Pas encore diplômés ? C’est le moment de créer !

Si la création d’entreprise n’est pas encore entrée dans les mœurs des étudiants et jeunes diplômés, l’idée fait de plus en plus son chemin. Quels sont les avantages de créer à ce stade de sa vie ? La réponse avec quelques interlocuteurs de la région.

S’il n’est pas forcément évident de cumuler les casquettes de chef d’entreprise et d’étudiant, les futurs jeunes diplômés s’intéressent de plus en plus à l’entrepreneuriat, comme le démontre une étude menée par le réseau social professionnel LinkedIn : 56% des étudiants et 50% des jeunes diplômés, hommes et femmes à parts quasi égales, aimeraient créer leur entreprise. Pourtant, le pas n’est pas forcément aisé à franchir par manque d’informations ou par crainte de l’avenir.

Jean-Michel Alaverdov, responsable de l’incubateur d’entreprises de l’École des Mines d’Albi-Carmaux, constate d’ailleurs que la très grande majorité des élèves issus de l’école préfèrent encore se tourner vers le salariat. « Pourtant, c’est le moment de créer son entreprise. Les jeunes diplômés n’ont pas encore de charges familiales lourdes à assumer. De plus, même en cas d’échec, il s’agit d’une expérience appréciée par les recruteurs. » Alexis Laporte, le confondateur d’Unitag, qui a créé son entreprise alors qu’il était en troisième année à l’INP-Ensiacet de Toulouse, partage ce point de vue : « Après des années passées dans un grand groupe, j’imagine qu’il devient moins évident de trouver l’élan et l’opportunité pour se lancer dans un projet d’entreprise. » Stéphane Millet, en dernière année de Master à Sciences Po et cofondateur du Guide Like You, est plus nuancé. Il constate simplement qu’il est parfois difficile pour un étudiant de mener de front ses études, et notamment la recherche d’un stage qui va l’accaparer, et création d’entreprise. « De mon côté, je travaillais pour financer mon cursus, et j’ai dû abandonner mon travail pour dépenser de l’argent pour mon projet. » Mais il reconnaît que l’envie était trop forte pour s’arrêter là.

Informer les étudiants sur la création

Cependant la pression de l’environnement joue bien souvent en défaveur des étudiants. « Pourquoi avoir fait de longues études pour se lancer dans l’entrepreneuriat, telle est l’objection, qui revient le plus souvent », constate Jean-Michel Alaverdov. Les cofondateurs de Unitag ont trouvé l’envie de créer dans les premiers projets montés au sein de leur école dans le cadre de BDE ou d’associations. « J’avais, en outre, à cœur de continuer à évoluer avec l’équipe que j’avais rencontrée lors de mon cursus », reprend Alexis Laporte. L’école a mis à disposition de l’entrepreneur un bureau, un élément clé pour un projet en pleine maturation. « Nous avons été hébergés par l’incubateur de la Toulouse Business School,car l’un des cofondateurs d’Unitag y suivait un cursus. Nous avons ainsi pu bénéficier de l’accompagnement de deux mentors et d’une série de formations. »

Le plan entrepreneuriat étudiant porté dans la région par ECRIN se charge justement de sensibiliser, de former, et d’accompagner l’ensemble de la population estudiantine sur le sujet. « Ainsi, chaque établissement s’est doté d’un référent chargé d’intégrer la création d’activité dans le panel des orientations possibles des étudiants. Nous cherchons pas ce biais à leur insuffler l’esprit et l’envie d’entreprendre », souligne Alain Blasius, chargé de mission Entrepreneuriat. Parmi ces actions, le pôle ECRIN travaille notamment avec la CCI Midi-Pyrénées sur le concours CRECE, auquel tous les étudiants de la région peuvent participer, y compris ceux des universités. « Nous cherchons d’ailleurs à promouvoir l’interdisciplinarité dans ce dispositif afin que des projets inter-établissements voient le jour dans l’optique de créer des synergies inédites. »

Le Pôle ECRIN devrait poursuivre et amplifier ses actions en direction des étudiants dès le premier semestre 2014. « Nous allons notamment travailler sur le statut de l’étudiant entrepreneur. Notre objectif est qu’à terme tous les étudiants aient reçu au moins une information sur la création d’entreprise. » Dans ce même esprit, certaines écoles, à l’image des Mines d’Albi-Carmaux, compte un incubateur internalisé. Il héberge en moyenne quatre projets. « C’est une tradition dans le réseau des écoles des Mines qui a non seulement vocation à accompagner la formation et la recherche mais aussi à participer au développement économique du territoire », souligne Jean-Michel Alaverdov, son responsable. Depuis sa création, l’école a incubé 32 projets pour 20 entreprises créées et une quarantaine d’emploi induits.
Agnès Frémiot

Sur la photo : Un statut d’étudiant entrepreneur pourrait rapidement voir le jour en Midi-Pyrénées. Photo Peshkova - Fotolia.

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Source : https://www.toulemploi.fr/Pas-encore-diplomes-C-est-le-moment-de-creer,12071