ToulEmploi

Publié le lundi 10 mars 2014 à 14h30min par Thomas Gourdin

En Midi-Pyrénées, l’emploi progresse dans les transports et la logistique

Malgré la crise et des difficultés de recrutement, le secteur des transports et de la logistique continue d’embaucher en région. Le vieillissement de la profession et les ventes par Internet contribuent en effet à créer la demande.

En 2012, 400 emplois ont été créés dans les transports et la logistique en Midi-Pyrénées. C’est ce que révèle l’étude annuelle de l’Observatoire prospectif des métiers et des qualifications dans les transports et la logistique (OPTL). Un tableau de bord qui rappelle que, malgré un repli entre 2007 et 2009, le secteur a gagné quelque 2.000 emplois au cours des huit dernières années. « Midi-Pyrénées n’est pas une région de production mais de distribution », justifie Bernard Baranowski, président de l’observatoire. Et ce sont surtout les petits colis, à travers les ventes par Internet notamment, qui créent de l’emploi. »

Le métier qui a connu la plus forte croissance de ses effectifs est évidemment celui de conducteur, puisqu’il représente 60 % de la profession. « Mais pas seulement !, insiste Christine Boy, déléguée régionale de l’Association pour le développement de la formation professionnelle dans le transport (AFT). Le magasinage et la manutention recrutent également. » Dans ce domaine, près de 2.000 postes – qualifiés ou non – étaient ainsi à pourvoir en 2013 si l’on en croit les intentions de recrutement exprimées dans l’étude de l’OPTL.

« Une image à améliorer »

Si, pour 2014, seuls 2% des sondés envisageaient d’augmenter leurs effectifs, ce chiffre est toutefois à relativiser selon Christine Boy : « L’étude a été menée au moment du projet d’écotaxe, avant que le gouvernement n’annonce sa suspension. Tout le monde était dans le flou. » Et le vieillissement de la profession, avec plus de 400 salariés qui ont passé le cap des 60 ans en 2012, devrait contribuer à maintenir un certain niveau d’embauches.

En revanche, les difficultés de recrutement apparaissent bien comme une tendance de fond : elles atteignent 56% des projets d’embauche chez les conducteurs de véhicules légers (taxis, ambulances), 45% chez les chauffeurs routiers et même 12% chez les ouvriers non qualifiés de l’emballage ou les manutentionnaires. « Il peut y avoir des soucis selon les zones démographiques. Ensuite, la plupart des demandeurs d’emploi n’ont pas la qualification recherchée. Et enfin, beaucoup de jeunes choisissent cette filière de formation par défaut ou par erreur. C’est à nous de mieux les cibler, mieux les attirer. Trop de gens ont encore une image du métier qui reste à améliorer », souligne Christine Boy.

Si le BTS Transports reste le mauvais élève en attendant de voir les effets de la refonte de son programme (23% d’insertion à six mois), le CAP Conducteur routier marchandises place à l’inverse 78% de ses élèves. Au total, 47% des étudiants ou apprentis ayant suivi un cursus de formation dans le transport ou la logistique ont trouvé un emploi moins de six mois après obtention de leur diplôme. Dont 51% en CDI.
Thomas Gourdin

Sur la photo : "Ce sont surtout les petits colis, à travers les ventes par Internet notamment, qui créent de l’emploi", estime Bernard Baranowski, président de l’observatoire prospectif des métiers et des qualifications dans les transports et la logistique. Photo CandyBox Images - Fotolia.

La féminisation stagne

En 2012, 5.017 femmes étaient salariées dans les transports et la logistique en Midi-Pyrénées. Soit un taux de féminisation de 18,1%, qui a cependant tendance à stagner. En effet, si les transports de voyageurs et de marchandises voient arriver davantage de femmes, le transport sanitaire et les prestataires logistiques affichent une courbe inverse.
« Nous n’avons pas perdu de femmes. Il y a des marques de progrès mais nous manquons de candidates », regrette Christine Boy. Pourtant, comme le rappelle Bernard Baranowski, « le métier n’est plus pénible comme avant, lorsqu’il fallait remuer des palettes ». Le président de l’OPTL note en revanche des inégalités salariales, « surtout dans les grandes entreprises et aux postes de direction ».