Première femme à accéder à la présidence du CJD Toulouse, Anne-Marie de Couvreur a choisi d’axer son mandat autour de la performance et de la bienveillance. Une thématique notamment inspirée de l’ouvrage de Juliette Tournand, La stratégie de la bienveillance, et qui s’est logiquement traduite par une première venue de l’auteure le 27 janvier. La coach spécialisée dans la performance des dirigeants a ainsi tenu une conférence, avant de participer le lendemain aux travaux du CJD.
« La stratégie de la bienveillance, ou stratégie personnelle de coopération, trouve la performance par la fluidité en se situant à la croisée de quatre forces de valeur. Il faut trouver la conjonction entre la bienveillance, la réciprocité de cette dernière, et la clarté, à savoir la capacité de discernement. Si ce n’est pas possible, le quatrième pilier, la liberté d’innover, doit permettre d’y parvenir », définit Juliette Tournand.
Et Anne-Marie de Couvreur, présidente et co-fondatrice du groupe Médiameeting, d’illustrer cette théorie par son parcours : « En tant que cadre à France Telecom, j’ai été choquée par la manière dont la direction a traité mon assistante. Même si mon emploi n’était pas directement touché, je ne me sentais plus dans un espace de sécurité. Quitte à être dans cette situation, j’ai voulu créer mon espace de libertés, où je pouvais définir mes règles. Ainsi est né Mediameeting ».
Grand événement en juin
Autre possibilité d’application de la bienveillance : dans le management. « Bien souvent, quand un objectif paraît inaccessible, on est tenté de rentre en malveillance contre ceux que l’on juge responsables », reprend Juliette Tournand. « Ainsi, lors de mes interventions en entreprises, j’ai plusieurs fois expliqué aux dirigeants que les lettres d’avertissement étaient envoyées trop tard, lorsque le point de non-retour avait été atteint et que la décision de licencier le collaborateur fautif avait déjà été prise implicitement. Envoyer deux ou trois lettres plus en amont n’est pas une sanction, mais une tentative de faire réagir un collaborateur. S’il ne change pas d’attitude, le licenciement est inévitable car tout aura été tenté préalablement pour qu’il réponde aux attentes ».
« La stratégie de la bienveillance n’est pas le monde des Bisounours », insiste toutefois Anne-Marie de Couvreur qui rappelle que la performance reste la première finalité. Un point de vue partagé par l’auteure : « C’est un amalgame de penser que la séparation entre un salarié et une entreprise est toujours un drame. J’ai moi même été licenciée. J’ai détesté cela, mais au final cela a été ma meilleure opportunité car j’ai pu changer de voie. »
« Presque tous les membres du CJD Toulouse ont le livre de Juliette Tournand », assure Anne-Marie de Couvreur. De quoi préparer assidument l’évènement du 9 juin prochain. Le CJD espère réunir un millier d’acteurs de l’économie toulousaine au Casino-théâtre Barrière. Dirigeants de PME, professions libérales, universitaires, politiques et autres seront conviés à une garden-party puis une conférence-spectacle afin de les sensibiliser au thème de la bienveillance.
Thomas Gourdin
