La conjoncture économique crée-t-elle un mouvement de reflux dans un secteur considéré comme porteur d’emplois ?
Les données de l’Acoss n’ont rien d’étonnant. Le repli du volume horaire concerne les particuliers employeurs, or, s’ils constituaient 90% du total des employeurs il y a dix ans, désormais leur proportion recule au profit des entreprises qui se sont créées sur le secteur au gré des lois Borloo. La crise est responsable, mais aussi la fin de l’exonération forfaitaire sur les charges. Pour autant la dynamique n’est pas brisée.
C’est plutôt une bonne nouvelle pour les employés de ces entreprises et pour les clients de ces entreprises. En contribuant à l’émergence du secteur marchand, le ministre Borloo a non seulement favorisé les embauches mais surtout la professionnalisation de ces métiers et la mise en place de contrat de travail protecteur en bonne et due forme qu’une convention collective en gestation devrait renforcer. C’est un véritable atout pour les salariés de cette filière que la professionnalisation, elle les protège de la crise sur un secteur qui ne peut se passer de certaines compétences. Pour les particuliers, elle leur garantit la continuité d’un service où le turn-over était la règle.
La crise peut donc toucher certains secteurs des services à la personne ?
Au-delà des indépendants, des auto-entrepreneurs et des associations, certaines entreprises peuvent aussi subir les conséquences de la crise oui. La garde d’enfants, le ménage et l’assistance aux personnes dépendantes resteront pourvoyeurs d’emplois et devraient être en partie épargnés car la demande se contractera dans une moindre mesure sur des services du quotidien incontournables. Mais pour ce qui concerne le jardinage ou le dépannage informatique par exemple, il peut y avoir un net repli en conséquence d’une insolvabilité des ménages. Ces services sont considérés comme non prioritaires par les familles qui rogneront sur ces budgets pour maintenir leurs finances.
Que représentent actuellement les services à la personne ?
Au niveau national ce sont 1,8 millions de salariés, 4 millions de clients utilisateurs. 23.000 emplois ont été créés sur ce secteur depuis 2005. En Midi-Pyrénées, ce sont 988 organismes agréés, associations, établissements publics et entreprises réunis, soit presque le double par rapport à 2006. Ceci du fait de l’explosion du nombre d’entreprises, passées de 126 à 509.
Propos recueillis par Nathalie Malaterre
