Comment combiner travail et carrière sportive de haut niveau ?

La vice-championne d’Europe de Kendo est toulousaine. Inès Loïdi, Kendoka 3ème dan, a 23 ans. Pour réussir l’exploit de grimper sur les podiums, tout en gagnant sa vie, il a lui fallu de la ténacité, et une rencontre... sur un marché de Noël. Avec La Marchande de Violette.

Inès Loïdi, quand et comment avez-vous rencontré cet art martial, le Kendo ?
Mon père, Pascal Loïdi, est vice-champion du monde, et d’Europe, de Karaté. Il avait monté un Dojo à Toulouse. Avec mes trois frères, nous avons grandi dans les arts martiaux. J’ai commencé le Karaté à 4 ans, et le Kendo dès 7 ans. Mon père ne nous poussait pas à la compétition. J’y suis allée toute seule, à 17 ans, pour les championnats de France à Paris. C’était ma première compétition, mon premier podium, ma première médaille. Je suis la seule Kendoka de Midi-Pyrénées sélectionnée en équipe de France.

Quel est votre parcours universitaire ? Quel avenir professionnel envisagiez-vous avant d’intégrer Les Poupées d’Horphin ?
J’ai suivi deux années de LEA (Langues étrangères appliquées) à Université de Toulouse II-Le Mirail. C’était compatible avec le Kendo, puisqu’il n’y a pas cours le week-end, au moment des stages. Et si les partiels tombent pendant les compétitions, on peut passer l’examen plus tard. Mais l’année de mes 21 ans, j’ai arrêté les études. J’ai passé un diplôme d’hôtesse de l’air. La seule réponse positive est venue de Dubai. Partir vivre si loin, signifiait abandonner ma place au sein de l’équipe de France, où je venais d’être titularisée.

Cela semblait alors mission impossible que de concilier vie professionnelle et sports de haut niveau ?
En France et en Europe oui. Parce que le Kendo est un sport amateur. En Corée et au Japon c’est professionnel. Là-bas ils se lèvent le matin pour faire du Kendo ! Mais j’ai eu la chance de rencontrer Kathia Magron. Elle savait que je cherchais un travail ponctuel, qui me permettrait de vivre et de continuer mes compétitions. Elle m’a proposé au départ de l’aider lors des marchés de Noël. Les Poupées d’Horphin, c’est une entreprise familiale qui a 60 ans, et qui confectionne la poupée « La Marchande de Violette ». La grand-mère de Katia avait monté une clinique pour réparer ces poupées de collection. Aujourd’hui on s’est diversifié avec des produits sucrés, et du linge autour de la violette. C’est un travail d’artisan, nous ne concevons pas des produits pour touristes.

Qu’est-ce qui a fait que cette rencontre a été la bonne ?
Katia m’a embauchée à plein temps, et a créé un contrat sur mesure pour que je poursuive cette carrière de Kendo. Heureusement, par ce que malgré mes médailles, je ne suis pas soutenue financièrement par la ville de Toulouse. Contrairement à mes collègues de la ville de Saint-Étienne, qui portent les armoiries de leur ville sur leurs sacs de sports, leurs vêtements...

Qu’est-ce qui se prépare pour 2014 et 2015 ?
En avril 2014, ce sont les championnats d’Europe, puis en mai, les championnats de France. Je pars ensuite quinze jours au mois d’août au Japon, pour préparer les championnats du monde à Tokyo de 2015.
Propos recueillis par Virginie Mailles Viard

Sur la photo : Inès Loïdi est la seule Kendoka de Midi-Pyrénées à être sélectionnée en équipe de France. DR.

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Source : https://www.toulemploi.fr/Comment-combiner-travail-et-carriere-sportive-de-haut-niveau,12948