ToulEmploi

Publié le lundi 25 janvier 2016 à 15h31min par Isabelle Meijers

L’académie de Toulouse créé un CFA unique

L’apprentissage, voie royale vers l’emploi ? En tout cas, avec la création en janvier du Centre de formation d’apprentis (CFA) académique, l’apprentissage public met un coup d’accélérateur. Un doublement du nombre d’apprentis est visé d’ici trois ans.

L’académie de Toulouse lance en janvier 2016 son Centre de formation d’apprentis (CFA) académique, une structure unique, en remplacement des neuf CFA départementaux. « Dans la pratique, les neuf CFA physiques sont conservés mais travailleront désormais de manière homogène, sous tutelle de l’académie, avec le même type de critères, d’organisation, de fonctionnement pour une meilleure efficacité. Nous présenterons à l’avenir dans les salons un visage unique », explique Michel Ravitsky, directeur du nouveau CFA académique. L’assurance d’une meilleure visibilité dans le paysage de l’apprentissage. Car l’enjeu est bel et bien de doubler d’ici trois ans le nombre d’apprentis, pour passer de 1000 élèves aujourd’hui à 2000. « Nous ne représentons qu’une petite partie des 17.000 apprentis formés en région, dans le privé, mais notre force vient de notre réseau issu de la formation initiale, d’un bon niveau de nos enseignants universitaires, et aux plateaux techniques des lycées professionnels », souligne le directeur.

Une porte vers l’emploi

La formation par apprentissage concerne les élèves de CAP jusqu’aux ingénieurs, en passant par les Bacs professionnels, les BTS ou les Licences pro. « Elle n’est pas un cursus par défaut, moins valorisé. Elle cible surtout les jeunes de 16 à 26 ans qui possèdent des modalités d’appropriation de la connaissance plus pratiques que théoriques, et tout aussi valables », insiste Michel Ravitsky. L’intérêt pour le jeune est aussi d’être considéré comme un employé à mi-temps en entreprise, c’est-à-dire doté d’un statut de salarié. Sa rémunération peut atteindre jusqu’à 500 euros par mois pour un BTS par exemple, l’ensemble de la formation étant par ailleurs gratuite. « Et les trois quarts des jeunes gardent leur place en entreprise, à la fin de leur contrat d’apprentissage qui se transforme souvent en CDD ou CDI », complète le directeur. De manière générale, le taux de réussite au diplôme visé est supérieur par apprentissage par rapport à une formation purement scolaire.

Des secteurs en demande

Le CFA académique, en concertation avec le Conseil régional à l’origine de 60% de son budget de fonctionnement, les 40% restant provenant des taxes d’apprentissage auprès des entreprises, a retenu quarante-six filières éligibles. « Ont été volontairement exclus le tertiaire et le sanitaire et social déjà couverts par le privé. L’accent est mis plutôt sur les secteurs en demande comme les techniques de production, le BTP, l’électrotechnique, l’agroalimentaire et l’hôtellerie-restauration », détaille le directeur. Tout jeune intéressé doit d’abord rencontrer le conseiller d’orientation de son établissement pour valider son projet de métier. Il sera ensuite guidé vers un CFA qui l’aidera à rédiger son CV et sa lettre de motivation pour trouver son entreprise d’accueil. « Il ne faut pas se décourager lors de cette phase, persévérer, donner envie à l’employeur, se montrer fiable. Car le jeune a jusqu’à Noël, après son admission en CFA, pour valider son inscription en décrochant un contrat. » Le sésame d’une formation aux multiples avantages.
Isabelle Meijers

Sur la photo : Michel Ravitsky est le directeur du tout nouveau CFA académique que vient de lancer l’académie de Toulouse. Photo Hélène Ressayres - ToulEmploi.

2 Commentaires

  • Le 26 janvier à 10:05 , par Alexis PHAM

    L’Etat n’a pas compris grand chose au problème de la baisse des effectifs dans les CFA. Plutôt que de capitaliser dans l’offre de formation largement complète des CFA existants et qui disposent de plateaux modernes, d’équipes performantes et qui connaissent parfaitement les métiers et les entreprises, on va investir dans l’Education Nationale et surcharger encore un peu plus leurs classes.
    De plus, cet engagement créé de facto une situation concurrentielle dont personne n’a besoin.
    Education Nationale qui biaise l’orientation des jeunes vers les CFA privés (facile, elle a le monopole des CIO) et dénigre l’apprentissage en formation initiale au niveau V notamment, en en parlant qu’aux décrocheurs scolaires.
    La baisse des effectifs en apprentissage vient essentiellement de cette politique d’orientation et de la volonté de conserver les jeunes jusqu’au Bac, voire au-delà.
    Cette implication de l’Education Nationale dans l’apprentissage au niveau V aura peut-être pour seul mérite de faire évoluer l’image véhiculée jusqu’à présent sur les premiers niveaux de qualification. Cependant, que de moyens gaspillés et qui seraient plus utiles aux structures existantes, notamment celles qui sont aussi financées pour partie, par de l’argent publique, comme les CFA des Chambres Consulaires par exemple.
    Espérons que la Région, souveraine en matière de politique de formation, soit vigilante à la bonne répartition des moyens qu’elle gère en matière d’apprentissage.
    Il est temps de faire de l’apprentissage en France effectivement une voie royale de formation (qui permet d’effectuer un parcours du niveau V au niveau I) et de l’institutionnaliser comme une vraie orientation choisie et non subit.

  • Le 31 janvier à 22:05 , par normand W.

    Je suis d’accord avec Alexis PHAM.
    En ajoutant que l’état devrait surtout mettre en place un système pour les personnes de plus de 26 ans, ne pouvant reprendre leurs études par obligation d’autonomie (appartements, factures,…), avec un petit diplôme ne donnant rien dans la vie active et qui souhaitent s’en sortir. Et qu’on ne vienne me faire mention des formation pour adulte ou à distance, car pour ma part j’ai un bep, pas le bac et souhaitant passer un bac, je ne peux le faire car il faut déjà avoir un niveau bac pour entrer en formation pour obtenir le bac…. logique. Du coup en échouant les test d’entrée je ne peux aboutir à ce projet alors que je demande à être formée ! on me dira « prends un contrat pro » mais la majorité des contrats pro veulent des salariés DÉJÀ qualifiés !! (des salariés à moindre coût en gros), ou des bac +2 dans le domaine.

    Financez donc un projet d’accompagnement en cours du soir avec ou sans d’expérience professionnelle ! avec un professeur physique, non par vidéo, avec ou sans stages à moindre coût. En faisant cela vous engagerez réellement un progrès en rehaussant le niveau national, moins de personnes dépendantes de petits emplois, une carrière évolutive, de nouvelles entreprises seront créées, moins de bénéficiaires au chômage et RSA !!
    Vous donnerez une véritable opportunité aux personnes ne trouvant de solutions tout en préservant leur autonomie.

    Au lieu d’entretenir les mêmes voix de construction qui coûtent de l’argent pour du remâché, faites preuve d’intelligence et de logique. N’ayez pas peur d’investir dans ce qui rapportera en efficacité et en économies.

Répondre à cet article