La Convention de reclassement personnalisée est-elle efficace ?

Instaurée en 2009 pour accompagner les salariés licenciés économiques, la Convention de reclassement personnalisée combine accompagnement personnalisé (assuré par Pôle emploi ou des opérateurs privés) et formation (financée par les Opca). L’Agefos PME Midi-Pyrénées, qui a financé plus de 1.800 parcours depuis la fin 2009, a souhaité en évaluer l’efficacité. Une étude que nous commentent Frédéric Toubeau, directeur de Pôle emploi Midi-Pyrénées, et Olivier Gérard, directeur de l’Agefos PME Midi-Pyrénées.


Pouvez-vous nous rappeler ce qu’était la Convention de reclassement personnalisée (CRP) - remplacée depuis septembre 2011 par le Contrat de sécurisation professionnel - ?

Frédéric Toubeau : Elle permettait aux salariés visés par une procédure de licenciement de bénéficier, après la rupture de leur contrat, de mesures favorisant un reclassement, c’est-à-dire un accompagnement personnalisé, Pôle emploi Midi-Pyrénées ayant affecté des conseillers dédiés à leur suivi (ils suivent 50 à 60 personnes contre quasiment le double pour les autres conseillers), une rémunération équivalente à 80% de leur ancien salaire brut pendant un an, et d’accéder à une formation visant un retour rapide à l’emploi, formation financée par les Opca.
Olivier Gérard : Au-delà du fait d’introduire un nouveau champs d’intervention pour nous Opca, qui nous adressions jusqu’alors essentiellement aux salariés des entreprises, la CRP a permis aux demandeurs d’emploi d’être véritablement acteur de leurs parcours professionnels, mais aussi de souligner le rôle de la formation dans la sécurisation de ces parcours, avant, pendant mais aussi après un contrat de travail.

Quels sont les principaux enseignements de l’étude réalisée auprès de 500 bénéficiaires en Midi-Pyrénées ?
OG : Que la CRP a apporté une réponse aux salariés licenciés par des PME, 90% des bénéficiaires étant issus d’entreprises de moins de dix salariés. Un point très important, car si les grands groupes mettent généralement en place des plans d’accompagnement, les TPE/PME n’avaient rien à proposer...
FT : ... alors qu’elles sont à l’origine de la majorité des licenciements. Le dispositif sécurise aussi beaucoup les bénéficiaires. Financièrement, et c’est bien sûr important, mais surtout moralement, en contribuant à un regain de confiance en eux. J’ai également été marqué par le type de formations suivies, davantage appréhendées comme des outils de « remise à niveau » et donc plutôt courtes.

Avec quels effets ?
OG : Très positifs, puisque plus de 66% des bénéficiaires interrogés ont retrouvé un emploi dans les six mois qui ont suivi leur formation.
FT : Cela confirme que la formation est un puissant levier de retour à l’emploi, pourvu d’être en lien évidemment avec le marché du travail. Notre rôle consiste d’ailleurs à confronter les demandeurs d’emploi à la réalité du marché de leur territoire...
OG : ... ce qui est là un autre plus de notre collaboration, l’Agefos PME étant au contact direct des entreprises et donc à même de faire remonter leurs besoins.

Comment va évoluer justement votre collaboration ?
FT : Nous allons continuer à accompagner les salariés licenciés dans le cadre du Contrat de sécurisation professionnel qui a élargi la cible aux salarié ayant plus d’un an d’ancienneté dans l’entreprise (contre deux ans pour l’ex CRP). Le pilotage du dispositif a lui aussi été élargi aux partenaires sociaux et aux territoires afin d’identifier les besoins et d’agir plus efficacement sur les éventuels freins.
OG : Nous collaborons en outre sur la mise en oeuvre d’un autre dispositif, la Préparation opérationnelle à l’emploi, laquelle permet cette fois à l’ensemble des demandeurs d’emploi de suivre une formation nécessaire à la signature d’un contrat de travail. Une mesure qui peut faire l’objet d’actions individuelles, mais aussi désormais collectives.
Propos recueillis par Ingrid Lemelle

Les résultats de l’étude sur les effets de la mise en oeuvre de la CRP en Midi-Pyrénées.

Sur la photo : Frédéric Toubeau, directeur de Pôle emploi Midi-Pyrénées (à gauche), et Olivier Gérard, directeur de l’Agefos PME Midi-Pyrénées. Photo Hélène Ressayres - ToulEco.

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Source : https://www.toulemploi.fr/La-Convention-de-reclassement-2524