Les Coopératives d’activité et d’emploi restent encore méconnues du grand public. Comment expliquer simplement ce modèle hybride entre entrepreneuriat et salariat, et à qui s’adresse-t-il ?
Nées dans les années 1990, les Coopératives d’activité et d’emploi (CAE) s’adressent aujourd’hui à des profils très variés. Certaines sont multiactivités et regroupent des profils aussi divers que formateurs, coiffeurs ou informaticiens. D’autres sont sectorielles, notamment dans l’agriculture ou le bâtiment. Ou encore ciblées métiers, comme par exemple dans le conseil et la formation, ou les chauffeurs VTC qui se développent beaucoup.
On compte plus de 160 CAE en France, dont une quinzaine en Occitanie. Elles accompagnent plus de 11.500 entrepreneurs et génèrent un chiffre d’affaires global de 324 millions d’euros.
Le statut d’entrepreneur-salarié-associé séduit de plus en plus. Quels sont ses principaux avantages ?
À leur arrivée, les entrepreneurs signent un Contrat d’appui au projet d’entreprise (CAPE), qui leur permet de tester leur activité en toute sécurité puisqu’ils peuvent maintenir leurs droits au chômage et indemnités correspondantes. Pendant 12 mois, et avec une renouvellement possible de six mois, ils bénéficient d’un accompagnement structuré : ateliers, rendez-vous réguliers, conseils personnalisés, la gestion administrative et comptable...
À l’issue, ils peuvent devenir salariés de leur propre activité via un Contrat d’entrepreneur salarié associé (CESA). La coopérative prend alors en charge les cotisations sociales En contrepartie, elle perçoit un pourcentage sur leur marge, variable selon les structures.
Dans un contexte marqué par la montée du freelancing, en quoi les CAE répondent-elles aux nouvelles attentes du travail ?
Les CAE offrent une réponse concrète aux aspirations actuelles : entreprendre tout en sécurisant son parcours. Elles permettent de tester une activité en limitant les risques, puis de la développer avec le statut salarié et les protections associées, notamment en cas d’arrêt d’activité.
Autre atout : l’absence de lien hiérarchique, combinée à un accompagnement collectif. Les entrepreneurs peuvent également devenir associés et participer à la gouvernance de la coopérative, renforçant ainsi leur implication dans le projet.
Kanope est aujourd’hui l’une des CAE importantes du réseau. Quelle est sa spécificité ?
Basée à l’origine à Auch sous le nom de Gers Initiatives, Kanope s’est progressivement développée dans les Hautes-Pyrénées et la région toulousaine. Cette Scop SARL, devenue une Scop SA en 2022*, accompagne aujourd’hui 120 entrepreneurs, dont une cinquantaine d’associés, pour un chiffre d’affaires de 2,4 millions d’euros en 2025.
Multiactivités, la coopérative entend poursuivre son développement en s’appuyant sur des partenariats avec d’autres CAE et les structures d’accompagnement à la création d’entreprise. Car les CAE ont une vraie utilité et elles méritent d’être davantage connues !
Propos recueillis par Ingrid Lemelle
*Kanope est coprésidée par deux entrepreneurs associés, tandis que son conseil d’administration est composé d’une majorité d’entrepreneurs pour une gouvernance partagée équipe d’accompagnement/entrepreneur.
Sur la photo : Cécile Grange, directrice générale déléguée de Kanope, implantée dans le Gers, les Hautes-Pyrénées et la Haute-Garonne. Photo DR.
