ToulEmploi

Publié le lundi 30 novembre 2015 à 17h23min par Ingrid Lemelle

Quelles sont les formations les plus rentables ?

Se former a un coût. Estimé à 10.000 euros par étudiant et par an, dans le supérieur. Un investissement à la charge des étudiants et/ou de leur famille dans le privé. D’où la question de la rentabilité. Le point avec Paul Courtaud, à quelques jours de d’Infosup, à Toulouse.

Paul Courtaud, vous êtes le directeur général de Success Torus, spécialisé dans le coaching d’orientation scolaire. Aujourd’hui, on observe qu’entre les formations universitaires, quasi gratuites, les cursus privés, qui peuvent coûter plusieurs dizaines de milliers d’euros par an, en passant par l’alternance, les modules courts… la palette est très large. Comment estimer la « rentabilité » d’une formation ?
Elle s’apprécie au regard du coût de la formation et de tous les frais annexes, qui seront très variables selon que l’on étudie en province, à Paris ou à l’étranger. Du nombre d’années d’études, mais aussi du temps moyen nécessaire pour décrocher son premier emploi. Et puis, bien sûr, du salaire que le diplômé peut espérer en début de carrière, à moyen et long termes. C’est en juxtaposant tous ces aspects que l’on peut estimer le « retour sur investissement », qui pourra être négatif, équilibré ou au contraire très positif.
Car une formation rentable est avant tout une formation liée au marché de l’emploi. Qu’elle soit gratuite, rémunérée dans le cas de l’alternance, chère, voire très chère, elle représente certes un engagement personnel et financier qui ne vaut la peine que s’il débouche sur un travail.

Une formation coûteuse est-elle un gage de qualité ?
Non, pas plus qu’une formation gratuite ne peut être perçue comme forcément rentable. On constate que le tarif est rarement connecté à l’excellence pédagogique ou à l’insertion professionnelle. Encore une fois, indépendamment de son prix, une bonne formation doit permettre de s’insérer sur le marché du travail. Cela repose donc sur les secteurs et les métiers auxquels elle conduit. Seront-ils porteurs à l’issue de la formation, et à plus long terme ? Une fois ce point validé, il faut étudier l’offre de formation correspondant à son projet : quelles sont les écoles qui peuvent me préparer, de quelle façon (l’environnement pédagogique est un facteur très important à prendre en compte pour choisir celui qui vous conviendra le mieux), les enseignants sont-ils des professionnels, quelle est la place des stages, quels postes occupent les anciens diplômés… ?

Une véritable étude de marché, quoi ! Mais comment s’y prend-on ?
C’est vrai qu’il est conseillé de faire sa petite enquête. Auprès des écoles, mais aussi en consultant les études prospectives des métiers, certains classements, internet… et surtout, en ayant recours aux réseaux sociaux professionnels tels que Linkedin. C’est une formidable opportunité d’entrer en contact avec les profs et les anciens élèves, de leur poser des questions et de leur demander des conseils. C’est ce que nous faisons chez Success Torus pour chaque jeune que nous accompagnons dans son projet d’orientation. Et c’est très efficace !

Est-il possible de négocier ses frais de scolarité ?
Je n’ai pas eu connaissance personnellement de telles pratiques, mais je ne serais pas du tout étonné que cela arrive. Ce qui est certain, c’est que la marge réalisée sur certains cursus laisserait une opportunité de négociation (rires). Il existe, dans tous les cas, une forte concurrence entre certaines écoles, un contexte économique propice, et une évolution des modes de consommation qui va dans ce sens… Donc oui, c’est de l’ordre du possible !

Un dernier conseil ?
Eh bien, au-delà de la question du coût, mais aussi parce qu’elle a justement un coût, j’aimerais conclure en rappelant qu’une formation rentable est avant tout une formation bien choisie au regard de son projet de vie, de sa personnalité… Car une mauvaise orientation coûte très cher ! En argent, mais aussi en temps et en motivation perdus. Or pour les jeunes qui ne savent pas encore précisément ce qu’ils veulent faire, bien s’orienter, c’est choisir une voie qui leur donnera éventuellement la possibilité d’évoluer, de bifurquer… en cours de route. Il faut alors être très attentif au type de diplôme que l’on va préparer, vérifier qu’il ouvrira des passerelles et permettra d’intégrer d’autres cursus. Surtout si on envisage des études à l’international !
Propos recueillis par Ingrid Lemelle

Photo Hélène Ressayres - ToulEmploi.