Les écoles d’ingénieurs toulousaines premières de la classe

Article diffusé le 10 février 2014

Quatre écoles d’ingénieurs de Toulouse se positionnent au top des classements des meilleures écoles publiés par nos confrères de l’Express-Etudiant. Excellence de la formation, politique pédagogique et déterminisme en constituent les clés d’explication.

Dans le palmarès des meilleures écoles d’ingénieurs établis à partir de plusieurs critères, se détachent, sans surprise ni pour l’une ni pour l’autre, l’Isae et le Cesi.
La fusion en 2007 de Supaéro, première école aéronautique créée au monde en 1909, avec l’Ensica, a répondu aux attentes de leur ministère de tutelle. Il s’agissait, rappelle Olivier Fourure, le directeur de l’Isae, de donner une dimension mondiale à ces établissements : « Ce rapprochement visait à rayonner au niveau scientifique mondial ».

C’est chose faite. L’Isae allie le modèle école d’ingénieur et grande école pour la recherche en formant des ingénieurs de pointe, polyvalents et multi-compétences. Et non seulement plus du quart des étudiants de l’Isae sont étrangers, issus de 55 nationalités, mais une fois diplômés, 26% de la cohorte 2013 est partie travailler à l’étranger. Si 83% des diplômés font carrière dans les domaines du transport, « le niveau de formation est tel que tous les secteurs industriels s’arrachent nos étudiants », précise Olivier Fourure. 70% des jeunes ont d’ailleurs « un contrat en poche » dès avant de quitter l’école.

Pour expliquer cette réussite, Olivier Fourure vante aussi les mérites de Toulouse « seule ville au monde où il y est une telle concentration d’industries, de centres de recherche et d’organismes de formation ». Un terreau favorable qui place selon lui Toulouse à un niveau mondial et crée l’attractivité. Pour preuve, 30% des diplômés de l’Isae restent en Midi-Pyrénées alors que 15% des effectifs sont issus de la région (ndlr : l’intégration s’effectue dans le cadre des concours nationaux aux Grandes Écoles). Des effectifs justement un cran social en-dessous des écoles parisiennes : « Nous captons plus de boursiers (ndlr : 30%) parce que nous sommes en province, les études sont moins chères ici », souligne Olivier Fourrure. De fait, l’Isae cultive l’image de promotion par les études et une centaine de ses étudiants sont impliqués dans du tutorat en lycée.

Des écoles en recherche d’étudiantes

Reste à convaincre les jeunes filles à intégrer l’école : « Avec 15% de filles, nous ne sommes pas bons. Mais le problème est en amont », déplore Olivier Fourure. Idem pour Jean-Louis Allard, P-dg du groupe Cesi : « Avec 14% de filles dans nos effectifs, je suis désespéré. Ces chiffres sont dus à notre particularité d’intégrer les DUT : c’est là qu’il y a déjà eu discrimination. » Le phénomène d’orientation par le sexe se vérifie dans la première place au classement de l’INP-Ensat, l’école toulousaine des ingénieurs en agronomie, leader dans la catégorie école comptant le plus de filles. L’option biologie du Bac S s’impose aux filles qui envisagent un recours aux carrières médicales si elles échouaient en classe préparatoire aux grandes écoles. Logiquement, concours en poche elles se dirigent plutôt vers ce qui les rapprochent de leur spécialité. Un déséquilibre dommageable selon Jean-Louis Allard, notamment sur la filière informatique. Car selon lui, les écoles d’ingénieurs, et celles de son groupe en particulier, auraient à gagner à se féminiser : « Nous serions mieux classés, s’amuse-t-il, parce que les jeunes filles réussissent mieux leur formation ! »

Des études sécurisées

Le palmarès du Cesi tient en effet plus à son recrutement (ndlr : parmi les leaders pour le nombre d’alternants, de bacheliers STI2D et de DUT, de même pour l’Enseeiht sur cette catégorie) bien que l’intégration de ses diplômés soit de 100% à six mois. « Avec des salaires de début de carrière compris entre 38.000 et 39.000 euros annuels », souligne Jean-Louis Allard. Le positionnement du groupe reste original. Depuis sa création il s’appuie sur l’alternance, ce qui induit des relations ténues avec le monde industriel, les offres d’apprentissage émanent d’ailleurs très majoritairement des entreprises, et engendre des diplômés recherchés parce que directement opérationnels. Les parcours y sont donc sécurisés pour « des jeunes issus de classes intermédiaires qui n’ont pas tous les codes et qu’on va emmener très haut », poursuit Jean-Louis Allard. Le déterminisme toujours… Plus grosse école d’ingénieurs par voie d’apprentissage, le Cesi propose à Toulouse une filière unique dédiée aux systèmes électriques et électroniques embarqués en lien avec l’Université Paul-Sabatier. L’intégration a lieu sur sélection. Les épreuves d’admission se tiendront en mars, l’inscription c’est maintenant.
Nathalie Malaterre

Plus d’infos :
www.isae.fr
www.cesi.fr
www.ensat.fr
www.enseeiht.fr

Photos : Isae - Aude Lemarchand / Cesi. DR.

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Source : https://www.toulemploi.fr/Les-ecoles-d-ingenieurs-toulousaines-en-tete-de-classe,12734