Comment réussir à travailler après 60 ans ?

Adopté le report de 60 à 62 ans de l’âge légal de départ à la retraite (le 8 octobre 2010). Adopté également le report de 65 à 67 ans l’âge de la retraite sans décote (hier après-midi 11 octobre). Un vrai défi lorsqu’on sait combien certains ont déjà du mal à se maintenir en emploi, et plus encore à retrouver du travail. La directrice du cabinet conseil en ressources humaines Menway Sud-Ouest, estime pourtant que de nombreux leviers existent... même après 60 ans !

Trouver du travail après 50 ans, voire 60 ans, cela ne relève-t-il pas un peu de la « mission impossible » ?
C’est difficile, c’est certain, mais pas impossible non. Il faut en fait partir des freins au maintien dans l’emploi et au recrutement des seniors. Or quels sont-ils ? Les seniors ont souvent été formatés au management hiérarchique, oublié d’actualiser leurs compétences aux nouvelles technologies, d’entretenir leur réseau en dehors de leur propre entreprise... et ce, alors même que le monde du travail a évolué, que de nouvelles organisations de travail exigent adaptabilité et fluidité. Le senior a en outre souvent tendance à être un peu « donneur de leçons » du fait de son expérience, alors que l’ouverture et le partage sont au contraire la clé de bonnes relations entre juniors et seniors. Facteur auquel les entreprises sont évidemment sensibles.

Le senior doit donc se remettre en question ?
En partie oui, car c’est un fait, pour garder son travail ou en trouver un, il faut avoir envie et donner envie. Je parlais aussi de réseaux, car plus encore que pour le reste du marché, les offres ouvertes des seniors sont à 80/90% cachées. C’est donc essentiel de cultiver ses réseaux, l’idéal étant de le faire lorsqu’on est toujours en poste... C’est d’ailleurs à ce moment là qu’il ne faut hésiter (ni craindre !) à faire un entretien de seconde carrière pour faire le point, à utiliser son DIF ou la VAE pour actualiser, développer ou faire reconnaître ses compétences...

Et pour les seniors au chômage ?
Il y a le bilan de compétences. Mon cabinet, comme d’autres, propose des bilans spécifiques qui permettent aux seniors d’identifier leurs points faibles, mais aussi l’expertise qu’ils peuvent valoriser, et ainsi, de reprendre confiance en eux. L’occasion de renouer avec l’optimisme et d’adopter du même coup la devise de Woody Allen qui déclare : « Ce qui m’intéresse le plus c’est l’avenir, car c’est là que j’y ferai ma vie ! ».

Il y a aussi beaucoup de seniors motivés et expérimentés mais au chômage faute de trouver des entreprises prêtes à les embaucher...
C’est vrai, mais les choses évoluent. Les entreprises prennent peu à peu consciences de leurs nombreux atouts : la flexibilité, l’autonomie, l’expertise, l’expérience... or dans certains métiers, l’expérience vaut de l’or ! Et pour certaines, les seniors peuvent apporter un vrai plus dans une équipe, dans laquelle ils peuvent jouer un rôle de régulateur. On le constate par exemple au niveau des retraités de l’armée, très recherchés pour leur autorité, leur rigueur et leur autonomie.

Vous êtes donc plutôt optimiste ?
Oui car l’entreprise a tout à gagner à s’intéresser aux seniors qui ont eux-mêmes de multiples intérêts (financiers et personnels) à continuer à travailler.
Propos recueillis par Ingrid Lemelle

Sur la photo : Ce qui m’intéresse le plus c’est l’avenir, car c’est là que j’y ferai ma vie !", cite Corinne Cabanes. Photo Hélène Ressayres - DS Média.

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Source : https://www.toulemploi.fr/Comment-reussir-a-travailler-apres-1430