Quel est le poids du secteur de la finance en Midi-Pyrénées ?

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Si l’image du secteur de la finance peut aujourd’hui paraître « brouillée » du fait des crises successives, il recrute abondamment en Midi-Pyrénées et doit même faire face à des problématiques d’embauches. Les profils commerciaux à bac + 2 sont aujourd’hui ceux qui l’intéressent le plus, même si les seniors ont également ses faveurs.

Selon le Baromètre de l’emploi en finance réalisé par Dog Finance en janvier dernier, malgré les turbulences sur les marchés financiers et la crise de la dette, les banques restent les premiers recruteurs en finance, avec plus d’un tiers du volume d’embauches. Cette étude précise cependant que parmi les métiers de la banque, comme dans ceux de l’assurance, ce sont principalement les fonctions commerciales qui opèrent ces recrutements. En revanche, dans les métiers en banque de financement et d’investissement, pratiquement aucun recrutement n’est effectué actuellement. L’audit et la comptabilité se portent, eux, plutôt bien malgré la crise. Ils arrivent en deuxième position avec près d’un quart du volume.

Une augmentation de l’offre de recrutement sur ces secteurs entre 2010 et 2011

En Midi-Pyrénées, la banque représente 38,1% des recrutements (contre 34,1% au national), l’assurance 20,8% (22,3%), l’audit et la comptabilité 17,8% (24,6%) et l’immobilier 23,3% (19%). « Au Pôle emploi, nous avons mené une enquête comparative sur l’évolution de l’emploi dans les métiers des assurances, de la banque et de la finance en Midi-Pyrénées entre 2010 et 2011, indique Sylvie Foucault, directrice de l’agence Pôle emploi Jolimont, spécialisée dans la banque assurance et les services financiers Nous constatons une très nette augmentation des offres entre ces deux années. Ainsi, elles étaient 2.300 en 2010, et 3.400 en 2011. Cette hausse est remarquable dans les métiers de l’assurance, qui comptent à eux-seuls pour 636 offres, contre 321 pour la banque. Nous remarquons également une croissance significative des offres d’emplois non-salariées. Elles se portaient à 560 en 2010, et étaient 1.300 en 2011. La demande d’emploi a également connu une augmentation entre ces deux années (150). En revanche, elle est plus importante dans la banque que dans l’assurance, ce qui est en contradiction avec le marché. »
De son côté, Philippe Perret, directeur général du cabinet spécialisé en RH Menway (à droite de la photo) remarque, comme au niveau national, une augmentation de l’offre rattachée aux postes de commerciaux. « Dans les moments de crise, on recrute traditionnellement des commerciaux. » Dans l’intérim, le poids des métiers de l’assurance et de la finance représente 400 équivalents temps plein soit 4% du marché de l’emploi salarié en Midi-Pyrénées, et il s’agit essentiellement d’employés (90%), constate Bernard Petit, directeur général de Toulouse Intérim et délégué régional du Prisme. « Ce qui est conforme au niveau national, où ces métiers représentent 1% de l’emploi intérimaire pour 9000 équivalents temps plein. En revanche, la proportion de cadres est plus importante au niveau national. » Bernard Petit note également que ses clients ne se comptent pas directement dans les métiers de la finance ou de l’assurance, mais parmi les acteurs de l’industrie, du bâtiment ou des services qui cherchent à recruter pour leurs besoins propres.

Paul Damon, responsable Gestion Carrières - Recrutement à la Banque Populaire Occitane, évoque, lui, des recrutements pour reconstituer l’emploi des baby-boomers au sein de sa structure, qui s’avèrent souvent durables. « Nous embauchons des débutants que nous cherchons à faire évoluer vers des emplois pérennes via la promotion interne. En quatre ans, à la Banque Populaire Occitane, nous avons connu 2.000 changements de métier, ce qui illustre parfaitement cette volonté. Nous recrutons, par ailleurs, en moyenne 70 à 80 collaborateurs par an sur la base de candidatures spontanées. Nous en recevons entre 2.000 et 2.500 chaque année. Pour autant, nous avons également recours aux services de Pôle emploi pour trouver des profils particuliers ou des postes dans des zones géographiques données. Dans notre recrutement, nous ciblons un éventail d’âges le plus large possible afin d’équilibrer notre pyramide. Enfin, nous considérons les CDD comme un vivier de CDI. Nous en comptons en moyenne 120 en permanence dans notre société. 90% de nos CDI sont issus de CDD. »

