Ingénierie : quels besoins en compétences à Toulouse et Montpellier ?

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Avec respectivement 27.540 et 5400 salariés dans les entreprises d’ingénierie, Toulouse et Montpellier figurent parmi les huit bassins d’emploi étudiés par l’OPIIEC. Publiée en septembre dernier, cette étude décrypte les dynamiques économiques locales et leurs conséquences sur les recrutements et les compétences recherchées.

Comment les spécialisations économiques des territoires influencent-elles les besoins en ingénieurs et techniciens ? C’est la question centrale de l’étude réalisée par le cabinet OCO Global pour l’Observatoire paritaire des métiers du numérique, de l’ingénierie, du conseil et de l’événement (OPIIEC). À partir de 45 entretiens et d’une enquête réalisée auprès de 117 entreprises d’ingénierie et de données économiques, elle analyse huit bassins d’emploi français, dont Toulouse et Montpellier. Objectif : identifier les filières porteuses, anticiper les besoins en compétences et mieux adapter l’offre de formation aux réalités locales.

À Toulouse, l’ingénierie reste étroitement liée à l’aéronautique et au spatial. Avec 27.540 salariés dans les entreprises du secteur, le bassin constitue un pôle majeur, mais demeure fortement exposé aux cycles de ces industries. L’étude met toutefois en évidence une diversification des compétences recherchées, notamment vers le numérique, le New Space, l’e-santé, les énergies et les matériaux innovants. Les besoins de recrutement des entreprises d’ingénierie pourraient ainsi progresser de 13 % au cours des trois prochaines années.

À Montpellier, les perspectives apparaissent plus dynamiques encore. Porté par la recherche, la santé et le numérique, le bassin compte 5400 salariés dans les entreprises d’ingénierie et affiche une hausse projetée de 17 % des besoins de recrutement à trois ans. Les compétences recherchées concernent principalement les énergies, la pharmacie, les biotechnologies et les systèmes énergétiques. Deux profils économiques différents qui illustrent l’importance des spécialisations territoriales dans l’évolution des métiers.

IA et compétences transversales : les nouveaux défis

Au-delà des spécificités territoriales, l’étude identifie des besoins communs. L’intelligence artificielle arrive en tête des compétences à développer dans les cinq prochaines années (53 % des entreprises interrogées), devant l’analyse de données (37 %) et l’ingénierie environnementale (35 %). Les employeurs accordent également une importance croissante à l’adaptabilité (58 %) et à la gestion de projets complexes (55 %).

Les difficultés de recrutement concernent surtout les chefs de projets expérimentés (41 %) et les ingénieurs spécialisés (39 %). Pour y répondre, l’OPIIEC recommande d’adapter les formations aux besoins émergents, de renforcer les compétences transversales et de faciliter les reconversions vers les métiers en tension. Enfin, l’étude rappelle que 56 % des entreprises réalisent au moins la moitié de leur chiffre d’affaires hors de leur région, ce qui relativise le poids des seules dynamiques locales dans leurs besoins en compétences.
Ingrid Lemelle

Crédit photo : Pexels de Pixabay.

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Source : https://www.toulemploi.fr/Ingenierie-quels-besoins-en-competences-a-Toulouse-et,53864