Mettre ses compétences au service de plusieurs employeurs. L’idée fait son chemin. Depuis sa reconnaissance par la loi en 2005 et en raison de la frilosité ou de l’impossibilité de certaines entreprises à recruter à temps plein, le travail à temps partagé séduit de plus en plus de PME et donc de personnes en recherche d’emploi. Si ces opportunités sont très souvent vécues au départ comme une option faute de mieux, nombreux sont ceux qui y trouvent finalement de multiples intérêts. « Je ne savais même pas que cela existait, je cherchais simplement un emploi en CDI dans les Ressources humaines, mais aujourd’hui, je suis ravie, au point que je ne crois pas que j’accepterai un CDI dans une seule et même boite désormais ! », rapporte Josiane Joubert.
Au registre des avantages liés au temps partagé, figure en premier lieu celui de pouvoir bénéficier d’un statut salarié. Que les personnes multiplient les contrats directement avec les entreprises, via un groupement d’employeurs, une entreprise de travail à temps partagé ou de portage salarial, elles bénéficient en effet du statut de salarié et, dans la majeure partie des cas, de CDI (la loi stipule qu’un contrat de travail à temps partagé « est réputé être à durée indéterminée »). « Or le fait de cumuler plusieurs CDI permet, dans le cas où on perd un de ses emplois, de pouvoir toujours compter sur moins un autre salaire », souligne Claude Cazales, adepte depuis 8 ans de ce mode de travail en tant que formateur à Tarbes et Muret.
« Lorsqu’on est cadre, et à condition bien sûr d’être polyvalent, il est par ailleurs beaucoup plus facile de « vendre » ses compétences à une PME, ajoute Jean Prévost, voire même de les vendre plus chères que si on les proposait à une seule entreprise. » Ce dernier, qui a travaillé pendant 5 ans pour trois entreprises toulousaines dans les domaines de l’informatique, la qualité et l’organisation, estime que le temps partagé est également « très enrichissant ». « Dans une PME, tout est très souvent à faire, ce qui contraint à une créativité très intéressante, observe elle aussi Josiane Joubert. Pour ma part, je cumule un emploi de chargée de personnel et un autre de formatrice dans les RH, deux facettes de mon métier qui se nourrissent l’une de l’autre. »
Le temps partagé n’est pourtant pas exempt de tout défaut. Il faut ainsi avoir le tempérament pour. « Il est nécessaire d’avoir une mentalité d’indépendant », fait remarquer Claude Cazales. « Il faut être aussi parfaitement organisé, rigoureux, intègre et faire preuve d’adaptabilité », note Jean Prévost. Josiane Joubert, quant à elle, met les candidats en garde contre l’aspect chronophage du temps partagé. « Sans une très bonne organisation et si on ne prend pas la précaution de poser certaines limites, on peut certes se laisser phagocyter… » Reste enfin la mobilité, une contrainte à laquelle le travailleur à temps partagé est généralement confronté.
Ingrid Lemelle
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