De nouveaux profils recrutés et une augmentation du niveau exigé

Selon l’enquête menée par Dog Finance, les formations Bac / Bac + 2 représentent 68,2% en Midi-Pyrénées des recrutements. L’Agefos PME Midi-Pyrénées, qui collecte les fonds formation de branches et notamment celles de la Caisse d’Epargne, du Crédit Mutuel et de la Banque postale, étudie ce secteur professionnel via le prisme particulier des contrats de professionnalisation. « Le volume est stable. Les banques recrutent régulièrement pour un contingent d’en moyenne 30 personnes par an, indique Véronique Latreille, conseillère en formation à l’Agefos PME Midi-Pyrénées. Parmi les variations, nous constatons une évolution favorable aux personnes plus âgées, et une croissance des contrats de professionnalisation adultes de plus de 26 ans. Nous remarquons également une augmentation du niveau exigé : les entreprises se contentaient auparavant du bac et désormais, privilégient le bac + 2. » Du côté de la formation, l’ESGC&F forme à l’expertise-comptable et à l’audit, deux métiers importants dans l’entreprise.

« Nous comptons en moyenne une vingtaine de jeunes par classe en formation initiale et en alternance. La demande est plus forte en contrat de professionnalisation, car les jeunes ont envie d’assurer leur insertion professionnelle », souligne Guillaume Médard, conseiller en Recrutement et Formation à l’ESGC&F Toulouse.
Stéphane Saint-Martin, expert-comptable membre du groupement DK Partners, et formateur à la CCI du Lot remarque, lui, que l’alternance est un bon compromis pour acquérir les compétences techniques nécessaires dans son métier. Jean-François Verdié, responsable du Pôle Economie/Finance du Groupe ESC Toulouse indique que dans cette période troublée les jeunes redécouvrent les charmes « du réseau », délaissant les banques de financement et d’investissement, en attendant que le marché soit meilleur. « La variable d’ajustement se fait actuellement sur le temps nécessaire pour trouver un premier emploi. Nous constatons également souvent un report de la décision d’entrer sur le marché de l’emploi qui se fait en faveur de poursuite d’études dans des mastères spécialisés. Quant à l’apprentissage, sans aller jusqu’à dire qu’il s’agit d’une voie royale, j’y suis très favorable car il réconcilie la formation avec l’expérience professionnelle et l’entreprise. » Sylviane Fontana, directrice de Capitolis (formation continue du Groupe ESC Toulouse) abonde dans ce sens en remarquant que les mastères spécialisés intéressent de plus en plus des profils scientifiques (type ingénieur) qui cherchent ainsi à s’outiller massivement. « Nous proposons deux formats : full-time pour les étudiants et part-time pour des adultes déjà expérimentés qui reviennent à l’école se former. Quant à l’alternance, nous avons un partenariat avec la Banque postale pour former des jeunes dotés d’un Bac + 2, afin qu’ils deviennent conseillers bancaires. »

Des problématiques de recrutement

Paul Damon revient sur les défis que son entreprise doit relever dans le recrutement. « Nous avons mis en place des actions au sein du groupe afin d’induire dans la gestion de nos ressources humaines l’équilibre des âges, afin de choisir et non de subir, ce qui amène des complémentarités au sein des équipes, entre maturité et dynamisme. Mais nous faisons face à une problématique claire : comment trouver des profils complets. Nous sommes donc par la force des choses très sélectifs avec 70 CDI par an, même si nous réalisons de très lourds investissements en formation. » Du côté de Pôle emploi, Sylvie Foucault remarque que sa structure est surtout sollicitée pour des profils de commerciaux à Bac + 2 minimum. « Nous travaillons également en partenariat avec les banques et les assurances sur des profils atypiques : travailleurs handicapés ou seniors. Une assurance mène également un travail de fond avec une école de type école de la deuxième chance. Ce sont des profils qui n’étaient pas forcément recrutés, il y a quelques années. » Philippe Perret souligne, lui, que « la conjoncture impose aux entreprises de travailler sur un savoir-faire immédiat. Toutes les entreprises ne réagissent pas comme les banques. L’évolution n’est pas la tendance lourde du marché. Dans l’entreprise, les gens sont bien souvent employés pour une mission. » Il constate également qu’avec la crise, les collaborateurs ont tendance à rester en poste. « L’herbe paraît toujours plus jaune dans le pré d’à côté et si on maîtrise la santé de son employeur, on ne connaît pas forcément celle de ses concurrents. »

