ToulEmploi

Publié le lundi 16 janvier 2017 à 17h10min par Ingrid Lemelle

Quelles évolutions pour le nouvel Epic Afpa en Occitanie ?

Depuis le 1er janvier, l’Afpa est un établissement public à caractère industriel et commercial (Epic). Quelles répercussions dans la région, en termes d’organisation, de missions, d’offre de formations ou encore de budget ? Le point avec le directeur régional, Alain Mahé.

En termes d’organisation, pouvez-vous nous expliquer ce que l’évolution de l’Afpa en Epic a changé ?
L’Afpa est devenu un établissement public, qui compte toujours une direction nationale dont dépendent treize directions régionales. Il est en revanche placé sous la tutelle de deux ministères (Emploi / Formation, et Budget) désormais. Son conseil d’administration est composé de représentants de l’État, des Régions et des partenaires sociaux. Et enfin, son activité est organisée autour de cinq pôles, dont deux inscrits dans des structures juridiques distinctes, notamment l’activité formations aux entreprises. Cela va nous permettre de distinguer nos activités qui relèvent du service public, donc subventionnées, de celles que nous adressons aux entreprises et aux demandeurs d’emploi, qui s’inscrivent cette fois dans le marché concurrentiel.

Concrètement, qu’est-ce que cela implique en région Occitanie ?
La direction régionale devra rendre compte chaque année de ses activités au Préfet et à la présidente du Conseil régional. Si l’Afpa Occitanie était déjà membre du SPE (Service public de l’emploi), ce qui n’était pas le cas dans toutes les régions, son implication sera plus importante dans le cadre justement des missions de service public qui lui seront confiées. L’Afpa, qui a historiquement une ingénierie de formation différente de celle de l’Académie, verra ainsi son activité de certifications se renforcer, en interne comme en appui d’autres organismes. Nous serons également présents sur le champ des métiers émergents, en expérimentant des formations en partenariat avec les entreprises et les Opca. Nos missions vont par ailleurs s’étendre à une nouvelle expertise, qui consistera à réaliser des études prospectives des besoins en compétences des territoires.
Autant de sujets sur lesquels l’Afpa, qui était déjà un acteur important de l’innovation, va donc être fortement mobilisée, tout en continuant bien sûr à assurer son activité traditionnelle qui reste la formation professionnelle.

L’article L. 5315-5 du Code du travail précise que les ressources de l’Afpa seront « composées de dotations de l’État, des redevances pour services rendus, du produit des ventes et locations, mais aussi des dons, legs et recettes diverses dont il pourrait bénéficier ». En Occitanie, cela prendra quelle forme ?
Sur le plan budgétaire, sur 60 millions d’euros d’activité, j’estime à environ 5 millions la part qui sera allouée aux missions de service public, un montant qui sera contractualisé chaque année avec l’État. Les formations relevant des marchés publics devraient représenter 40 millions d’euros, et celles financées par les entreprises ou dans le cadre de financements individuels, de l’ordre de 15 millions. Et c’est bien sûr sur ces dernières que notre levier de croissance est le plus important, l’Afpa visant l’équilibre en 2019.

Et sur le volet immobilier ?
A l’exception de deux sites que nous allons quitter, dans le Gard et l’Aveyron, les quatorze autres centres font dorénavant partie du patrimoine de la direction régionale. Nous allons élaborer un schéma pluriannuel pour programmer les travaux de modernisation et de mises aux normes.
Aucune cession n’est envisagée, mais nous souhaitons regrouper des espaces de formations sur certains sites. L’ambition est de valoriser l’espace ainsi libéré. De mettre en place par exemple des partenariats avec d’autres organismes afin qu’ils puissent utiliser une partie de nos sites et nous mettre, en contrepartie, des locaux à disposition pour accueillir nos formations dans les territoires où nous ne sommes pas encore présents.

Concernant enfin votre offre, quelles sont les nouveautés ?
Nous en avons de nombreuses, en relation étroite avec les besoins des territoires, comme à Alès, sur les métiers du numérique, à Béziers dans le domaine maritime, ou encore à Nîmes, où nous avons fait évoluer le niveau de qualification de nos formations liées à la transition énergétique. L’offre du pôle auto / moto du centre de Montpellier s’élargit aux modes de déplacements doux. A Albi, ce sont des plateaux mobiles de formation à l’usinage qui sont mis en place. A Toulouse, nous travaillons sur le champs de l’insertion, et celui des langues à visée professionnelle…
Propos recueillis par Ingrid Lemelle

Sur la photo : Alain Mahé, directeur de la nouvelle Agence pour la formation professionnelle des adultes en Occitanie. DR.