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Publié le lundi 16 septembre 2013 à 18h15min par Ingrid Lemelle

Sur quoi travaille le Serious Game Research Network ?

Un Groupement d’intérêt scientifique (GIS) dédié au serious game a vu le jour dans le cadre de l’Université de Toulouse. Pierre Lagarrigue, son directeur, revient sur le développement du secteur en France et l’objectif de ce groupe de travail.

Comment l’Université de Toulouse travaille-t-elle sur le serious game ? Et pourriez-vous nous donner, au préalable, une définition du serious game ?
Il s’agit de l’association du jeu vidéo à un objectif utilitaire de formation, de sensibilisation, d’éducation ou de communication. Il s’adresse à divers secteurs (industrie, santé, banque…) et à différentes cibles, aussi bien les professionnels que le grand public. Ces nouveaux outils permettent d’apprendre en faisant et ils peuvent être dupliqués à l’infini de façon économique, ce qui ouvre de nouvelles perspectives à la formation.

Qu’en est-il du développement du marché du serious game en France ?
C’est un secteur en pleine explosion, qui affiche actuellement une croissance à deux chiffres. Le marché français pourrait atteindre les 84 millions d’euros fin 2015. Il s’est développé dans le cadre de l’arrivée de la Génération Y, « digital native », dans les universités et le monde du travail. Ces jeunes recherchent en effet dans le contexte professionnel les outils qu’ils utilisent dans leur vie privée.

Quelle est la genèse de votre Groupement d’intérêt scientifique (GIS) ?
Nous avons commencé à développer un outil de formation dédié au génie mécanique. En travaillant sur ce serious game, nous nous sommes rendus compte qu’il impliquait des compétences larges en informatique, en ergonomie, en didactique, en psychologie et en sociologie…et nous avons commencé à associer les différents laboratoires sur le projet. Il fallait mettre en place une structure pour les rassembler, c’est ce qui a abouti à la création du GIS.

Quelles sont ses spécificités ?
Notre objectif est de créer un environnement de collaboration durable entre des acteurs de la recherche, de l’innovation et du transfert de technologie travaillant sur le serious games. Les douze structures de tutelle des laboratoires se sont donc regroupées sous un chapeau commun et ont adhéré au GIS. Il ne s’agit pas uniquement d’un projet pluridisciplinaire mais de gens qui se mettent ensemble pour répondre à un projet commun.
Mais sa plus grande particularité est de ne pas compter que des universitaires. Nous avons également une entreprise, KTM Advance, qui apporte sa touche industrielle. Nous disposons ainsi d’une chaîne entière de compétences de la constitution à la validation de l’outil en situation de formation.

Quels sont les projets que le GIS mènent actuellement ?
Nous nous concentrons pour le moment sur les thématiques de la santé et du génie mécanique avec le développement d’un module de formation de gestion des risques en bloc opératoire créé avec le CHU de Toulouse et KTM Advance, baptisé 3D VOR (cf l’image ci-contre). Mecagenius, le serious game dédié au génie mécanique, est devenu, de son côté, un produit commercial, dont la première vente a eu lieu cet été. Son expérimentation démarrée en Ile-de-France va se poursuivre en Midi-Pyrénées entre les mois de septembre et de décembre.
Propos recueillis par Agnès Frémiot

Sur la photo : Pierre Lagarrigue, professeur de génie mécanique, est le directeur du Serious Game Research Network. DR.