Le constat est assez terrible. Si seuls 30% des jeunes de moins de 24 ans ont un emploi en France (le taux le plus bas d’Europe), une majorité d’entre eux occupe de plus un poste précaire... et finit, hélas, par se maintenir dans cette précarité. Afin d’anticiper sur ces parcours chaotiques, facteurs d’instabilité sociale, la Fondation d’Auteuil a élaboré un projet que le Haut Commissariat à la Jeunesse a avalisé.
Le DEPAR, pour Dispositif Expérimental de Plate-formes pour une Alternance Réussie, tend à promouvoir la formation par l’alternance et à accompagner les jeunes jusqu’à leur totale autonomie. C’est-à-dire jusqu’à ce qu’ils aient non seulement trouvé un emploi durable, mais aussi un logement, soit en capacité de gérer leur budget et de se mouvoir. Un soutien, pendant au moins deux ans, qui sera examiné par le CREDOC afin de déterminer si l’expérimentation, menée sur trois régions dont Midi-Pyrénées, peut être pérenne et étendue à toute la France.
Des diplômes dans neuf métiers
Tous les jeunes de 16 à 25 ans sont concernés par l’opération. Les 16-18 ans seront cependant prioritaires pour réfléchir à une orientation choisie et intégrer de fait « une formation qui aura du sens pour eux », souligne Françoise Axisa-Cassan, chef de projet régional formation continue de la Fondation d’Auteuil. L’idée est de mettre le jeune au centre du dispositif, de lui laisser tout libre-arbitre afin qu’il soit acteur à part entière de son projet. Il sera également accompagné de bout en bout par un seul et même référent pour prévenir toute rupture : « le dispositif, via l’alternance, doit sécuriser l’orientation et entraîner le jeune à assumer jusqu’au bout sa décision », explique Françoise Axisa-Cassan.
110 jeunes de Midi-Pyrénées vont pouvoir bénéficier du D.E.P.A.R. pour chaque promotion. Neuf métiers leur sont proposés, essentiellement dans le bâtiment, mais également dans les espaces verts et, à venir, dans la restauration. Les formations auront lieu dans les établissements de la fondation. Pour recruter les candidats, tous les partenaires institutionnels, des collèges à Pôle emploi en passant par les Chambres Consulaires ou les Missions locales, vont diffuser l’information.
_A l’issue d’une réunion à laquelle les postulants sont conviés, des tests (maîtrise de la lecture, de l’écriture et des quatre opérations évaluée) puis un entretien détermineront ceux qui entreront dans le dispositif. Il sera déployé en trois phases : choix d’orientation et validation, contrat d’alternance, puis insertion globale durable avec signature d’un contrat définitif de travail, installation dans un logement, acquisition du permis de conduire et apprentissage de la gestion d’un budget. Bref, de quoi prendre un bon départ !
Nathalie Malaterre
Fondation d’Auteuil : 05 62 80 75 75
