Céline Hassani, vous êtes la présidente de la Fédération des entreprises d’insertion Occitanie. Un an après sa création, quel bilan tirez-vous ?
Le bilan est clairement positif. Malgré un contexte difficile pour nos structures, notamment lié à la baisse des aides publiques, nous avons réussi à fédérer déjà 33 entreprises. Cela confirme l’importance d’avancer collectivement pour défendre et promouvoir notre modèle, celui des entreprises d’insertion et des entreprises de travail temporaire d’insertion. Un modèle qui a largement fait ses preuves.
Vous indiquez que sept personnes sur dix sortent avec une solution d’emploi ou de formation. Quels sont les facteurs clés de cette réussite ?
Le premier levier, c’est l’emploi lui-même. Permettre à des personnes souvent fragilisées de retravailler les remet dans une dynamique positive. On assiste à de véritables métamorphoses : elles retrouvent confiance, changent de posture... Cela change aussi le regard des recruteurs, qui sont plus enclins à faire confiance à un candidat déjà en poste, même si c’est dans une entreprise d’insertion. Nous jouons en quelque sorte un rôle de « garant ».
Mais cette réussite repose surtout sur l’accompagnement individualisé que nous mettons en place tout au long du parcours.
L’IAE reste encore méconnue malgré près de 19.602 bénéficiaires en Occitanie. Qu’est-ce qui freine sa visibilité ?
Le terme même d’« insertion » reste associé à des clichés. On imagine des profils très éloignés de l’emploi, alors qu’il s’agit souvent de personnes ayant connu des accidents de parcours. Nous souffrons aussi d’un manque de visibilité, lié notamment à des moyens de communication limités. C’est d’ailleurs tout l’enjeu de notre campagne d’affichage actuelle : montrer concrètement les parcours et les réussites de nos salariés.
Les entreprises d’insertion évoluent sur des marchés concurrentiels. Comment concilier performance économique et accompagnement social ?
C’est un équilibre exigeant, d’autant plus dans un contexte de réduction des financements publics. Mais c’est précisément le cœur de notre savoir-faire. Nos entreprises démontrent chaque jour qu’il est possible d’allier utilité sociale et performance économique. Et tout le monde y gagne : les salariés, bien sûr, mais aussi les entreprises classiques qui recrutent ensuite ces profils, et les pouvoirs publics. Je rappelle qu’un euro investi dans l’insertion génère environ trois euros de retombées pour la collectivité.
Quels sont désormais les objectifs de la FEI Occitanie ?
De poursuivre notre développement en accueillant de nouveaux adhérents, de renforcer notre visibilité, de continuer à défendre notre modèle et surtout, de poursuivre le combat pour préserver nos financements...
Propos recueillis par Ingrid Lemelle
Sur la photo : Céline Hassani, présidente de la FEI Occitanie. DR.
