Le Gouvernement a-t-il surestimé l’intérêt du RSA activité ?
A l’échelle nationale, on attendait 1,2 million de foyers liés au RSA activité. Au lancement du dispositif, ils étaient 280.000 et à peine 366.000 en septembre dernier. Nous sommes loin du compte. Le RSA activité n’a clairement pas encore trouvé son public. Il commence à peine à décoller. Si Pôle emploi a constaté une montée en charge depuis fin 2009, c’est uniquement dans le cadre de l’accompagnement du RSA socle puisque le RSA activité repose sur la base du volontariat. Il faudra bien un an pour que ce dispositif prenne toute sa dimension. En attendant, des milliers de personnes se privent de revenus complémentaires.
Comment expliquer cet écart entre les prévisions et la réalité ?
Comme je l’ai précisé, la demande pour ce complément de revenus relève d’une démarche volontaire. Il y a à mon avis un frein administratif avec le côté « paperasse » mais aussi une dimension psychologique. Peut-être un sentiment de « honte » à admettre que l’on a du mal à vivre exclusivement de son travail et à percevoir ce que certaines personnes pensent être, à tord, un minima social. Il faut dire aussi que le lancement du RSA a été marqué par un déficit d’information et beaucoup de quiproquos. Mal ficelés, les textes prévoyaient dans certains cas une perte de droits connexes comme la CMU ou les APL en cas de versement du RSA. Plusieurs personnes ont été concernées et ces péripéties ont sans doute échaudé des bénéficiaires potentiels. Des amendements à la loi de finance ont été adoptés en décembre et une loi balai sur le RSA devrait permettre de remettre un peu d’ordre dans les textes, notamment par rapport aux droits connexes. Le RSA activité est bien fait pour que les travailleurs les plus pauvres gagnent plus que s’ils ne travaillaient pas et pour les aider à sortir de ce qu’on appelle « des trappes de pauvreté ».
Quel est le montant de ce complément de revenus ?
Le RSA activité n’est pas un montant fixe, il varie en fonction de la situation familiale et des ressources perçues au sein du foyer. Une personne seule sans enfant devra gagner au maximum 1.210 euros de salaire net mensuel maximum par mois pour percevoir le RSA activité. Le montant sera de 1.816 euros pour une personne seule avec un enfant ou pour un couple sans enfant. A titre d’exemple, une personne seule avec un enfant de moins de 3 ans à charge et un salaire de 850 euros, aura droit à 276 euros de RSA. Et un couple avec deux enfants percevant une allocation logement pour un salaire de 900 euros, touchera 353,16 euros en plus de ses revenus. A noter en plus que depuis le 1er janvier dernier, la base de calcul a changé puisque le montant de l’allocation a été revalorisé de 1,2 %, correspondant à l’inflation prévue en 2010.
Propos recueillis par Johanna Decorse
