Ipad à la main, Aurore Beugniez avoue d’emblée qu’elle appartient clairement à la "génération Y". "Je me suis mise à internet en 1998, j’avais alors dix ans." Pour autant, elle réfute le terme de "geek", trop péjoratif à son goût. A 23 ans, la jeune femme est aujourd’hui le community manager du Grand Toulouse, un métier qui la passionne.
"J’ai eu la chance d’être au bon endroit au bon moment. En 2009, quand le web 2.0 a explosé, j’étais en stage à la Mairie de Toulouse qui lançait justement toulouse.fr et un ensemble de projets sur lesquels j’ai pu m’impliquer. De plus, la ville s’est positionnée très tôt sur Facebook et a su parier sur Twitter alors que le réseau de micro-blogging n’avait pas encore explosé." Un pari audacieux qui a porté ses fruits puisqu’aujourd’hui la ville de Toulouse est celle qui compte le plus de "followers"en France. "Nous comptons également 2.500 fans Facebook et allons bientôt créer deux groupes facebook pour la communauté étudiante et le sport."
Aurore Beugniez a cependant des difficultés à décrire précisément cette profession. "Le community manager doit maîtriser l’image d’une marque ou, dans le cas présent, d’une collectivité. Il est en veille permanente et doit être prêt à réagir quand apparaissent sur le net des mentions à son employeur, mais il a également à cÅ“ur de développer des communautés sur l’ensemble des réseaux sociaux. Dans sa journée, un community manager assure donc une mission de veille, d’animation des communautés, mais également de conseils."
Un bon community manager ne doit pas compter son temps, martèle également Aurore Beugniez. "Ma journée de travail n’est pas terminée à 17 heures, et ne s’arrête pas le week-end, il faut que je sois perpétuellement en veille via mon smart-phone pour renseigner la communauté." En outre, l’image du community manager est étroitement associée à celle de la marque ou de la collectivité qu’il représente et Aurore n’hésite pas à se mettre en avant sur la toile pour "humaniser" son métier et être "la personne" derrière le média social. "Il faut clairement croire en ce qu’on défend."
Si aucune formation n’est encore dispensée pour enseigner ce métier, tout nouveau, Aurore Beugniez tient à préciser qu’on ne "s’improvise pas" community manager". "Notre métier ne se limite en effet pas à passer la journée derrière un écran à répondre à différentes sollicitations. Nous devons développer une véritable stratégie pour la marque ou la collectivité que nous représentons." Aurore estime de plus qu’un bon professionnel doit être passionné du web, curieux et imaginatif, "capable d’exploiter les réseaux sociaux et de leur trouver de nouveaux usages." Aujourd’hui, les annonces se multiplient dans ce registre et le réseau compte énormément pour trouver un poste.
Agnès Frémiot
Sur la photo : Aurore Beugniez, community manager pour le Grand Toulouse. Photo Hélène Ressayres - ToulEco.
Bonjour Agnès,
Je comprends Aurore et j’ajouterai que si l’on ne s’improvise pas CM, on en oublie bien souvent tout un pan : la technique.
Savoir communiquer, utiliser les réseaux sociaux et manipuler un matériel "Geek", est aussi évident que de savoir lire et écrire. Ce n’est pas cela qui fait d’un internaute, un(e) CM.
Ce métier implique de l’expérience et des connaissances qui vont au delà du simple usage des réseaux sociaux. Il faut aussi partager avec votre premier client, une même vision, une même étique parce qu’il faut représenter et défendre les intérêts d’une entreprise, d’une marque, d’un produit et parfois d’une personne et qu’au delà de ces heures de travail, vous devez avoir envie de parler en bien de ce que vous représentez. Être CM, c’est aussi comprendre, écouter le marché, s’imprégner et surtout respecter l’autre – l(a/e) client(e). Il faudra jongler avec les intérêts de l’entreprise, le respect du client et être un moteur d’évolution en sachant faire profiter du feedback.
Il ne faudra pas confondre ce métier avec un autre, bien plus ancien et limiter à la gestion de forums et de communautés virtuelles : celui de modérateur.
Cordialement. Michel
Votre article est vraiment passionnant notamment car ma fille cherche à faire ce genre de métier bien particulier et assez nouveau dont j’ai du mal à cerner les finalités. Votre article m’a un peu rassuré quand même
Chef de culture en maraîchage biologique vous (lire la suite)
Vous possédez une bonne expérience des métiers (lire la suite)
Ingénieur avant vente en sécurité informatique, (lire la suite)
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