En quoi le Fongecif est-il l’école de la deuxième voie ?

Le Fonds de gestion des congés individuels de formation (Fongecif) vient de fêter ses 30 ans. L’occasion pour son président Patrice Kaminski de présenter cet organisme parfois confidentiel, et pourtant essentiel aux salariés qui souhaitent opérer une reconversion.

Patrice Kaminski, pourriez-vous nous présenter le Fongecif ?
Le Fongecif a été créé en 1983 pour permettre aux salariés en CDI de pouvoir faire un choix individuel de formation, afin de s’assurer une progression professionnelle ou de faire le métier de leur choix. Il s’agit en quelque sorte de l’école de la deuxième voie. Le Fongecif travaille dans l’intérêt des entreprises et des salariés, à leur demande ce qui est un élément très fort de promotion sociale.

Qui est concerné par les services du Fongecif ?
En Midi-Pyrénées, 680.000 salariés et 70.000 entreprises sont concernés. Le Fongecif gère en effet les Cif (congés individuels de formation) pour les salariés en CDI, et les CIF-CDD pour les titulaires et les ex-titulaires d’un CDD.

Quelle est son organisation ?
La gestion du Fongecif est paritaire. Son conseil d’administration est en effet composé à égalité d’organisations représentatives de salariés et d’employeurs. Il est financé par les entreprises de plus de vingt salariés pour les CIF et pour l’ensemble des entreprises pour les Cif-CDD. Le Fongecif compte vingt-et-un salariés sur son site toulousain, mais des conseillers assurent des permanences dans les huit départements de la région via un partenariat avec la Sarapp [1] et les Maisons communes emploi-formation (MCEF). Nous cherchons ainsi à être au plus près des salariés, à ce que nos services leur soient accessibles géographiquement, à trente minutes maximum.

Quelles sont ses missions ?
Nos missions primaires sont de trois ordres : accueil, information et orientation. Nous désirons avant tout rendre le service attendu aux salariés, que leur projet de formation soit déjà élaboré ou au démarrage.

Pour quels résultats ?
En 2012, 2103 dossiers on été acceptés. Nous favorisons ceux qui ont un effet levier, comme la validation des acquis de l’expérience (VAE), les bilans de compétences ou les Cif-CDD. Les Cif-CDD sont systématiquement validés, tout comme les VAE et les bilans de compétences, tandis que 55% des demandes de Cif-CDI sont acceptées. En 2012, nous avons financé 829 Cif-CDI sur les 1700 demandés. Je tiens d’ailleurs à souligner que le financement des demandes des salariés n’est acceptable que dans la limite de la collecte et qu’aujourd’hui le financement du Fongecif est lié à la bonne santé financière des entreprises de la région. Aujourd’hui, nous finançons tous les demandes à condition que le salarié persévère dans son projet et le réactualise.
Il faut attendre en moyenne un an.

Quel bilan dressez-vous pour votre anniversaire ?
Le dispositif reste un peu confidentiel, voilà pourquoi nous avons souhaité célébrer nos trente ans d’existence. Les grandes entreprises le connaissent mieux que les petites. Nous affichons aujourd’hui un taux de réussite supérieur à 80%, très supérieur à la formation initiale, même pour des personnes qui étaient en échec scolaire, car il s’agit d’un engagement fort et réfléchi.
Propos recueillis par Agnès Frémiot

Sur la photo : Patrice Kaminski, président du Fongecif Midi-Pyrénées. Crédits : Hélène Ressayres - ToulEmploi.

Notes

[1Les Sites antennes rurales de l’atelier de pédagogie personnalisée (Sarapp) sont des unités du Greta, l’organisme public de formation professionnelle des adultes

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Source : https://www.toulemploi.fr/En-quoi-le-Fongecif-est-il-l-ecole-de-la-deuxieme-voix,11825