Comment l’Afpa Occitanie parvient-elle à garder une longueur d’avance ?

Agile et tournée vers l’avenir, l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes a su s’adapter avec beaucoup de réactivité à la pandémie. Et répondre présent aux besoins de ses stagiaires comme de ses partenaires.

Comment l’Afpa s’est-elle adaptée à la crise sanitaire ?
Alain Mahé, directeur régional de l’Afpa Occitanie, PACA et Corse : Nous avons tout d’abord adapté nos formations aux contraintes du premier confinement, en proposant autant que possible du distanciel tout en veillant à maintenir le lien pédagogique avec nos stagiaires. Nous avons, à ce titre, accéléré les différentes évolutions que nous avions engagées en la matière, notamment pour pouvoir sécuriser les apprentissages. Les modalités pédagogiques changent et reposent aujourd’hui sur un ensemble de ressources et de méthodes nouvelles, à l’image des classes inversées ou des apprentissages entre pairs. Cette crise a accentué l’intérêt que nous avions tous à repenser notre façon de former, et l’Afpa contribue pleinement à cette évolution, comme en témoigne notre plateforme numérique Meltis. Mis à disposition de nombreux CFA au printemps 2020, elle propose désormais 170 parcours de formation en ligne et, surtout, tout un tas d’outils et de fonctionnalités qui permettent de suivre et de mesurer l’apprentissage de ses utilisateurs. Ce qui est essentiel !
Nous avons aussi réorganisé évidemment nos centres, afin d’accueillir nos stagiaires dans les meilleures conditions possibles. Et je suis heureux de constater que nous n’avons pas eu à déplorer de cluster.

Quels sont les cursus qui restent porteurs ?
Alain Mahé : Nous notons que le bâtiment est très bien reparti, autant sur les métiers techniques, que sur les études et les fonctions d’encadrement. Nous continuons également à accompagner le développement de la fibre.
Dominique Costiou, directeur régional adjoint de l’Afpa Occitanie : Le e-commerce se développe aussi beaucoup, et génère des besoins en développeurs, comme en vendeurs et en chargés d’affaires. En lien, la logistique recherche aussi du personnel et notre centre de Montauban a par exemple formé et placé en CDI onze demandeurs d’emploi au printemps. Nous accompagnons aussi la demande des structures d’accompagnement des personnes âgées, ainsi que celle des entreprises de services aux entreprises dans le secteur de l’hygiène et de la propreté.

Allez-vous créer de nouvelles formations ?
Dominique Costiou :
Oui, nous allons notamment ouvrir de nouvelles formations de mécanicien réparateur spécialisé dans les vélos électriques, et de technicien en infrastructures de recharge de véhicules électriques.
Alain Mahé : Dans la même idée, nous avons des projets dans le Tarn et l’Aveyron pour accompagner le secteur du recyclage des batteries, et souhaitons nous inscrire dans le développement de la filière hydrogène en Occitanie.

L’Apprentissage est en fort développement, est-ce le cas à l’Afpa ?
Alain Mahé : Oui bien sûr. Nous sommes passés de 350 apprentis à 500, et nous avons la volonté de continuer à développer cette voie dans tous les domaines. L’Afpa préparant à des Titres professionnels, les cursus sont plus courts, généralement d’un an voire moins. Et les entrées s’effectuent tout au long de l’année.

Vous avez également des dispositifs « maison » tels que Eloce qui vient de recevoir un prix lors des Trophées du digital learning, de quoi s’agit-il ?
Dominique Costiou : Ce dispositif, né en Occitanie, repose sur le principe d’un apprentissage en entreprise simulée. Les stagiaires développent leurs compétences au travers de projets réels d’entreprises partenaires, encadrés par une équipe pédagogique qui occupe les fonctions managériales d’une organisation classique. Deux Eloce centers existent aujourd’hui à Montpellier et Toulouse, et cela fonctionne très bien.
Nous avons aussi lancé les Promo 16-18 en direction des jeunes mineurs en décrochage scolaire. Un accompagnement de quatre mois qui se développe progressivement sur tous nos sites, l’objectif étant de permettre à 2500 jeunes de reprendre confiance en Occitanie.
Alain Mahé : Nous nous efforçons d’être toujours très innovants et à la pointe des évolutions, tant en termes de pédagogie que d’offre de formations, pour pouvoir répondre aux grands enjeux économiques et sociaux des territoires.
Propos recueillis par Ingrid Lemelle

Sur la photo : Inaugurés le 24 janvier dernier, les Eloce centers ont été distingués lors des derniers Trophées du digital learning. Photo Afpa.

Réagir à cet article

Source : https://www.toulemploi.fr/Comment-l-Afpa-Occitanie-parvient-elle-a-garder-une-longueur-d,31030