Ingénierie - Informatique : La grande séduction

Tous les acteurs du marché ou presque ont l’intention de recruter cette année en Midi-Pyrénées. Une bonne nouvelle pour les ingénieurs, architectes, consultants et tous chefs de projet, d’autant que certains pourraient tirer partie de cette recrudescence des besoins...

Le marché de l’emploi IT reprend des couleurs ! 10, 100, 400... ces dernières semaines, les sociétés toulousaines de service en ingénierie informatique (SSII) ont en effet dévoilé leurs plans de recrutement. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les cadres spécialisés vont être à la fête, jeunes diplômés y compris. Selon les projections de l’Apec Midi-Pyrénées, les ingénieurs (informatiques et R&D) devraient ainsi rafler 41% des postes créés cette année dans la région, soit 2.300 à 2.500 postes. Un dynamisme évidemment porté par les secteurs aéronautique et spatial.

Pour les recruteurs en revanche, la tâche s’annonce plus compliquée. Après avoir opté pour la discrétion ces deux dernières années, l’heure est donc venue de communiquer. Journées portes ouvertes, « speed recruiting » dans des lieux inédits (bars, stade Ernest Wallon, etc.), réseaux sociaux, concours, cadeaux... les SSII recrutent et veulent désormais que cela se sache.

En ce début de printemps, et en marge des traditionnels salons, les opérations séduction fleurissent ainsi aux quatre coins de l’agglomération. Capgemini et Atos Origin invitent les candidats à venir « juger sur pièce » leurs futurs collègues et conditions de travail. Sogeti opte pour des rendez-vous ciblés à l’extérieur de ses locaux (les candidats de moins de cinq ans d’expérience le 29 mars et 17 avril, et de plus de cinq ans le 9 juin). Altran lance sa web TV dédiée au recrutement, « Jobcast »...

Une prolifération d’événements qui placent les candidats en position de force. « Avec le marché qui se tend, on sent une forte inflation des prétentions salariales », observe notamment Hugues Morel, directeur général d’Eurogiciel. « Mais le salaire n’est pas le seul argument, estime le chef de mission recrutement pour la division toulousaine de Sopra Group, Thierry Edme. Les candidats regardent aussi les perspectives d’évolution et les programmes de suivi des carrières. » Des aspects sur lesquels les PME éprouvent bien souvent des difficultés à rivaliser avec les grands groupes...
Ingrid Lemelle

Photo : Hélène Ressayres - ToulEco.

Capgemini va chercher les candidats "à la source"

L’entreprise « la plus attractive du Sud-Ouest de l’année 2010 » (label remis par Regionjob) veut intégrer 400 nouveaux collaborateurs cette année à Toulouse. Un vaste plan de recrutement que Capgemini a élaboré en multipliant les leviers.

Mobilisation générale dans les locaux toulousains de Capgemini, siège national de la division Aérospatiale & Défense du groupe. Afin de favoriser le recrutement de 400 personnes cette année, collaborateurs, managers et responsables des ressources humaines ont été réquisitionnés pour accueillir les candidats, échanger et partager leur expérience pendant cinq jours (du 21 au 25 mars dernier).

Une politique de partenariat avec les écoles

Si la SSII joue ainsi la carte de la transparence, c’est qu’elle peut être sereine quant à son « pouvoir de séduction ». Auréolé du titre d’entreprise la plus attractive du Sud-Ouest de l’année 2010, le site toulousain multiplie certes les atouts : des clients prestigieux, une politique de ressources humaines basée sur un processus de gestion de carrière individualisé unique et des actions de formation continues, une dimension internationale, un turnover inférieur à celui du secteur (8%, contre 11% en moyenne)...

