à fait 18 ans lorsque je suis entrée dans l’armée de l’Air. » Un engagement motivé par la passion pour les métiers du contrôle aérien. Le début d’une longue carrière en tant d’aiguilleur du ciel. Près de trente ans ponctués de diverses mutations, jusqu’à intégrer l’Enac en 1998. Véronique Prest enseigne alors le pilotage de simulateurs de contrôle aux étudiants. « J’y travaillais avec mon mari, également militaire, et au bout de dix ans, on nous a proposé une nouvelle affectation en Alsace… Familialement, ce n’était pas possible, et j’avoue qu’après trente ans « d’aéro », j’avais ma dose », se souvient en souriant l’ancien adjudant-chef. Le couple prend donc la décision de démissionner. « On s’est jeté dans le vide ! »

Depuis quelques années, Véronique envisageait une possible reconversion dans l’immobilier. « L’achat de notre maison avait été une expérience marquante, et en discutant avec une connaissance, j’ai été rassurée sur la diversité des profils qui évoluent dans le secteur, et mise en contact avec une agence. » Tout s’enchaîne très vite, Véronique intègre la structure et conclue ses premières ventes. « J’avais de bons résultats, la volonté et l’envie, mais j’ignorais tout des aspects techniques et juridiques du métier, et ça me posait un problème. Je venais d’une école dans laquelle tout est « carré » : on écoute, on apprend, on applique. Je ne ressentais pas forcément un besoin d’encadrement, mais de formation, si. J’aime maîtriser parfaitement ce que je fais. »

« Il faut apprendre à résister à l’appel de l’aspirateur ! »

Après trois années d’activité dans deux agences, en tant qu’agent indépendant, Véronique prend ainsi la décision de rejoindre le réseau Capifrance, qui répond justement à son désir d’être formée. Elle se retrouve en revanche à travailler depuis son domicile, une première. « Il faut apprendre à résister à l’appel de l’aspirateur ! » Puis, elle prend peu à peu de nouvelles fonctions de formatrice des nouvelles recrues, d’animatrice de groupe, des réunions d’information… en plus de celle de conseiller immobilier. Aujourd’hui, Véronique est ravie de son choix. « C’est un métier très épanouissant dans lequel on rencontre des personnes très différentes. C’est un métier difficile et chronophage également, et je n’aurais pas pu m’investir autant sans le soutien de mon mari. Je me suis lancée au bon moment aussi, car mes fils étaient déjà grands. »

Rémunérée à la commission, Véronique reconnaît en outre qu’elle ne se serait peut-être pas lancée si elle n’avait pas quitté l’armée sans une retraite proportionnelle à ses années de service. « Je suis passée du statut de fonctionnaire à celui d’agent commercial, du secteur public, qui offre une certaine sérénité, au secteur privé que j’ai pris en pleine face, alors oui, c’est certain que ça bouscule un peu (rires) ! » Autant d’écueils qu’elle n’hésite pas à partager avec les candidats qu’elle rencontre. « La profession attire beaucoup de personnes, sous l’effet notamment des émissions télé. C’est très bien, mais cela véhicule l’idée que c’est simple… or c’est un vrai métier, un métier dans lequel il y a énormément de turn-over… »
Ingrid Lemelle

Photo Hélène Ressayres - ToulEmploi.

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