Pourquoi les JEI ont-elles des difficultés à recruter ?

Partager cet article

Le cabinet conseil en Ressources Humaines Eurhéa initie cette semaine un cycle d’ateliers « bonnes pratiques » destinés à accompagner les Jeunes Entreprises Innovantes (JEI) de Midi-Pyrénées dans leurs recrutements. La réponse à un vrai besoin au regard de l’enquête que le cabinet a récemment réalisé. Une confirmation pour ses dirigeantes Béatrice Seille et Caroline Cambon.

Pour quelles raisons avez-vous souhaité interroger les Jeunes Entreprises Innovantes (JEI) de la région sur leurs pratiques en matière de recrutement ?
Béatrice Seille : Nous avons déjà capitalisé une expérience dans ce secteur, laquelle nous a d’ailleurs amené à adapter notre offre aux spécificités des JEi et à être régulièrement sollicités pour des interventions sur le salon Innovact. Avec cette enquête nous voulions valider notre vision et notre positionnement, mais aussi disposer d’éléments quantitatifs pour notre dernière participation au forum européen de la Jeune Entreprise Innovante.

Les résultats de l’enquête sont-ils justement conformes à votre vision ?
Béatrice Seille : Pour l’essentiel oui, c’est-à-dire que savions que les JEI sont très dynamiques (77,3% ont déclaré avoir recruté au cours des derniers mois), que leurs embauches portent majoritairement sur les profils R&D (près de 60% des postes créés) et qu’elles font face à de vraies difficultés de recrutement. Le seul aspect qui nous ait vraiment surprises, c’est la proportion de postes créés sur les fonctions marketing et commercial (18%).

Les avez-vous interrogées sur leurs perspectives de recrutement ?
Béatrice Seille : Non, car les JEI évoluent dans un contexte très incertain. Ce sont en outre des TPE (78% comptent 10 salariés tout au plus) qui, lorsqu’elles recrutent, le font pour répondre à des besoins soudains et immédiats, donc souvent dans l’urgence. Elles ont généralement peur de recruter trop tôt par rapport à leur marché mais doivent aussi faire attention à ne pas le faire trop tard…

Caroline Cambon : Ce caractère urgent renforce leur impression qu’elles ont moins le choix au niveau des candidats. Elles privilégient d’ailleurs beaucoup le réseau de proximité, ce qui fonctionne assez bien pour les compétences techniques et scientifiques, bien identifiées, mais moins pour les autres.

Vous évoquiez plus tôt « de vraies difficultés de recrutement », quelles sont-elles ?
Béatrice Seille : Les JEI confient avoir des problèmes à attirer (pour 62,7%) et à évaluer (52,4%) les candidats, et pourtant 83% gèrent seules leurs recrutements. Elles ont souvent le sentiment de pouvoir se passer de conseil, d’autant qu’en général, elles identifient très bien leurs besoins. Le problème, c’est qu’elles ont souvent du mal à les traduire en termes de profils.

C’est pour les aider à surmonter leurs problèmes que vous lancez vos ateliers "bonnes pratiques" ?
Béatrice Seille : Oui, nous sommes parties des questions soulevées par les dirigeants lors de l’enquête pour concevoir ces rendez-vous qui ont vocation à être très pédagogiques. Une manière à ce que le travail des cabinets conseils soit aussi mieux appréhendé.

Caroline Cambon : Cela se fera sous la forme d’un petit-déjeuner gratuit, convivial, simple et pratique au cours duquel nous échangerons sur différents thèmes, au rythme d’une fois par trimestre. Le premier, organisé ce 27 mai à 8h30 dans nos locaux à Toulouse, sera axé sur "Attirer les talents dans une jeune entreprise innovante : les bons leviers". Un sujet sur lequel l’agence ORC Toulouse apportera la vision du candidat, la façon dont il juge l’attractivité d’une entreprise.
Propos recueillis par Ingrid Lemelle

Les résultats de l’étude réalisée par Eurhéa sur les pratiques de recrutement des JEI en Midi-Pyrénées.

Pour participer à l’atelier du 27 mai 2010, inscrivez-vous à contact@eurheaconseil.fr

Sur la photo : Caroline Cambon (à gauche) et Béatrice Seille, co-dirigeantes d’Eurhéa Conseil. DR.

Réagir à cet article

Source : https://www.toulemploi.fr/Pourquoi-les-JEI-ont-elles-des-1246