De quoi séduire les candidats qui veulent donner une nouvelle impulsion à leur carrière, mais aussi les jeunes diplômés. Or sur ce point, le groupe est également très bien organisé. « Nous intervenons très en amont afin que les profils soient en adéquation avec les besoins du marché », reconnaît Walter Cappilati, directeur exécutif de Capgemini Aerospace & Defence. Capgemini a en effet conclu de nombreux partenariats avec les écoles de la région : Isae-Supaero, Enseeiht, Insa, ESC, l’EISTI de Pau…). Une manière de capter les meilleurs profils à la source, mais aussi de les préparer à ses besoins propres, certains collaborateurs du groupe leur dispensant des cours optionnels en dernière année...

Près d’un tiers des recrutements programmés, ciblant les jeunes diplômés, devrait donc être réalisé sans difficulté.
Ingrid Lemelle

Photo : Hélène Ressayres - ToulEco.

Sopra Group fait la part belle aux débutants

Pour 2011, Sopra Group a lancé une vaste campagne nationale de recrutement qui devrait se traduire par 250 embauches en Midi-Pyrénées. Les jeunes profils sont particulièrement recherchés.

250. C’est le nombre d’embauches que compte réaliser le groupe Sopra en Midi-Pyrénées. Un important recrutement pour ce qui constitue l’une des principales divisions de la SSII, avec 1.000 collaborateurs en région dont la plupart sur ses trois sites de Colomiers.

Les postes à pourvoir englobent l’ensemble du projet informatique : ingénieur d’étude, business analyst, architecte, consultant, chef de projet, etc.. « Les profils visés sont des bac+5 issus d’école d’ingénieur ou de commerce, ou d’un cursus universitaire. Nous recherchons 30% de gens assez expérimentés, et pour le reste des débutants ou des candidats ayant connu une première expérience », précise Thierry Edme, chef de mission recrutement pour la division toulousaine de Sopra Group.

« Nos collaborateurs sont nos premiers recruteurs »

Pour tenir la cadence – une quarantaine de personnes ont déjà été embauchées depuis le début de l’année –, la société a étoffé son dispositif de recrutement. Objectif : « augmenter l’activité de sourcing et réduire le cycle d’embauche », explique Thierry Edme. « Compte tenu de la concurrence, il s’agit d’offrir une réponse la plus rapide possible au candidat, au risque de le voir accepter une offre ailleurs. »

Car si le chargé de mission parvient encore à « trouver de bons CV », il reconnaît aussi que « le marché se tend un peu ». Résultat : le groupe Sopra doit séduire ses futurs collaborateurs. Cela passe notamment par des accords de partenariats avec certaines écoles afin d’attirer des stagiaires, qui pourront par la suite partager leur expérience avec leurs camarades. Mais aussi par la promotion de « l’esprit de groupe », et la mise en avant d’autres arguments tel l’accompagnement des carrières en interne. Pour cela, la SSII peut compter sur des ambassadeurs de choix. « Nos collaborateurs sont nos premiers recruteurs », assure Thierry Edme. « C’est pourquoi nous affichons un fort taux de cooptation. »
Thomas Gourdin

Photo : Hélène Ressayres - ToulEco.

Atos Origin raccourcit ses process de recrutement

1.500 embauches programmées cette année au national, dont 150 à 200 à Toulouse. Conscient de la tension qui règne actuellement sur le marché, Atos Origin multiplie les actions de recrutement et opte pour « des process très resserrés ».

Mardi 29 mars 2011, Atos Origin organise son « Talent day » à Toulouse. Une rencontre organisée sur le principe des « speed recruiting » que le groupe aura programmé dans seize villes différentes en l’espace de dix jours. « Sur un temps restreint, les candidats passent un entretien avec un manager, sont informés immédiatement de l’intérêt que présente ou non leur profil et ont une réponse définitive dans un délai maximum de trois jours », explique Annick Riou, directeur stratégie et développement ressources humaines du groupe.

