ToulEmploi

Publié le lundi 18 juillet 2011 à 17h45min par Ingrid Lemelle

« On ne s’improvise pas community manager »

Article diffusé le 11 avril 2011

Apparu il y a très peu de temps avec l’explosion des réseaux sociaux, le métier de community manager semble devenu indispensable aux entreprises comme aux collectivités. Aurore Beugniez, community manager pour le Grand Toulouse, livre quelques pistes pour comprendre la nature de ce nouveau métier (...)

Ipad à la main, Aurore Beugniez avoue d’emblée qu’elle appartient clairement à la « génération Y ». « Je me suis mise à internet en 1998, j’avais alors dix ans. » Pour autant, elle réfute le terme de « geek », trop péjoratif à son goût. A 23 ans, la jeune femme est aujourd’hui le community manager du Grand Toulouse, un métier qui la passionne.

« J’ai eu la chance d’être au bon endroit au bon moment. En 2009, quand le web 2.0 a explosé, j’étais en stage à la Mairie de Toulouse qui lançait justement toulouse.fr et un ensemble de projets sur lesquels j’ai pu m’impliquer. De plus, la ville s’est positionnée très tôt sur Facebook et a su parier sur Twitter alors que le réseau de micro-blogging n’avait pas encore explosé. » Un pari audacieux qui a porté ses fruits puisqu’aujourd’hui la ville de Toulouse est celle qui compte le plus de « followers »en France. « Nous comptons également 2.500 fans Facebook et allons bientôt créer deux groupes facebook pour la communauté étudiante et le sport. »

Aurore Beugniez a cependant des difficultés à décrire précisément cette profession. « Le community manager doit maîtriser l’image d’une marque ou, dans le cas présent, d’une collectivité. Il est en veille permanente et doit être prêt à réagir quand apparaissent sur le net des mentions à son employeur, mais il a également à cœur de développer des communautés sur l’ensemble des réseaux sociaux. Dans sa journée, un community manager assure donc une mission de veille, d’animation des communautés, mais également de conseils. »

« L’image du community manager est étroitement associée à la marque qu’il défend »

Un bon community manager ne doit pas compter son temps, martèle également Aurore Beugniez. « Ma journée de travail n’est pas terminée à 17 heures, et ne s’arrête pas le week-end, il faut que je sois perpétuellement en veille via mon smart-phone pour renseigner la communauté. » En outre, l’image du community manager est étroitement associée à celle de la marque ou de la collectivité qu’il représente et Aurore n’hésite pas à se mettre en avant sur la toile pour « humaniser » son métier et être « la personne » derrière le média social. « Il faut clairement croire en ce qu’on défend. »

Si aucune formation n’est encore dispensée pour enseigner ce métier, tout nouveau, Aurore Beugniez tient à préciser qu’on ne « s’improvise pas » community manager« . »Notre métier ne se limite en effet pas à passer la journée derrière un écran à répondre à différentes sollicitations. Nous devons développer une véritable stratégie pour la marque ou la collectivité que nous représentons.« Aurore estime de plus qu’un bon professionnel doit être passionné du web, curieux et imaginatif, »capable d’exploiter les réseaux sociaux et de leur trouver de nouveaux usages." Aujourd’hui, les annonces se multiplient dans ce registre et le réseau compte énormément pour trouver un poste.
Agnès Frémiot

Sur la photo : Aurore Beugniez, community manager pour le Grand Toulouse. Photo Hélène Ressayres - ToulEco.