IA : quels besoins (et réponses) en Occitanie ?

Quelles compétences IA développer au sein des entreprises numériques ? Quelle offre de formation initiale et continue assurer ? L’étude de l’Opiiec met en lumière la composante managériale à adapter, plus que le besoin d’experts.

Les conclusions de l’étude menée par l’Opiiec* « Formations et compétences pour l’intelligence artificielle (IA) en France » peuvent paraître surprenantes. Présentée ce mardi 21 janvier, à Toulouse, à la demande du cluster d’Occitanie Digital 113, elle met d’abord l’accent sur l’identification des bons cas d’usage de l’intelligence artificielle en entreprise, car l’IA ne serait pas toujours pertinente. « La base consiste à rassembler les personnes capables de déterminer les besoins en IA. Un data scientist seul ne répondra pas forcément à ce préalable. Quant à l’expert métier, tel un consultant en management ou un directeur d’activités, il reste essentiel dans cette identification. Car chaque métier va évoluer avec l’IA, certains pour 25% des tâches, d’autres pour 10%. C’est donc le modèle d’organisation de l’entreprise dans son ensemble qui devra être reconsidéré », explique David Ducau, consultant sous-traitant de l’Opiiec pour cette étude. En cela, la montée des experts IA dans l’entreprise n’impacte-t-elle pas les besoins en métiers consolidés.

Des définitions de postes à périmètre variable

L’étude montre par ailleurs une forte polarisation des offres d’emploi en experts IA (data scientist, data engineer, data miner, développeur ou ingénieur machine learning) en Île-de-France pour 75% contre 7% en Occitanie. Mais derrière ces intitulés de postes, se cachent des missions bien différentes. « Le poste d’architecte IA correspond par exemple à la personne qui définit les bons cas d’usage. Mais ce profil sera difficile à recruter dans 72% des cas, car il induit une réelle expérience des situations en entreprise », selon David Ducau.

Une concentration des formations en Île-de-France

Aujourd’hui, près de 400 formations initiales et professionnelles en IA ont été recensées en France. 19 sont dispensées en Occitanie. Dans la branche du numérique, du conseil et de l’ ingénierie, 65% des data scientists ont un niveau Master en France, contre 43% dans le monde, et 26% un niveau Doctorat en France, contre 16% dans le monde. « Il apparaît qu’en France, les entreprises recrutent leurs experts IA à un niveau plus élevé dans l’espoir qu’ils sachent tout faire. » Enfin, les offres de formations initiales en IA sont concentrées à 31% en Île-De-France, contre 6% en Occitanie. Quant aux formations professionnelles, elles sont réunies à 67% en Île-de-France, contre 3% en Occitanie. « Mais dans certains cas, nul besoin d’embaucher un spécialiste. Certains dispositifs à faible coût pédagogique, comme une formation en ligne ou en présentiel court peuvent suffire. »

Un dispositif de financement en Occitanie pour les PME

En Occitanie, l’institut interdisciplinaire d’intelligence artificielle ANITI, créé en avril 2019, intègre un volet formation dans ses missions. Le doublement du nombre d’étudiants formés à l’IA d’ici 2023 et l’intégration de l’IA à tous les niveaux de formation depuis le Baccalauréat jusqu’au Master sont annoncés comme objectifs.
De leur côté, la Direccte Occitanie et l’Opco Atlas proposent un dispositif de financement des formations à l’IA pour les PME. Il permet une prise en charge comprise entre 50% et 100%, pour des formations réalisées avant le 31 décembre 2020.
Isabelle Meijers

*OPIIEC : Observatoire des métiers du numérique, de l’ingénierie, des études et du conseil et de l’événement

Photo DR.

Pour tout renseignement sur ce dispositif, contacter Mathilde Brivady, mbrivady@opco-atlas.fr

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Source : https://www.toulemploi.fr/L-intelligence-artificielle-en-entreprise-ne-se-limite-pas-au,27977