Quelles sont les nouvelles aides de l’Agefiph ?

La formation, et notamment l’alternance, sera le fil rouge de la 17ème SEPH. Elle est également au coeur des actions soutenues par l’Agefiph, laquelle a considérablement renforcé sa politique de soutien aux entreprises, à commencer sur le plan financier...

Jean-François de La Rivière, vous êtes le délégué régional de l’Agefiph, opérateur central de la politique de l’emploi des personnes handicapées, quels en sont justement les principaux axes ?
Le premier enjeu porte sur l’insertion professionnelle, l’évolution de la demande d’emploi des personnes handicapées restant supérieure à la moyenne. Le nombre de demandeurs d’emploi bénéficiaires de l’obligation d’emploi (DEBOE) a ainsi progressé de 13% en Midi-Pyrénées entre juin 2012 et juin 2013, et surtout, ils représentent 10,1% du total des demandeurs d’emploi de la région, contre 7,8% en moyenne en France.
Notre seconde priorité, c’est le maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés, le nombre d’avis d’inaptitude au poste de travail ou à tous postes, continuant à augmenter très fortement.
La Semaine pour l’emploi des personnes handicapées va nous permettre de rappeler que la mobilisation doit donc plus que jamais continuer, mais aussi de communiquer sur les solutions que nous apportons en matière d’aide au recrutement et au maintien dans l’emploi.

Quelles sont-elles ?
Au niveau de l’insertion, nous misons notamment beaucoup sur l’alternance, qui montre de très bons résultats en matière d’intégration des personnes handicapées. En juin dernier, nous avons ainsi réévalué nos aides, qui atteignent désormais 3.000 euros par an pour l’entreprise, une aide qui peut être combinée avec un soutien au tutorat, dès lors que le contrat excède les 12 mois. Nous accompagnons alors financièrement l’employeur (jusqu’à 2.000 euros) qui met un tuteur à disposition de la personne recrutée. Cela permet de conforter son intégration et donc de limiter les taux de rupture des contrats.

L’Agefiph a également décider d’abonder les aides de l’État pour les contrats aidés...
Oui, concernant les emplois d’avenir dans le secteur marchand, normalement soutenus à hauteur de 35% du Smic, nous complétons en effet l’aide de l’État pour les rendre aussi intéressants que les emplois d’avenir du secteur non marchand. L’employeur reçoit donc une aide équivalente à 75% du Smic la première année, puis à 55% la seconde année.
Concernant le contrat de génération, nous avons également décidé d’intervenir sur la partie maintien en emploi ou recrutement des travailleurs handicapés de 55 ans et plus en abondant l’aide de l’État d’une somme de 4.000 euros.
Nous pouvons à ce titre accompagner plus largement les entreprises confrontées à la problématique de maintien en emploi de salariés seniors.

De quelles façons ?
Lorsqu’un salarié de plus de 55 ans est contraint à passer à temps partiel en raison de la survenue d’un handicap, nous pouvons accompagner l’entreprise et prendre en charge une partie de la rémunération du salarié jusqu’à son départ à la retraite (la date doit être connue). L’aide, de 6.700 euros par an pendant trois ans maximum, peut être lissées sur cinq ans, ce qui permet d’un côté au salarié de garder son emploi et, de l’autre, à l’entreprise de conserver des compétences. L’un des nombreux exemples de solutions que nous pouvons être amenés à proposer aux employeurs dans le cadre du maintien dans l’emploi des TH.

Vous avez là aussi augmenté les moyens de votre service dédié, le Service d’appui au maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés (Sameth)...
Oui, car comme je vous le disais plus tôt le nombre d’avis d’inaptitude continue à augmenter, or un simple aménagement de poste peut parfois suffire à maintenir un salarié à son poste. Le Sameth apporte conseil et financement aux entreprises concernées, lesquelles ont tout intérêt à solliciter son aide. Non par charité, mais bien parce que c’est le moyen de conserver des personnes compétences et souvent très motivées.
Nous sensibilisons également nos partenaires organismes paritaires collecteurs agréés pour qu’ils identifient et sensibilisent le public dit fragile aux leviers qui peuvent être activés dans une optique d’insertion durable.

Au-delà de l’alternance, vous êtes également très actifs au niveau du financement de la formation des demandeurs d’emploi handicapés
Oui, je tiens d’ailleurs à saluer l’important travail réalisé par la Région en termes d’accessibilité des formations au public handicapé, Midi-Pyrénées faisant partie des trois régions les plus exemplaires en la matière. Nous contribuons pour notre part à la formation qualifiante et certifiante des demandeurs d’emploi reconnus travailleurs handicapés en finançant chaque année plus d’un millier de cursus, soutien que nous renforçons cette année en apportant notre soutien à environ 400 formations supplémentaires dans le cadre du plan national « 30.000 formations pour les demandeurs d’emploi ».

Comment toutes ces aides peuvent-elles être activées ?
En nous contactant, ou en sollicitant directement les Cap emploi de votre département, pour la partie recrutement, ou les Sameth, pour le volet maintien dans l’emploi.
Propos recueillis par Ingrid Lemelle

Plus d’infos sur www.agefiph.fr


Sur la photo : Jean-François de La Rivière, délégué régional de l’Agefiph. Photo Hélène Ressayres - ToulEmploi.

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Source : https://www.toulemploi.fr/Quelles-sont-les-nouvelles-aides-de-l-Agefiph,11992