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Publié le lundi 2 octobre 2017 à 17h11min par Agnès Fremiot

Toulouse : après le manga, l’EIMA se spécialise dans l’animation japonaise

Dans un an, l’École internationale du manga (EIMA) lancera un cursus unique en son genre, en France, entièrement dédié à l’animation japonaise. La finalité des futurs diplômés sera de faire carrière à l’autre bout du monde, dans un pays qui connaît un déficit chronique d’animateurs.

Il y a un an, l’École internationale du manga (EIMA) démarrait à Toulouse, sur l’impulsion de Claire Pélier, sa directrice et créatrice. Dès 2018, l’établissement élargira son activité avec l’ouverture d’une section dédiée spécifiquement à l’animation japonaise. Ce cursus de deux ans aura pour but de préparer les élèves à entrer dans le monde de l’animation… au Pays du soleil levant ! « Au Japon, on démarre forcément au bas de l’échelle, voilà pourquoi nous avons limité sa durée à deux ans », précise Claire Pélier. Cette formation permettra également d’intégrer des studios en France et en Europe. Ses enseignements porteront sur le "Genga" et le "Dôga", deux étapes clés de l’animation. « Ils travailleront également intensivement la langue japonaise, absolument indispensable pour travailler dans le pays. »

Des carrières dans le manga, le jeu vidéo ou l’animation

Une offre si spécifique, qu’elle est, à la connaissance de Claire Pélier et des spécialistes qui travaillent sur l’élaboration de son contenu, absolument unique en son genre. Les candidatures pour la rejoindre sont ouvertes dès aujourd’hui. Sept périodes de stage de sélection auront lieu en février, avril et juillet afin de recruter les quinze premiers élèves qui devront être passionnés et avoir au moins seize ans.. Quant aux débouchés, ils sont nombreux. « Le Japon connaît un déficit catastrophique d’animateurs, les heures d’animation sont plus nombreuses que les professionnels dédiés. »

La section manga de l’EIMA se spécialise, quant à elle, dans la formation en trois ans de mangakas. « Mais nous savons, et nous leur disons dès le départ, qu’ils ne le seront pas tous. Ils pourront aussi devenir character designer, concept artist, story-boarder, ou illustrateur pour les univers du jeu vidéo ou de l’animation », précise Claire Pélier. C’est également pour une question de débouchés que la directrice de l’école a d’ailleurs choisi de ne pas remplir entièrement sa nouvelle promotion. « Nous pourrions en former jusqu’à 25, mais nous tenons à nous assurer que nos élèves aient un avenir professionnel. » Elle est d’ailleurs satisfaite de constater que certains de ses étudiants ont déjà convaincu les acteurs du secteur. « Plusieurs d’entre eux sont déjà suivis par des maisons d’édition. »

Il faut dire que le rythme de la formation est intense : 60 heures de travail en moyenne par semaine pour les élèves, qui doivent réaliser, en un an, 400 pages de story-board, 100 pages finalisées, apprendre l’anglais, le japonais et l’histoire de l’art. L’EIMA recrute des élèves non seulement doués en dessin, mais également en narration. « Il faut qu’ils soient tenaces et déterminés et qu’ils aient déjà une mentalité de professionnel », conclut Claire Pélier.
Agnès Frémiot

Coût de la formation : 6000 euros par an pour l’EIMA, 3600 euros pour l’année de prépa. Coût encore indéterminé pour la section animation.

Sur la photo : L’EIMA proposera dès l’an prochain un cursus animation japonaise, en plus de celui dédié au manga. DR.