Un groupe dans lequel on évolue

Objectif avoué, inciter les meilleurs candidats à se positionner rapidement face à une proposition. « Nous sommes conscients que le marché se tend est c’est en effet un des éléments de notre stratégie pour répondre à nos besoins. » Atos Origin mise également sur la qualité des projets que lui confient ses clients pour convaincre, à commencer par ceux menés pour le compte des principaux acteurs industriels du secteur aéronautique et spatial à Toulouse (EADS, Thales Alenia Space, le CNES...). « Ces projets, intéressants, diversifiés et pointus, sont propices à l’évolution professionnelle des nouvelles recrues qui travailleront, en outre, aux cotés de collaborateurs (800 à Toulouse) possédant un haut niveau d’expérience et d’expertise. » Grâce à sa taille, le groupe peut par ailleurs offrir de réelles opportunités de mobilité, « tant sur le plan métiers, régions que pays, surtout avec l’acquisition de Siemens IT Solutions ans Services. »

Des arguments auxquels les jeunes diplômés (60% des recrutements prévus) en quête d’expérience devraient être sensibles.
Ingrid Lemelle

Photo : Hélène Ressayres - ToulEco.

Eurogiciel mise sur les compétences

La SSII toulousaine Eurogiciel développe une stratégie de recrutement plus minutieuse que la majorité de ses concurrents, sans pour autant avoir la certitude de pouvoir atteindre ses objectifs d’embauche.

Si Eurogiciel a déjà procédé à 230 embauches depuis l’été dernier, le groupe toulousain recherche encore 70 collaborateurs d’ici juin afin de boucler son recrutement pour l’exercice 2010-2011. Sont principalement à pourvoir des postes dans le domaine du conseil qualité, des IT, mais aussi de l’ingénierie. Tant à Toulouse que Bordeaux, Paris ou Marseille.

Pour autant, la SSII n’est pas certaine de pouvoir atteindre ses objectifs d’embauche, malgré le doublement du nombre de ses chargés de recrutement. « Le marché se tend, ce qui provoque un phénomène de pénurie », explique Hugues Morel, directeur général d’Eurogiciel. Une situation qui pénalise d’autant plus le groupe que celui-ci se différencie en proposant une « démarche de proximité » dans sa politique de ressources humaines. « Nous ne procédons pas à du recrutement de masse, et préférons au contraire aller chercher nos collaborateurs un par un, là où d’autres ont une approche globalisante », poursuit le dirigeant. « Il faut parfois plusieurs mois pour trouver la bonne personne. »

30% de débutants

Malgré cela, les débutants représentent 30% des recrutements du groupe. Mais il s’agit souvent de candidats ayant déjà réalisé un stage dans l’entreprise. « Chaque année, nous accueillons une douzaine de stagiaires, issus d’écoles telles que l’Ensseiht, l’Enac, ou l’Isae-Supaéro », précise Hugues Morel.

La tendance de recrutement pour le prochain exercice devrait être « au moins équivalente » pour Eurogiciel, qui a déjà vu ses effectifs multipliés par 2,5 ces cinq dernières années. « L’automobile va connaître une révolution avec le passage du thermique à l’hybride », justifie le directeur général. « Des compétences similaires à celles que nous fournissons pour l’aéronautique vont être requises. »
Thomas Gourdin

Sur la photo : Hugues Morel, directeur général d’Eurogiciel. DR.

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Eux aussi recrutent

A Blagnac, LGM prévoit de recruter rapidement une dizaine d’ingénieurs, des profils ayant une expérience forte des grands donneurs d’ordre et des spécialistes électroniques et/ou logiciels. Steria, qui déménagera dans de nouveaux locaux à Colomiers cet été, annonce 250 embauches cette année, dont 85% d’ingénieurs informatiques. Akka Technologies veut en créer 260 postes. Sogeti, filiale de Capgemini, souhaite recruter 150 informaticiens. GFI Informatique a annoncé un plan de recrutement portant sur 75 postes. Une liste qui ne serait complète sans EffiTIC, mais aussi Assytem, Altran....)]

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Source : https://www.toulemploi.fr/Ingenierie-Informatique-La-grande-1796