Les métiers de l’immobilier ont-ils de l’avenir ?

Dans la perspective du prochain salon immobilier de Toulouse, les 19, 20 et 21 mars 2010, nous avons souhaité faire le point sur les débouchés d’un secteur qui fut longtemps considéré comme très porteur.
Qu’en est-il aujourd’hui ? Réponse d’Emmanuelle Lassalle-Michel, présidente de la Fédération Nationale des Agents Immobiliers (FNAIM) de Haute-Garonne.

Les agences immobilières ont beaucoup souffert ces dernières années. Peut-on, dans ce contexte, toujours parler de secteur d’avenir ?
Les agences immobilières ont effectivement beaucoup souffert fin 2008 /début 2009, même si la situation a été assez contrastée. Ce sont en effet les plus récentes, et donc celles qui n’avaient pas eu le temps de s’acclimater avec ce marché fluctuant qui ont surtout fermé. D’autres ont également été contraintes à se séparer de leur personnel, dans les services de transaction notamment, ou de geler les embauches en raison de la chute de leur chiffre d’affaires. Pour autant, il serait inexact d’en conclure que l’immobilier n’est plus un secteur d’avenir. En Haute-Garonne, le marché du logement a retrouvé une certaine vigueur depuis quelques mois, et cela va continuer !

Quels seront donc les besoins des professionnels au cours des prochaines années ?
Nous aurons besoin de techniciens chargés de gérer et de négocier des biens immobiliers dans les secteurs de l’habitation, des bureaux, des commerces et des terrains. Leurs compétences devront couvrir des domaines aussi divers que la comptabilité, le droit, la fiscalité, l’action commerciale, l’informatique, les NTIC, les techniques de communication professionnelle, les technologies du bâtiment… De vrais professionnels donc ! Il faut également noter que la profession accuse un déficit de candidats présentant des profils de principaux de copropriété.

Quelles sont les filières de formation qui permettent justement d’intégrer le secteur ?
A la faveur d’un marché en croissance ces dernières années et pour répondre à une demande de personnel qualifié de plus en plus vive de la part des professionnels, les filières de formation se sont multipliées. Il existe notamment le BTS professions immobilières du lycée de Cugnaux ou les BTS en alternance proposés par un certain nombre d’écoles privées ou par la CCIT, qui propose également le Bachelor option immobilier (appelé à succéder à l’INSIM) avec l’Ecole Supérieure de Commerce. La filière universitaire, à travers la Faculté de droit, est toute indiquée pour les postes de principaux de copropriété ou les services juridiques. Il y a enfin l’Institut des Etudes Juridiques de l’Urbanisme et de la Construction, la Licence Professionnelle en immobilier de l’IUT Paul Sabatier…

En termes de salaires, quelles sont les pratiques ?
Dans la gestion et le syndic, les rémunérations sont fixes et fonction des performances des salariés ou de la quantité de lots à gérer. Elles sont par ailleurs souvent plus fortes pour les principaux de copropriété, assujettis à des horaires plus élastiques du fait des assemblées générales. Dans le secteur de la transaction, les salaires sont en revanche fonction des résultats, du nombre de biens vendus. Les statuts les plus répandus sont alors ceux d’agent commercial, indépendant, et de VRP salarié, protégé par un minimum annuel garanti équivalant à 13 fois le SMIC.

Quelles sont les qualités requises et les clés pour faire carrière dans l’immobilier ?
Avoir le sens du contact, de l’échange, une grande rigueur et, au-delà de tout, être persévérant, patient, à l’écoute, et avoir le goût du service. Nous insistons également beaucoup sur le sens de l’éthique et de la déontologie (tant vis-à-vis de ses clients que de ses confrères), indispensable pour s’inscrire dans la durée. Il faut enfin aimer actualiser ses connaissances, une obligation que la FNAIM accompagne d’ailleurs en proposant plus de 200 stages de formation continue.
Propos recueillis par Ingrid Lemelle

Sur la photo : Emmanuelle Lassalle-Michel, présidente de la FNAIM de Haute-Garonne. Photo Hélène Ressayres - DS Média.

Réagir à cet article

Source : https://www.toulemploi.fr/Les-metiers-de-l-immobilier-ont-1094