Les apprentis de Midi-Pyrénées connaissent moins la crise

Une étude du CarifOref Midi-Pyrénées démontre que les formations en apprentissage constituent un rempart contre le chômage. Un bon point pour la Région qui a érigé l’apprentissage comme l’une des priorités de sa politique d’Éducation.


A 90%, ils sont satisfaits de leur formation. Un taux qui ne baisse pas lors même que leur accès à l’emploi s’avère plus difficile dans le contexte économique actuel. La Région, qui consacre, pour cette année 2011, 83 millions d’euros à l’apprentissage, a commandité une enquête afin de mesurer le taux d’insertion des apprentis et de se pencher sur l’adéquation entre formation suivie et emploi occupé.

L’étude démontre sans surprise que les 16-25 ans issus de l’apprentissage sont moins touchés par le chômage que les jeunes de leur génération : 16% des anciens apprentis de Midi-Pyrénées sont sans emploi contre 25% des 16-25 ans au niveau national. Un résultat qui plaide en faveur de l’effort budgétaire consenti par la Région et qui conforte sa politique. D’autant que le nombre de jeunes accueillis en CFA n’a cessé de progresser ces dernières années.

Des emplois qui collent à la formation

En effet, depuis la signature en 2005 d’un Contrat d’Objectifs et de Moyens relatif à l’apprentissage avec l’État, « l’appareil de formation a été développé et modernisé », précise Christiane Lagriffoul, chef du service Observatoire au CarifOref Midi-Pyrénées, organisme chargé de l’étude. De fait, les effectifs d’apprentis ont augmenté de 22%, avec plus de 18.500 jeunes en formation au 31 décembre 2009 au sein de 62 établissements répartis sur tout le territoire régional et proposant 750 cursus dans les filières agricole, industrielle et tertiaire.

Sept mois après leur formation, 80% des jeunes avaient une solution d’insertion, soit en emploi, soit en poursuite de formation. Dix-huit mois après, 60% d’entre eux ont un emploi, dont presque la moitié dans l’entreprise les ayant accueillis, et pour une grande majorité en CDI. Et dans les trois quarts des cas, l’emploi exercé correspond effectivement à la formation suivie. De quoi satisfaire les élus régionaux.

L’apprentissage amorce un recul

Reste que la conjoncture économique impacte notablement la cohorte d’apprentis passée au crible. D’une part ils sont davantage touchés par le chômage que leurs prédécesseurs, tandis que les niveaux les plus élevés de formation font toujours plus le plein. Un phénomène qui s’explique par leur volonté d’échapper, dans le suivi d’un nouveau cursus, à ce scénario : « Beaucoup retournent en formation après avoir exercé des petits boulots parce qu’ils ne trouvent pas d’emploi correspondant à leur qualification », souligne Christiane Lagriffoul. Selon elle, leur employabilité augmenterait avec leur niveau de diplôme, même si « la demande de l’économie régionale est peu dynamique », et l’écart se resserre entre la courbe des demandeurs d’emploi les plus qualifiés et celle des moins qualifiés.

En outre, depuis 2007, le nombre d’apprentis ne progresse plus en Midi-Pyrénées. Signe que l’apprentissage approche d’un seuil critique ? C’est en tout cas l’avis de Véronique Soulé, journaliste spécialiste de l’Éducation à Libération, qui soulignait après la récente intervention de Nicolas Sarkozy sur TF1, que : "le président vante l’apprentissage pour la formation. Mais il est en diminution car on a du mal à trouver des entreprises qui veuillent bien prendre des apprentis (…)."
Nathalie Malaterre

Étude à consulter sur le site du CarifOref Midi-Pyrénées

Graphique tiré de l’étude « Que deviennent les apprentis de Midi-Pyrénées ? », CarifOref Midi-Pyrénées, décembre 2010.

[(L’apprentissage peu féminisé

Les jeunes filles en apprentissage ne représentent que 30% de l’effectif total. « Un chiffre qui ne progresse pas énormément, observe Christiane Lagriffoul. On pourrait estimer que l’offre de formation est moins appropriée parce qu’elle concerne beaucoup l’artisanat ou le secteur industriel mais c’est aussi parce que les représentations de la femme au travail sont loin d’être abolies ! »
A noter que si les jeunes filles sont, à l’issue de leur formation, davantage embauchées à temps partiel, elles ont moins été affectées par le chômage que les garçons puisque canalisées en masse sur les emplois de service à la personne, secteur très recruteur actuellement.)]

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Source : https://www.toulemploi.fr/Les-apprentis-de-Midi-Pyrenees-1663