ToulEmploi

Publié le lundi 20 mars 2017 à 13h53min par Ingrid Lemelle

Quelle menace pèse sur l’intérim en Occitanie ?

Depuis le second semestre 2016, l’emploi intérimaire ne cesse de progresser en Occitanie. Une très bonne nouvelle qui soulève toutefois un problème : le manque, voire l’absence de candidats. Le point avec Joël Évrard, président du Prism’emploi en Occitanie.

Les derniers baromètres publiés par le Prism’emploi font état d’une nette reprise du marché de l’intérim, est-ce également le cas en Occitanie ?
Oui, même si elle a été moins marquée qu’au national, où le marché a évolué de 6,7% en 2016, contre 2,1% dans la région. Cela est dû à d’importantes disparités géographiques, les Hautes-Pyrénées, l’Ariège, l’Aveyron, l’Hérault et les Pyrénées-Orientales ayant beaucoup souffert. La croissance a, en fait, été principalement soutenue par la Haute-Garonne et le Tarn. Cependant, depuis septembre 2016, la reprise est importante, et surtout, continue. En janvier dernier, l’Occitanie était même la seconde région française en termes d’évolution, l’emploi intérimaire ayant progressé de 12%, par rapport à début 2016.


Quels sont les secteurs qui tirent le plus cette croissance ?

L’industrie représente toujours l’essentiel de l’activité, notamment en Haute-Garonne, mais le BTP a nettement redémarré depuis quelques mois, et le secteur du transport et de la logistique confirme son dynamisme. Ce qui devrait à mon sens durer, car cette tendance semble étroitement liée à une évolution des usages. Les entreprises ont en effet de moins en moins de stock, et travaillent beaucoup en flux tendu… Les services restent également pourvoyeurs d’emplois. On constate, en outre, que tous les niveaux de qualifications bénéficient de cette reprise.

Concernant le BTP, elle semble surtout profiter à l’intérim pour l’instant, vous confirmez ?
C’est sûrement vrai dans les travaux publics, qui manquent encore de visibilité en cette année électorale, mais moins dans le bâtiment. La construction de logements, de cliniques ou d’Ehpad se développe un peu partout et génèrent des besoins, aussi bien en intérimaires qu’en salariés en CDI. Le problème, c’est que le secteur est confronté à une pénurie de profils. Tous les métiers du bâtiment ou presque sont aujourd’hui en tension. Une difficulté que nous observons plus largement dans tous les secteurs d’activité, et qui nous impacte donc nous aussi, professionnels de l’intérim… Cette distorsion entre l’offre et la demande d’emploi est inquiétante. Le marché est dynamique, mais menacé par la pénurie de profils. Nous allons donc continuer à former fortement pour pouvoir répondre aux besoins de nos clients.

Le CDI intérimaire profite-t-il lui aussi de la reprise ?

Oui, nos adhérents signent environ 800 CDI intérimaires par mois au national, et pas uniquement avec des profils qualifiés, comme nous avions pu l’imaginer. Ce sont au contraire des personnes peu ou pas qualifiées qui sont ainsi recrutées, et souvent accompagnées dans un parcours de formation. Cela nous permet de sécuriser et de fidéliser nos intérimaires. Aujourd’hui notre syndicat plaide pour de nouvelles innovations, à l’image de la fusion du CDD et du CDI en un seul et même contrat à droits progressifs, ou de la possibilité pour les indépendants de rejoindre nos agences pour d’avantage de sécurité.
Propos recueillis par Ingrid Lemelle

Sur la photo : Joël Évrard, président du Prism’emploi en Occitanie. Photo Hélène Ressayres - ToulEmploi.