Stéphane Saint-Martin, indique que « les attentes sont plus fortes du côté de l’entreprise avec la crise, et qu’elle exige de ses collaborateurs qu’ils soient des experts polyvalents. La complexification du social et du fiscal impose un accompagnement plus grand de la clientèle de l’expert-comptable et donc des besoins en personnel expérimenté et compétent. Il faut privilégier la formation continue pour faire progresser les débutants. Nous faisons face actuellement à un marché tendu dans notre branche. De plus, outre les pré-requis techniques, l’expert-comptable doit de plus en plus se doter d’une dimension commerciale. » Bernard Petit souligne que l’alternance est un vecteur essentiel pour répondre aux besoins du secteur qui sont supérieurs à la capacité du bassin d’emploi en termes de qualifications : « L’alternance offre une plus grande employabilité au bassin économique. »

Jean-François Verdié relève le succès des formations dédiées à l’analyse financière qui permettent de vulgariser le système, et qui intéressent aussi bien les responsables de business unit, que les collaborateurs des grandes entreprises qui saisissent ainsi mieux les enjeux financiers qui se jouent dans leur structure. « Nous avons même reçu des infirmières en formation, qui ont été ravies de découvrir le volet financier de leurs employeurs », témoigne Sylviane Fontana. Autre aspect essentiel dans le monde de la finance, selon Paul Damon, « le développement de la compétence managériale », qui évite dans « le cas d’une crise de croissance aux relais de s’effilocher. » Sylvie Foucault, elle, remarque que les problèmes de recrutement sont liés à la mobilité des demandeurs d’emploi et à leur crainte d’embrasser une carrière réputée commerciale.

Quelles perspectives pour les recrutements dans le secteur ?

« A en croire les chiffres de l’Apec, relève Philippe Perret, nous pourrions être entre – 10 et + 8% pour les recrutements à l’avenir. » Jean-François Verdié surenchérit en rappelant que Midi-Pyrénées reste une terre d’attraction, ce qui pèse sur le marché de l’emploi. « Certains font le choix de rester dans la région, quitte à baisser leurs revendications salariales. » Il poursuit en remarquant que le marché de l’audit est « un indicateur avancé du marché de l’emploi ». « En période de crise, beaucoup se repositionnent dans ce secteur en attendant que les banques de financement et d’investissement retrouvent des couleurs. Dès que le marché repart, ils quittent l’audit et repartent dans la banque. Logiquement, dès que les embauches reprennent dans les grands cabinets, les activités sont donc reparties. » Paul Damon fait, lui, le pronostic, que la banque continuera de recruter dans les cinq prochaines années notamment pour renouveler les emplois d’experts. « Mais nous tendrons vers un recrutement plus qualitatif que quantitatif. Nous irons vers des recherches plus ciblées et moins de recrutement de masse. De plus, le turn-over devrait rester faible aux alentours de 1 à 2% par an. » Mais la banque devra se sortir de son image brouillée par la crise en ayant peut-être une démarche proactive en direction des jeunes.
Agnès Frémiot

A noter que l’agence Pôle emploi de Jolimont organisera, dans ses locaux à Toulouse, un forum emploi spécifique aux profils commerciaux dans les secteurs bancaire, assurance et services financiers le 3 avril prochain.

Photos Hélène Ressayres - ToulEco.

Nos remerciements à l’équipe de la Maison Samaran, 18 place Victor Hugo à Toulouse, pour son accueil chaleureux.

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Source : https://www.toulemploi.fr/Quel-est-le-poids-du-secteur-de-la-2418