Politique de la ville : la nouvelle donne en Midi-Pyrénées

22 communes de Midi-Pyrénées sont concernées par la réforme de la politique de la ville, qui cible ses interventions sur des quartiers prioritaires. Une dizaine entrent dans le dispositif. Quels sont les changements amenés par cette nouvelle donne dans le domaine de l’emploi ?

Le ministère de la Ville a présenté récemment la réforme de la géographie d’intervention de la politique de la ville. Une seule carte va venir remplacer les zonages et dispositifs existants. Il s’agit, selon le ministère, « d’un choc de simplification appliqué à une politique de la ville ».
Dans la région Midi-Pyrénées, 22 communes sont concernées par ce redécoupage. Karine Traval-Michelet, maire de Colomiers, salue cette initiative « ciblée territorialement » qui sort de « la logique de saupoudrage et de segmentation pour donner une efficience des fonds publics et des vrais leviers notamment dans le domaine de l’emploi. » Colomiers faisant partie des villes qui intègrent le dispositif. « Même si nous sommes une commune dynamique sur le plan économique, notre taux de chômage est équivalent à celui du niveau national. »
Marie-Jeanne Fouqué, adjointe au maire chargée de l’emploi de Toulouse, souligne également l’efficacité du nouveau dispositif. « Cette nouvelle cartographie concerne des quartiers urbains existants, de nouveaux quartiers urbains, mais aussi des quartiers ruraux. Elle exclut des quartiers précédemment classés en politique de la ville dont les caractéristiques économiques et sociales ont évolué. Cette cartographie se veut plus efficace car elle concentre la politique de la ville sur les quartiers dont les habitants possèdent de très faibles revenus. Notre municipalité va travailler de concert avec les services de l’État pour affiner au mieux cette cartographie. »
Olivier Fabre, le maire de Mazamet fait, lui, partie des déçus. Sa ville a été exclue du dispositif. « Ce qui nous prive de 80.000 euros pour réaliser des actions sur le terrain. Nos marges de manœuvre sont déjà faibles. Nous percevons cette mesure comme une injustice. »

Priorité à l’emploi des jeunes

L’emploi des jeunes sera la priorité centrale de cette nouvelle politique, avec un soutien particulier à la création d’entreprise. Dans cette logique, la communauté d’agglomération d’Auch, qui entre dans le dispositif, envisage plusieurs actions spécifiques en direction des jeunes du quartier prioritaire qu’elle a identifié. « Nous souhaitons notamment nous orienter vers le développement de l’activité économique avec en ligne de mire l’emploi de proximité. Nous allons ainsi mettre en place une action spécifique de formation, afin de permettre aux jeunes de prétendre à des emplois dans une zone d’activité qui va créer entre 200 et 250 postes hors de la géographie prioritaire. Nous travaillons en concertation avec Pôle emploi, les chambres consulaires et les entreprises concernées pour cerner les besoins des futurs employeurs et créer des formations destinées à les formater à ces emplois. Nous espérons à terme intégrer 10 à 20% de personnes issues de quartiers prioritaires. » L’agglomération d’Auch travaille également à l’installation d’une antenne de l’École de la deuxième chance sur son territoire.
A Colomiers, Karine Traval-Michelet entend soutenir l’emploi des jeunes, des femmes et des populations peu qualifiées en agissant notamment sur la montée en compétences afin de cibler les besoins des entreprises. « Nous souhaitons aussi travailler sur le développement de l’économie sociale et solidaire, vectrice d’emploi, et enfin insérer des clauses sociales dans les marchés publics, notamment ceux du BTP. »
Agnès Frémiot


Photo md3d - Fotolia.

Les communes qui entrent dans la politique de la ville : Saint-Girons, Foix, Pamiers, Onet-le-Château, Auch, Muret, Saint-Gaudens, Blagnac, Colomiers et Moissac.

Les communes qui demeurent dans le dispositif : Villefranche-de-Rouergue, Toulouse, Tarbes, Lourdes, Cahors, Aussillon, Castres, Albi, Carmaux, Gaillac, Graulhet, et Montauban.

Les communes qui en sortent :
Cugnaux, Mazamet, Labruguière, Aureilhan, Bordères-sur-l’Échez Odos, Soues, Saint-Juéry, Blaye-les-Mines et Saint-Benoît-de-Carmaux.

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Source : https://www.toulemploi.fr/Politique-de-la-ville-la-nouvelle-donne-en-Midi-Pyrenees,14146